Fonds Société des éleveurs de chevaux canadiens

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Fonds Société des éleveurs de chevaux canadiens. – 1892-1960. – 3,43 m de documents textuels. – 92 photographies.

Histoire administrative :

Extraits de : Mario Gendron, Une brève histoire du cheval canadien,  Granby, Société d’histoire de la Haute-Yamaska, 2010, 38 p.

Joseph-Alphonse Couture (Fonds Société des éleveurs de bovins canadiens, SHHY)

Le 17 septembre 1895, environ 125 personnes se réunissaient à Montréal pour fonder la Société générale des éleveurs de la province de Québec, dont la Société des éleveurs de chevaux canadiens (SECC) était une des cinq composantes. Le but de cette association était de regrouper les propriétaires d’animaux de races pures, de développer et favoriser l’élevage et de promouvoir les intérêts des éleveurs de la province de Québec. Pour la SECC, il s’agissait aussi de prévenir la disparition du cheval canadien, dont le noyau primitif remontait aux importations faites au début de la Nouvelle-France.

Lors de cette réunion de formation, le vétérinaire J.A. Couture, créateur de ce mouvement d’élevage, était nommé secrétaire général à vie de la Société. La Commission des livres de généalogie remettait aussi à ce dernier la propriété absolue de tous les registres qu’elle détenait depuis 1889.

En 1905, Ottawa organise un système d’enregistrement des animaux de pure race, désigné sous le nom de Canadian Live Stock Records, auquel la SECC n’a pas d’autre choix que d’adhérer. En 1906, considérant que les livres de généalogie des chevaux canadiens contiennent trop de chevaux indésirables, le ministre fédéral de l’agriculture, Sydney Fisher, ordonne la mise sur pied d’une grande tournée d’inspection et d’enregistrement, financée par son ministère, qui conduit à la création d’un nouveau stud book de la race canadienne. Au total, 1 555 chevaux souches, sur près de 10 000 examinés, furent ainsi enregistrés dans les nouveaux livres de généalogie de la race canadienne entre 1907 et 1912. Ottawa accepte aussi de subventionner trois importantes expositions – à Saint-Jean en 1908, à Saint-Hyacinthe en 1909 et à Trois-Rivières en 1910 – afin de mieux faire connaître le cheval canadien.

Assemblée annuelle des membres de la Société des éleveurs de chevaux canadiens, à l’hôtel de ville de Québec, le 23 février 1932. (Fonds Société des éleveurs de chevaux canadiens, SHHY)

L’amélioration du cheval canadien passe en mode accéléré à partir de 1919 avec la création du haras de Saint-Joachim, où entre 60 et 100 sujets canadiens seront gardés en permanence. La ferme de Saint-Joachim, louée au Séminaire de Québec, occupe une superficie de 500 acres, avec maison, granges, étables et autres bâtiments. Le gouvernement fédéral en assume tous les frais de fonctionnement et Québec en paie le loyer, alors que la SECC est maîtresse des orientations de l’élevage. L’expérience de Saint-Joachim prend fin en 1940, quand le gouvernement fédéral refuse de prolonger son engagement au-delà de vingt ans.

Organisés d’après les dispositions d’une loi qui date de 1925, le premier syndicat d’élevage de chevaux canadiens est fondé à Montmagny, en 1932. Ces regroupements d’éleveurs vont s’avérer une planche de salut extraordinaire pour la race chevaline canadienne. À l’apogée de du mouvement, en 1942, le Québec comptera 17 syndicats de chevaux canadiens, dans Kamouraska, Bécancour, L’Islet, Montmagny, Bellechasse, Lévis, Dorchester, L’Assomption,  Montréal, Joliette, Berthier, Nicolet, Yamaska, Richelieu, Saint-Hyacinthe, Bagot et Shefford.

Comme cela avait été le cas pour le  haras de Saint-Joachim au cours des années 1920, c’est à la ferme-école de Deschambault, au cours des années 1950 et 1960, que revient la mission de favoriser la survie de la race chevaline canadienne et d’en redéfinir le type. Selon les années et le nombre des naissances, le cheptel chevalin de Deschambault varie de 20 à 40 têtes. L’objectif avoué de cet élevage de pointe, placé sous la direction d’Andréa St-Pierre de 1940 à 1965, puis de Jean-Marc Bélanger, est d’augmenter la taille et le poids du cheval canadien, d’en faire une bête de trait capable de composer avec les réalités d’une agriculture de plus en plus motorisée et mécanisée.

Depuis le démantèlement de Deschambault, en novembre 1981, l’élevage du cheval canadien comme le membership de la SECC ont repris de la vigueur, le nombre des enregistrements atteignant la centaine par année en moyenne, c’est-à-dire cinq fois plus qu’au cours des années 1950. Quant au nombre des membres, il a fait un bond prodigieux pour s’établir à près de 350 au tournant des années 1990. En 2002, on évalue le cheptel des chevaux canadiens à environ 3 000 têtes, dont un millier hors Québec, où il trouve de plus en plus d’adeptes. Le cheval canadien a été reconnu comme une des  «  races patrimoniales du Québec » par l’Assemblée nationale, en 1999, puis proclamé « cheval national du Canada » par la Chambre des Communes, au printemps 2002.

Source immédiate d’acquisition : Les documents ont été déposés par Jacques Dupont, agissant au nom de la Société des éleveurs de chevaux canadiens, le 16 janvier 1988.

Instrument(s) de recherche : Répertoire numérique du fonds Société des éleveurs de chevaux canadiens, PDF, SHHY, 2007.

Portée et contenu :

Les documents contenus dans le fonds de la Société des éleveurs de chevaux canadiens (SECC) confirment l’importance qu’a jouée l’organisme dans le maintien et la mise en valeur de cette race chevaline. Ils témoignent aussi des efforts qui ont été déployés afin que la race du pays ne sombre pas dans l’oubli et disparaisse. Grâce à l’imposante documentation contenue dans le fonds de la SECC, il est non seulement possible de suivre pas à pas les tentatives de sauvetage et de mise en valeur de la race, mais aussi de connaître l’évolution de l’élevage chevalin dans le contexte de la modernisation et de la mécanisation de l’agriculture.

Le fonds se divise en six séries.  La première regroupe les documents administratifs de la SECC pour la période 1906-1984. On y trouve les procès-verbaux du Bureau de direction et du Comité exécutif et ceux des assemblées générales annuelles (1922-1955), des rapports annuels et des rapports d’opération. Cette série rassemble aussi plus de 1 200 documents  se rapportant aux syndicats et aux cercles d’élevage des chevaux canadiens (1928-1966). Parmi les 25 syndicats d’élevage inscrits, ceux de Bécancour, Bellechasse, Dorchester et Montmagny ont été particulièrement actifs. La deuxième série concerne les finances de la SECC. Les documents administratifs et comptables qui la composent vont de 1921 à 1970. Sous le titre de « Communications et informations, 1908-1972 », la troisième série regroupe 1 535 documents textuels et 7 brochures, répartis en 16 sous séries. On y trouve de la documentation sur les expositions auxquelles ont participé les chevaux canadiens, dont celles de Saint-Hyacinthe, de Saint-Jean et de Trois-Rivières qui, à la fin des années 1900, devaient relancer la race sur de nouvelles bases, sur les relations de la SECC avec les gouvernements provincial et fédéral, les écoles d’agriculture et les agronomes de comté. La série 3 regroupe aussi des demandes d’information et d’achats de chevaux, des communiqués émis par la SECC, des publications qui relatent l’histoire de la Société, d’autres qui s’intéressent à l’histoire du cheval canadien, des articles de journaux et de l’information générale sur diverses races de chevaux. La série 4, qui s’intitule « Gestion des animaux, 1890-1964 », se divise en sept sous séries. Les documents de cette série concernent les premières inscriptions généalogiques, les méthodes d’enregistrement, les grandes tournées d’inspection des années 1908-1912 qui vont conduire à la refonte des livres de généalogie de la race, le fonctionnement du Bureau national d’enregistrement des animaux (BNEA) ainsi que divers sujets, comme le transport des chevaux ou l’insémination artificielle. La série 5 s’intéresse aux stations expérimentales et aux fermes d’élevage qui, entre 1919 et 1941, sont engagés dans la reproduction des chevaux canadiens : Saint-Joachim,  Cap Rouge,  La Gorgendière (Deschambault) Sainte-Anne de la Pocatière et la ferme des Claireaux. Parmi ces dernières, celle de Saint-Joachim fut certainement la plus importante, gardant en permanence de 60 à 100 chevaux canadiens pure race.  La série 6 s’intéresse aux éleveurs et aux propriétaires de chevaux canadiens. On y retrouve des enquêtes, des demandes de recherche, d’inspections, d’enregistrement et d’achat d’animaux.

Bienvenue à la Société d’histoire de la Haute-Yamaska.

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