À une époque où les occasions de se divertir étaient rares, l’exposition agricole du comté de Shefford constituait un événement que tous attendaient avec fébrilité. Cette grand-messe de l’agriculture et de l’élevage, qui se tenait généralement à Waterloo à la fin de l’été, mobilisait des milliers de personnes de tous les horizons sociaux et de tous les âges. On y venait, bien sûr, pour les animaux et les produits agricoles, mais aussi pour les attractions parallèles, les courses, les activités foraines et les diseuses de bonne aventure ou, plus simplement, pour rencontrer des gens et s’amuser, même si plusieurs abusaient de cet espace de liberté pour s’enivrer et se bagarrer.

Exposition agricole du comté de Shefford

L'exposition agricole attire des milliers de visiteurs à Waterloo. Les installations, vers 1890. (Fonds R. Monnier, SHHY)

C’est la Société d’agriculture du comté de Shefford qui, l’année même de sa fondation, en 1834, organise la première exposition agricole sur la terre de Calvin Richardson, à l’extérieur des limites de Waterloo. Ces cattle show, comme les nomment les anglophones, cherchent à faire connaître les progrès de l’agriculture et de l’élevage au plus grand nombre et à favoriser l’émulation chez les cultivateurs. Les exposants de 1834, au nombre de 74, présentent environ 150 têtes de gros bétail, taureaux, vaches à lait, bœufs de travail, veaux, bovins de boucherie, étalons, juments, chevaux hongres, juments de selle et poulains, sans compter les nombreux porcs. À cette occasion, on distribue 328 $ en prix, une somme importante si l’on considère qu’une vache se vend 10 $ ou 15 $ à cette époque.  À la différence de la situation qui prévaut après 1880, les animaux ne sont pas regroupés et jugés selon leur race mais uniquement d’après leurs qualités individuelles. Ainsi, on récompense la jument qui présente la meilleure conformation, le bœuf le plus lourd ou le cochon le plus gras. Parce qu’ils possèdent généralement de beaux animaux, ce sont surtout les gros cultivateurs qui participent à l’événement. À la suite de la reconnaissance officielle par Québec des sociétés d’agriculture, en 1847, plusieurs de ces gros cultivateurs profiteront largement des subventions gouvernementales annuelles attribuées aux expositions de comtés.

Programme de l'exposition agricole du comté de Shefford

Programme de l'exposition agricole du comté de Shefford, 1934. (Fonds C.D. Porter, SHHY)

Moins présentes avant 1850, les activités plus festives de l’exposition, comme les courses de chevaux et les divertissements forains, voient leur popularité grandir à mesure que le siècle avance et que la société s’urbanise. Les Gitans, qui courent ce genre d’événements, connaissent toujours beaucoup de succès, amassant quelques dollars en prédisant la bonne aventure. Quant à la multiplication des concours d’artisanat, d’horticulture et de produits alimentaires, elle incite un nombre croissant de femmes à participer à l’exposition, soit comme spectatrices, soit comme concurrentes. La popularité de tous ces événements attire des milliers de visiteurs à Waterloo, jusqu’à faire doubler et même tripler sa population pendant quelques jours. Ce sont les salles de billard et les hôtels du village qui sont les principaux bénéficiaires de l’affluence. La consommation d’alcool aidant, les bagarres sont toutefois monnaie courante, ce qui oblige la Société d’agriculture de Shefford à engager des constables spéciaux afin de maintenir l’ordre. Ainsi, en septembre 1877, le Waterloo Advertiser rapporte, comme s’il s’agissait d’un fait coutumier: « Il y a eu le nombre habituel de querelles d’ivrognes à l’exposition agricole et un grand nombre d’arrestations ont été effectuées ».

Après 1880, l’exposition agricole de Shefford s’inscrit sous le signe de l’industrie laitière, dont la croissance est stimulée par la demande anglaise pour le fromage cheddar et par l’extension du marché domestique du beurre. Cette évolution explique que ce sont les races bovines laitières —ayrshire, canadienne ou jersey — qui retiennent  désormais l’attention des concurrents et des spectateurs, éclipsant les races de boucherie et les races à deux fins (lait et viande). « Il y a de cela quelques décennies », affirme à regret un observateur en septembre 1893, « nous pouvions admirer de magnifiques bovins de grandes races, gras comme du beurre et d’une taille énorme, mais en ces jours d’industrie laitière, les cultivateurs n’en ont plus que pour les petites races laitières. » Les concours de chevaux de ferme et de route, ces indispensables alliés du cultivateur, du voyageur, du commerçant, de l’industriel et du professionnel, attirent toujours des foules importantes; les moutons, au contraire, sont en perte de vitesse, leur destin compromis par l’importation massive des lainages anglais à bon marché.

En 1937, remise de la coupe Bona Dusseault (ministre de l'Agriculture), en présence du président de la Société d'agriculture, W.H. Miner, de J.C. Magnan, Liboire Paré et Hector Choquette, député de Shefford. (Fonds Bernard Brodeur, SHHY)

Malgré que Shefford soit un comté où la proportion des francophones dépasse les trois-quarts à la fin du XIXe siècle, ce sont surtout des cultivateurs et des marchands anglophones qui concourent et gagnent à l’exposition agricole. Certains de ces compétiteurs portent des noms qui remontent aux familles pionnières du canton de Shefford (C.W. Curtis, Henry Ashton, James T. Booth, Jos. H. Savage), de Roxton-Sud (John Blampin, James Galbraith, J.R. Sanborn et Bradley Smith), de Granby (T. Roberts, W. Kay, Edward Seal et J.S. Irwin) et de Saint-Joachim (M.S. Standish et J. Kennedy). De surcroît, ce sont de gros marchands d’animaux, comme S.N. Blackwood et John Davis, de Shefford, qui remportent les concours de vaches et de taureaux canadiens enregistrés, des animaux que les Canadiens français élèvent pour leurs aptitudes laitières depuis des générations et qu’ils ont amenés avec eux en région.

Alors que le XXe siècle bat son plein, l’exposition agricole de Shefford reste ancrée dans ses traditions et marque le pas. Concurrencée par le cinéma et le baseball, qui lui arrachent une partie de sa clientèle, elle perd progressivement sa suprématie comme manifestation régionale de grande envergure. On peut aussi penser qu’une forme de lassitude s’est installée chez les gens, puisque ce sont presque toujours les mêmes cultivateurs qui participent et qui remportent les prix. Même l’entrée en scène de nouvelles races de porc et de la race holstein, appelée bientôt à dominer les cheptels laitiers, n’arrive pas à soulever l’enthousiasme populaire.

Exposition-agricole-de-Shefford, Waterloo

Exposition agricole du comté de Shefford de 1957

La Société d’agriculture du comté de Shefford sort affaiblie de la Deuxième Guerre mondiale, maintenant confrontée à une désaffection des cultivateurs qui menace la survie même de son exposition annuelle. En 1957, les directeurs de la Société tentent de renverser la tendance en organisant une exposition extraordinaire les 9, 10 et 11 août. Pat Anthony, « le plus grand dompteur de bêtes sauvages de l’univers », sera sur place avec ses lions, on présentera un spectacle équestre mettant en scène les meilleurs chevaux sauteurs de Montréal et les artistes jongleurs de renom Ray & Yo donneront plusieurs représentations.  On procédera même au tirage d’une automobile de marque Studebaker, d’une valeur de 2 225 $. Comme c’est le cas depuis des décennies, c’est le Waterloo Band qui aura la responsabilité d’assurer l’animation musicale sur le terrain de l’exposition. Des publicités seront placées dans le Montreal Star et La Voix de l’Est afin de garantir la présence du public.

Le bilan de l’exposition de 1957 effectué et le déficit d’opération constaté, les directeurs de la Société d’agriculture doivent se résoudre à l’inévitable : vendre le terrain et les installations de l’exposition à la Ville de Waterloo contre le paiement des dettes de l’organisme. Après une année de relâche, la dernière exposition agricole du comté de Shefford se tient en 1959. Ayant perdu sa principale raison d’être, la Société d’agriculture de Shefford est dissoute le 28 mai 1971 par le ministre de l’Agriculture et de la Colonisation.

Comment expliquer la disparition de l’exposition agricole du comté de Shefford, alors que celles de Brome et de Bedford (Missisquoi) ont perduré jusqu’à aujourd’hui? Les raisons principales tiennent sans doute à la diminution du nombre des cultivateurs anglophones de Shefford, et ce, à un rythme beaucoup plus rapide que dans les comtés voisins, et au désintérêt des cultivateurs francophones, dont les plus importants préfèrent désormais participer à l’exposition de Saint-Hyacinthe.

© Mario Gendron

Société d’histoire de la Haute-Yamaska

 

 

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Les frères maristes et l’éducation des garçons

La communauté des frères maristes est fondée en France en 1817 « dans le but d’enseigner, d’éduquer et de donner une instruction élémentaire dans les petites écoles ». Première communauté enseignante masculine à s’installer en région, au tournant des années 1890, les Maristes prodiguent un enseignement voué aussi bien à la formation des futures élites canadiennes-françaises du commerce et de l’industrie qu’à l’éducation élémentaire des plus humbles travailleurs, comme le montre l’établissement d’une école du soir à l’intention des Granbyens analphabètes.

classe de garçon de l’école Saint-Bernardin de Waterloo

© Une des classes de l’école Saint-Bernardin. ( Archives Société d'histoire de la Haute-Yamaska)

Les Maristes s’installent au Québec en 1885 à la requête de Mgr Zéphirin Moreau, évêque de Saint-Hyacinthe. Quatre ans plus tard, J.-C. Bernard, curé de Saint-Bernardin et président du syndic d’école de Waterloo, s’adresse au provincial des frères maristes pour lui demander trois religieux pour prendre en charge l’école primaire des garçons, dirigée depuis 1885 par les Sœurs des Très-Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie.

La deuxième école de garçons de Waterloo, construite en 1924. (© Fonds Ronald Parisien, SHHY)

© La deuxième école de garçons de Waterloo, construite en 1924. (Fonds Ronald Parisien, SHHY)

Le mois suivant la réouverture de l’école sous la direction des frères, en septembre 1889, l’inspecteur Ruel ne tarit pas d’éloges sur l’enseignement qu’ils y professent. En 1894, l’école compte 108 élèves, dont 28 en première année, 36 en deuxième et 44 en troisième.

À Granby, c’est en 1890 que les frères s’installent dans le tout nouveau collège bâti par les Syndics, sur la rue Saint-Joseph. La mission éducative qu’ils y poursuivent est plus étendue qu’à Waterloo, puisqu’on leur remet aussi la responsabilité de l’éducation supérieure des garçons catholiques. L’entente qui lie les deux parties stipule qu’en retour de la propriété du collège, les frères maristes s’engagent à donner un cours commercial et industriel complet, « français et anglais sur le même pied », et à établir un pensionnat à leurs risques. Ils devront aussi enseigner à l’élémentaire dans un local du collège, ce pour quoi ils recevront 400 $ par année de la commission scolaire.

Le collège Saint-Joseph fut dirigé par les frères Maristes de 1890 à 1911.

© Le collège Saint-Joseph fut dirigé par les frères maristes de 1890 à 1911. Il était situé rue Saint-Joseph, à l’emplacement du Cégep de Granby-Haute-Yamaska. (Fonds Germain Fortin, SHHY)

Le collège Saint-Joseph ouvre ses portes en septembre 1890 avec 245 élèves, répartis en cinq classes. En 1906, 16 frères enseignent à 400 élèves, dont seulement 47 sont pensionnaires. Le programme d’étude proposé par les Maristes est moderne et varié : commerce, télégraphie, dessin ornemental et géométrique, physique et chimie, arpentage sur le champ, formation littéraire et artistique, musique théorique et pratique, entre autres matières.

L’implication des Maristes dans la société granbyenne est remarquable. Ils participent, par exemple, à la vie culturelle en aidant les jeunes du Club franco-canadien à produire des spectacles. Dans le but d’améliorer la formation des ouvriers, ils fondent aussi une École d’arts et métiers au début des années 1890. Mais leur plus grande réalisation demeure incontestablement la mise sur pied d’une École du soir, en novembre 1906, pour lutter contre l’analphabétisme. Dès l’ouverture des cours, une centaine d’étudiants s’y inscrivent; à la surprise générale, peu d’entre eux auront abandonné leurs études après les cinq mois réglementaires. La commission scolaire catholique, enthousiasmée par tant de succès, fournira dès l’année suivante aux frères maristes le local, le chauffage et l’éclairage. Avec 111 inscriptions à l’automne 1907, l’École du soir est devenue « le grand sujet de conversation dans notre classe ouvrière », indique le Journal de Waterloo. En avril 1908, lors de la distribution des prix marquant la fin des cours, plusieurs élèves, analphabètes au départ, ont pu lire, sous les applaudissements de la foule, des textes en français et en anglais.

« Souvenir de la 1er année de la fanfare du collège St-Joseph dirigée par les frères Maristes à Granby »

© « Souvenir de la 1re année de la fanfare du collège St-Joseph dirigée par les frères Maristes à Granby » (Fonds Harmonie de Granby, SHHY)

L’expérience d’enseignement des frères maristes à Granby allait se terminer tragiquement. Dans la nuit du 4 au 5 janvier 1911, au cours de la période des vacances d’hiver, un incendie rase le collège et emporte dans la mort le frère Marie-Léoncien. Le collège Saint-Joseph en ruines, 530 élèves se retrouvent sans maison d’éducation. Pour ajouter à l’infortune, des désaccords surgissent entre la commission scolaire et les Maristes à propos du pensionnat et des conditions de la réouverture. D’un commun accord, mais avec un peu d’amertume de la part des frères, on préfère résilier l’entente de 1890. Les commissaires, qui doivent réagir rapidement, se tournent alors vers les Frères du Sacré-Cœur, qui acceptent les conditions refusées par les Maristes et reprennent en main l’éducation des garçons catholiques en septembre 1912.

© Les ruines du collège Saint-Joseph. (Archives Société d'histoire de la Haute-Yamaska)

En 1953, sous la pression d’anciens élèves, les frères maristes reviennent à Granby pour prendre en charge les écoles primaires Saint-Benoît et Notre-Dame de Fatima et l’externat Mgr Prince. Relevant directement du séminaire de Saint-Hyacinthe, l’externat permettait aux garçons de Granby de suivre les quatre premières classes du cours classique, éléments latins, syntaxe, méthode et versification. Pour les frères, il s’agissait en quelque sorte d’un retour aux sources.

Le collège Mgr Prince rue Dufferin à Granby. (© Fonds Valère Audy, SHHY)

© Le collège Mgr Prince rue Dufferin à Granby, vers 1956. (Fonds Valère Audy, SHHY)

Mario Gendron

 

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Au temps du chemin de fer

À une époque où l’automobile ne régnait pas encore en maître, le chemin de fer était au cœur de la vie économique, sociale et culturelle de la région. Ainsi, depuis l’établissement du réseau ferroviaire, en 1859, jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, le train et le tramway seront les modes de transport les plus utilisés pour le déplacement des gens et des marchandises. Dans la Haute-Yamaska, quelques compagnies ferroviaires vont se disputer le privilège d’accomplir cette fonction essentielle: Stanstead, Shefford & Chambly Railroad(1859), South Eastern Railway(1879), Canadien Pacifique(1888), Montreal & Southern Counties Railway(1916). Cette exposition photographique virtuelle se veut un bref retour en images et en quelques mots Au temps du chemin de fer. MG


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Nouvelles brèves

Résidence Ernest Boivin 1924
© 65, rue Dufferin. Ernest Boivin, maire, construit cette résidence en 1924. (Photo Chantal Lefebvre, SHHY)

♦ L’inventaire patrimonial de Granby va bon train : des deux cents propriétés retenues,  75 % ont déjà fait l’objet d’une recherche historique. Pour sa part, Chantal Lefebvre, notre consultante en patrimoine, poursuit la photographie des propriétés choisies, qu’il s’agisse d’édifices publics, de commerces, d’industries ou de maisons, propriétés qu’elle évalue et hiérarchise grâce à une grille d’analyse des plus strictes. Le travail devrait être terminé au printemps.

© 105, rue Elgin. La maison de Marcel Leclerc construite en 1957 à partir des plans de l'architecte Paul-O. Trépanier. (Fonds Paul-O. Trépanier, SHHY)

♦ France Vanlaethem, professeure à l’UQAM, travaille actuellement à la publication d’un livre sur le patrimoine moderne du Québec. Dernièrement, elle a pris contact avec la SHHY afin d’obtenir de l’information et des photos sur certaines des œuvres bâties de l’architecte bien connu Paul-O. Trépanier afin de les inclure dans son ouvrage.

dôme géodésique du Zoo de Granby

Le dôme géodésique du Zoo de Granby réalisé en 1963 par Paul-O. Trépanier. (Fonds Paul-O. Trépanier, SHHY)

Elle désirait également savoir si quelques-unes des réalisations architecturales de M. Trépanier avaient été reconnues d’intérêt patrimonial par la Ville de Granby.

On se souviendra que, voilà quelques années, ce dernier avait remis à notre service d’archives tous ses plans d’architecte ainsi que plusieurs dessins et photos de ses réalisations. Il s’agit d’un fonds d’archives d’une grande importance pour l’histoire de notre région et du Québec.

église Notre-Dame de Granby

© L'église Notre-Dame de Granby. (Photo Chantal Lefebvre, SHHY)

♦ Il est plutôt rare de pouvoir consulter des documents qui remontent au début de la colonisation canadienne-française de notre territoire. C’est pourtant ce que nous offrent les archives de la paroisse Notre-Dame de Granby, acquises dernièrement.Totalisant environ un mètre linéaire de documents, on y trouve, entre autres, des procès-verbaux, des registres d’associations paroissiales, des agendas de curé, des plans (église, presbytère), des photos. Les plus anciens documents remontent à 1842, l’année où les catholiques se dotaient d’une mission sous le vocable de Très-Saint-et-Immaculée-Cœur-de-Marie de Granby, dont le territoire englobait les cantons de Granby (Granby, Saint-Alphonse), de Shefford (Waterloo, Warden, Saint-Joachim et Bromont) et une partie de Roxton (Roxton Pond). Ces archives constituent une source d’information unique sur les premières familles canadiennes-françaises établies en région.

© L'usine Stanley. (Photo Chantal Lefebvre, SHHY)

♦ Comme vous le savez sans doute, le propriétaire de l’édifice Stanley de Roxton Pond se propose de démolir l’usine de pierre construite en 1907 s’il n’arrive pas à lui trouver une vocation. Si la SHHY comprend les raisons qui ont conduit le propriétaire à prendre cette décision, elle déplore qu’on en soit venu à considérer cette possibilité. Car la Stanley est un joyau de notre patrimoine régional, au même titre que la résidence Foster/couvent Maplewood de Waterloo. Mais tout n’est pas perdu puisque Jacques Renaud, un citoyen de Roxton Pond, a pris l’initiative de mettre sur pied un comité pour assurer la pérennité de l’édifice patrimonial. Trouver une ou diverses utilités à l’ancienne usine, la faire connaître du grand public et dénicher les ressources financières pour en assurer la mise en valeur sont les principaux objectifs poursuivis par ce comité. Déjà, plusieurs personnes ont manifesté de l’intérêt pour ce sauvetage. À tous ceux qui voudraient faire parvenir un mot d’encouragement au Comité d’aide à la sauvegarde de la Stanley ou qui, encore, aimeraient s’y joindre, vous pouvez adresser votre courriel à l’adresse suivante : cacsroxton@hotmail.ca.

♦ Je suis présentement à la recherche d’une personne qui connaît la plate-forme de notre site Web, WordPress, afin d’y installer une base de données de photos dotée d’un module de recherche qui ressemblerait à ceux-ci :

http://www.etrc.ca/fr/service-darchives/sources-en-ligne/photos.html

http://mauricie.cieq.ca/icono_rechercher.php

Pour me contacter : johanne.rochon@shhy.info

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Quelques pages de notre histoire industrielle

Cette exposition photographique a comme objectif de souligner à grands traits les principaux éléments de l’histoire industrielle de la MRC de la Haute-Yamaska.  Pour ce faire, les photographies ont été regroupées en cinq thèmes: Granby et la grande industrie, Waterloo et la diversité industrielle, la fabrication d’outils à Roxton Pond, industrie et travailleurs et la Haute-Yamaska et l’industrie laitière. Pour chacun de ces thèmes, des textes d’accompagnement ajoutent à la connaissance d’un des secteurs les plus fondamentaux de notre histoire régionale.

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Asa Belknap Foster, Waterloo et le couvent Maplewood

En 1864, la grande résidence qu'Asa Belknap Foster fait construire sur les hauteurs du village exprime bien l’importance du personnage dans la vie waterloise. (Photo: Chantal Lefebvre, SHHY)

L’âge d’or de Waterloo, dont le patrimoine abondant et varié fait encore entendre les échos, s’enclenche avec l’arrivée du Stanstead, Shefford & Chambly Railroad, en 1861, et le boum industriel, commercial et résidentiel que cette révolution des transports entraîne. En conséquence de ce développement accéléré, la population du village passe de 400 à 2 500 personnes entre l’arrivée du chemin de fer et 1875.

Asa Belknap Foster

À la fin des années 1870, on y trouve plusieurs églises de confessionnalités différentes, une cour de justice, un marché public, une succursale de l’Eastern Townships Bank, les bureaux de la British American Land, une importante loge maçonnique, sans compter les commerces, les grands hôtels et, surtout, les industries, animatrices de cette croissance. Comme principal centre économique et administratif de toute la région, Waterloo mobilise une classe bourgeoise, principalement d’origine anglo-britannique, constituée d’industriels, de commerçants, d’avocats et de médecins qui n’hésitent pas à construire des résidences à la mesure de leur importance sociale. Parmi ces notables, le constructeur de chemin de fer Asa Belknap Foster est, sans contredit, celui qui a le plus contribué au développement de Waterloo. En 1864, la grande résidence qu’il fait construire sur les hauteurs du village exprime bien l’importance du personnage dans la vie waterloise.

Le village de Waterloo en 1864. (Map of the Counties of Shefford, Iberville, Brome, Missisquoi and Rouville, Canada East, H.F. Walling, 1864)

Avant l’arrivée du chemin de fer, la population de Waterloo était concentrée dans le nord du village, à plus de un kilomètre des nouvelles installations ferroviaires. Pour relier ces deux pôles, séparés par un vaste espace inoccupé appartenant à Foster, ce dernier aménage d’abord ce qui deviendra la rue Foster et lotit les terrains qui lui appartiennent. Près des installations ferroviaires, il construit un hôtel, le Foster House, plusieurs résidences en brique à l’ouest du Foster Square et un gros moulin à scie entre la voie ferrée et le lac de Waterloo, moulin qu’il cède gratuitement à la famille Shaw, à la condition qu’elle construise une tannerie. Afin d’attirer la population dans le sud du village, il offre gratuitement des terrains aux communautés religieuses qui désirent s’établir. Catholiques, méthodistes, anglicans et universalistes profiteront de son offre.

La résidence d’Asa Belknap Foster devient couvent en 1882. Photographie prise en 1928. (Fonds Ronald Parisien, SHHY)

Au milieu des années 1860, au moment où sa popularité atteint des sommets, Asa Belknap Foster emménage dans la plus grande et luxueuse résidence jamais construite à Waterloo. À son décès, survenu en 1877, la propriété revient à la veuve de Foster, qui la vend, en 1882, aux Sœurs des Très-Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie. Ces dernières y ouvrent le couvent Maplewood, sous la direction de sœur Marie-de-l’Immaculée-Conception. La même congrégation prendra aussi la gouverne de l’école paroissiale du Sacré-Cœur. En 1982, après un siècle de travail assidu, les Sœurs quittent Waterloo et vendent leur couvent, laissant la résidence à l’insouciance de plusieurs propriétaires successifs.

Mario Gendron

Le réfectoire du couvent (1928). (Fonds Ronald Parisien, SHHY)

Description architecturale

Chantal Lefebvre

Située sur une colline surplombant l’ensemble du village de Waterloo, dont le Square Foster et les nouvelles installations ferroviaires, avec vue imprenable sur la rivière Yamaska et le lac Waterloo, l’imposante résidence d’Asa Belknap Foster prend forme de 1864 à 1865 sous la direction du maître-constructeur et menuisier P. Lambkins, selon les plans réalisés par l’architecte montréalais Hopkins. Cette demeure, qui deviendra rapidement le point de référence incontesté pour les constructions résidentielles aussi bien que commerciales à venir sur l’ensemble du territoire waterlois, s’inspire des résidences cossues de style néo-italien, principalement destinées à une clientèle fortunée.

(Collection Société d'histoire de la Haute-Yamaska)

Cette appartenance stylistique se manifeste notamment dans le volume en brique de forme rectangulaire s’élevant sur deux étages et demi, la toiture en pavillon tronqué recouverte de « tôle à baguettes », la répartition symétrique des ouvertures disposées seules ou en paires, ainsi que par la présence de deux baies en saillie à trois pans, placées l’une au-dessus de l’autre sur le côté gauche de la résidence. Une tourelle disposée en saillie au centre de la façade, coiffée d’une toiture en pavillon couronnée d’une terrasse faîtière et d’une crête métallique, ainsi qu’une vaste galerie couverte, supportée par une série de fins piliers ornés de boiseries et d’une balustrade ouvragée courant sur les deux étages de l’ensemble du bâtiment, complètent la composition architecturale.

Article de La Voix de L’Est


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Mourir en 1870

On ne mourait pas en 1870 comme on meurt aujourd’hui. Car si de nos jours ce sont le cancer, les maladies du cœur ou le diabète qui sont les principales causes de mortalité, voilà 140 ans, ce sont plutôt la scarlatine, la consomption (tuberculose pulmonaire) ou la rougeole qui emportent les gens, et ce, bien plus tôt dans la vie. Ainsi, en 1870, environ 200 enfants sur 1 000 qui naissent dans la Haute-Yamaska décèdent avant d’avoir atteint l’âge d’un an. Les cimetières régionaux témoignent éloquemment de cette hécatombe des tout-petits qui se prolonge jusque dans les années 1920. À titre de comparaison, le taux de mortalité infantile était de 4,2  pour 1 000 au Québec en 2008, soit respectivement 50 et 40 fois moindre qu’en région en 1870 et en 1920.

© Soins apportés à un membre de la famille Savage, vers 1900. (Fonds Ellis Savage, SHHY)

En 1870, la mortalité s’alimente, entre autres causes, des conditions d’hygiène déficientes qui favorisent la prolifération des maladies infectieuses. Promiscuité avec les animaux, lait non pasteurisé, absence d’égouts et d’installations sanitaires adéquates constituent autant de vecteurs  pour les microbes et les bactéries. Les médecins, privés de vaccins et d’une pharmacopée efficace, sont dans la plupart des cas impuissants à soulager et à guérir les malades. Quant aux bureaux d’hygiène des différentes municipalités, ils limitent leur action à placarder les maisons où habitent des personnes atteintes de maladies contagieuses, sans égard aux stigmates sociaux qu’implique une telle pratique.

Selon les données du recensement de 1871, le territoire de la Haute-Yamaska rassemble un peu plus de 12 000 personnes, dont les trois quarts environ habitent la campagne et vivent de l’agriculture. Les principales agglomérations sont Waterloo et Granby, avec respectivement 1 240 et 876 habitants; les hameaux de Roxton Pond, de Warden et de Sainte-Cécile rassemblent aussi quelques centaines de résidants.

Publicité de F. Gatien, médecin, pharmacien et chimiste, parue dans le "Messager canadien", le 14 janvier 1876.

Le tableau du dénombrement des morts, inclus dans le recensement de 1871, montre que sur 194 décès enregistrés l’année précédente dans la Haute-Yamaska, deux seulement sont dus à une maladie du cœur et au cancer, alors que plus d’une centaine ont été causés par la scarlatine, les maladies pulmonaires diverses, la typhoïde ou la rougeole. Autre constat : la mort s’acharne sur les plus jeunes, avec 115 décès qui surviennent chez les moins de cinq ans. Même quand on exclut du calcul les 66 enfants d’un an et moins, l’âge moyen de la mort s’établit à environ vingt-cinq ans dans la Haute-Yamaska en 1870. Le petit nombre (28) des décès qui survient après cinquante ans reflète cette réalité.

Au cours de l’hiver 1870, particulièrement lors des mois de janvier et de février, la scarlatine fait des ravages en région, emportant 47 malades, dont deux seulement sont âgés de plus de dix ans. La maladie concentre ses effets au village de Granby et dans les environs immédiats, où on enregistre neuf décès sur dix. Certaines familles sont particulièrement affectées par la bactérie mortelle. Ainsi, dans le village de Granby, la famille Amyrault perd deux enfants, Joséphine et Wilfrid, âgés respectivement de sept et quatre ans, les Boissonneau voient mourir leurs deux fils de deux ans et demi et neuf mois et les Vaudry pleurent trois des leurs, Mélina (cinq ans), Henri (deux ans) et Jean-Baptiste (onze mois).  Dans le canton de Shefford, la scarlatine s’acharne sur les familles Blanchard et Savage, la première perdant deux garçons de six et quatre ans, la seconde un garçon de sept ans et deux filles de cinq et trois ans.

Les maladies pulmonaires constituent la seconde cause de décès en 1870, avec 32 morts. On meurt de consomption, de fièvre, d’inflammation, de congestion pulmonaire, mais aussi de bronchite et de pleurésie. Contrairement à la scarlatine et à la rougeole, ces pathologies emportent surtout les adultes.  Typhoïde, fièvres diverses, dysenterie et quelques accidents complètent le triste bilan mortuaire de l’année 1870.

Dans la préface de son roman Trente arpents, paru en 1938, Ringuet (Philippe Panneton) se moquait gentiment de ceux qui avaient la nostalgie du « bon vieux temps », en indiquant que si ces derniers avaient l’opportunité de retourner dans le passé, mais en acceptant d’en vivre les contraintes et les risques, ils n’auraient plus qu’un souhait : retourner dans le confort et la sécurité du XXe siècle. Le nombre, les causes et l’âge des décès dans la Haute-Yamaska en 1870 plaident en faveur de l’opinion du romancier.

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Crise économique et délinquance à Waterloo

La crise économique qui sévit au cours des années 1874-1878 est l’une des plus sévères que la région ait connue. Au moment de son déclenchement, Waterloo porte fièrement le titre de capitale régionale, forte de ses 2 500 habitants, des nombreuses institutions qui relèvent de son rôle de chef-lieu du comté de Shefford et d’une structure industrielle diversifiée, avec la fonderie Allen & Taylor, la tannerie Shaw et la Waterloo Boots & Shoes comme principaux employeurs. Waterloo est alors l’agglomération la plus dynamique et grouillante des Cantons-de-l’Est après Sherbrooke. Il n’est donc pas étonnant que ce soit dans la capitale régionale que les problèmes sociaux qui accompagnent le marasme économique se manifestent avec le plus d’acuité.

© L'édifice Kelpin et l'hôtel Canada construits respectivement en 1876 et 1874. Carte postale publiée par C.H. Welch, Waterloo. Coll. SHHY

À Waterloo, la crise économique de 1874 affecte particulièrement le secteur de l’emploi. Témoin privilégié de cette période difficile, le Waterloo Advertiser indique qu’au printemps de 1876 on trouve « 17 scieurs de bois par corde » qui offrent leur service. L’automne et l’hiver de la même année, la population flottante, qui semble avoir fait de Waterloo son refuge, n’a jamais été aussi nombreuse. Le plus gros contingent des démunis demeure les employés du chemin de fer qui, dès l’arrivée du temps froid, débarquent à Waterloo en attente de la reprise des travaux. Incapables de se procurer un logement convenable, certains nécessiteux ont même fait du pont de la rue Lewis leur dernier refuge. La municipalité, à qui il incombe de soutenir les indigents, doit constamment réajuster à la hausse la contribution financière au Comité des pauvres. Certains marchands du village, comme W. Gilmour, Robinson & Co. et C. Déragon, collaborent avec les autorités en fournissant, contre remboursement, nourriture, vêtements et denrées diverses aux plus démunis.

© L'hôtel de ville de Waterloo construit, en 1871. Fonds R. Monnier, SHHY.

Errance et pauvreté constituent un terreau fertile pour la délinquance. Ainsi, principalement la nuit, le village devient le théâtre de bagarres et de méfaits d’hommes qui n’ont plus rien à perdre. C’est à l’aube qu’on constate les dégâts : trottoirs de bois détruits, clôtures arrachées, roues enlevées des voitures, chevaux détachés des écuries, entre autres délits.  Les femmes se font insulter et ne peuvent plus sortir le soir sans escorte; on vole et on agresse les vieillards; les bagarres sanglantes sont monnaie courante et, lorsqu’ils ne s’en prennent pas aux individus, les malfaiteurs s’attaquent à la propriété privée. Inquiets, les marchands exercent une surveillance nocturne de leur commerce et certains n’hésitent pas à décharger leur arme en direction des voleurs. C. S. Hall, du Foster House, prend même le soin d’avertir les contrevenants que l’un deux pourrait être sérieusement blessé.

 

© Le magasin Robinson, coin Foster et Allen. Coll. SHHY.

On poursuit les délinquants et on augmente les peines d’emprisonnement, mais rien n’y fait. Pendant l’été de 1875, le désordre atteint un paroxysme avec l’arrivée à Waterloo d’une douzaine d’indésirables qui sèment la terreur durant environ une semaine. La nuit, ces derniers dorment sous le hangar du magasin Robinson, Stevens & Willard.  Le jour, ils pratiquent la mendicité d’une manière fort particulière, se rendant en bande à la porte des demeures et faisant comprendre aux occupants qu’il est dans leur intérêt de contribuer à leur « œuvre charitable ». Le constable de Waterloo étant incapable de stopper ces exactions, on doit se résoudre à faire intervenir un groupe armé de citoyens pour chasser les intrus à l’extérieur des limites du village.

À peine la crise économique terminée et la paix sociale revenue, le village de Waterloo doit affronter un défi de plus grande envergure encore : maintenir son statut de capitale régionale contre les assauts de Granby, dont l’expansion industrielle devient de plus en plus menaçante. Cette fois, il faudra plus qu’un groupe armé de citoyens pour espérer gagner la bataille.

Mario Gendron

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Granby fête la Saint-Jean

L’idée de célébrer la Saint-Jean-Baptiste revient à Ludger Duvernay qui, au cours d’un banquet, donné à Montréal le 24 juin 1834, a émis le souhait que l’on fasse de cette journée la fête des Canadiens français. Neuf ans plus tard, le 8 juin 1843, Duvernay met sur pied l’Association Saint-Jean-Baptiste qui réunit tous les organismes du même nom et organise un premier grand défilé dans la métropole. Ce ne sera toutefois qu’en 1925 que la Saint-Jean-Baptiste sera décrétée jour férié et c’est au gouvernement de René Lévesque que l’on doit d’avoir proclamé, en 1977,  le 24 juin Fête nationale de tous les Québécois.

À Granby, les célébrations de la Saint-Jean débutent en 1885, l’année suivant la fondation de la Société Saint-Jean-Baptiste locale. Cette année-là, on souligne modestement l’événement par une messe à l’église Notre-Dame et un feu d’artifice en soirée.  Par la suite, les sociétés de Granby et Waterloo prennent, à tour de rôle, la responsabilité d’organiser les festivités. D’année en année, rien ne manque pour faire vibrer la fibre nationaliste et divertir la population du comté de Shefford.

© La Société Saint-Jean-Baptiste de Granby, en 1909. Coll. SHHY. Photo : Samuel Benoit

Les festivités du 24 juin 1889 ont particulièrement attiré l’attention des médias locaux et régionaux. Le Journal de Waterloo, par exemple, a évalué la foule, regroupée à Granby, à quelque 4000 personnes, venues d’aussi loin que Farnham et Saint-Jean sur Richelieu. Outre les dignitaires habituels, qui prenaient place à bord de voitures, et les membres des organismes paroissiaux, marchant à la suite des musiciens de l’harmonie, les spectateurs pouvaient reconnaître des gens de métiers montés sur les charrettes thématiques dédiées à leur profession : les selliers, les ferblantiers, les cordonniers et les forgerons, entre autres.

Parti de la rue Saint-Charles, le défilé s’est rendu au bocage Wood (parc Victoria), en remontant la rue Principale, où politiciens et membres du clergé ont rivalisé de ferveur nationaliste dans leur discours. La partie protocolaire terminée, la foule rassemblée sur les lieux a eu droit à des compétitions sportives et s’est vu offrir des repas à vingt-cinq sous le couvert. En soirée, les citoyens ont assisté à des performances musicales et furent conviés à l’hippodrome, situé sur le site actuel d’Agropur, pour la présentation du feu d’artifice.

Le char allégorique des Chevaliers de Carillon commémorant  l’arrivée de Jacques Cartier tel que présenté lors du défilé de 1934.  Fonds Pauline Lasnier, SHHY.

© Le char allégorique des Chevaliers de Carillon commémorant l’arrivée de Jacques Cartier tel que présenté lors du défilé de 1934. Fonds Pauline Lasnier, SHHY.

Toutefois, ce sont les fêtes des 24 et 25 juin 1934 qui marquèrent une étape importante dans la vie de la Société Saint-Jean-Baptiste de Granby, deux jours au cours desquels la population a été invitée à  célébrer les cinquante ans de l’association, fondée le 18 mai 1884.

Le coup d’envoi fut donné par le président, Albéa Messier, en présence de la foule et des dignitaires, qui a dévoilé le monument commémoratif du parc Miner. Sur le socle est gravée la phrase suivante « À la gloire de Dieu et de ceux qui ont soutenu durant un demi-siècle, dans notre région, notre foi, notre langue et nos droits…». Cette phrase veut rappeler aux générations futures les luttes qu’ont dû mener leurs prédécesseurs afin de protéger les droits des Canadiens français.

Après un bref séjour au parc Daniel Johnson, l’œuvre de Georges E. Tremblay, surmontée d’un castor et d’une feuille d’érable, est de retour au cœur de cette partie de Granby qu’on avait surnommée le village français.

Richard Racine

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Enfants d’hier

Une exposition dans la vitrine de nos locaux et sur notre site

Photos d’ enfants de Granby, Waterloo, Roxton Pond et West Shefford. Les enfants à l’école, en vacances, chez le photographe… entre 1900 et 1960.

© À la mode du début XXe. Fonds Ellis Savage, SHHY

Société

© Une séance chez le photographe. Fonds Pauline Lasnier, SHHY

Un dimanche, à la ferme

© Un dimanche à la ferme. Fonds Germain Fortin, SHHY

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