Les sœurs Miner à la guerre

par Mario Gendron dans Femme, Militaire | 6 commentaires
Elizabeth (Betty) Miner, troisième à partir de la gauche, lors de son séjour en Écosse avec FANY. (Collection Maria Lubecki)

Elizabeth (Betty) Miner, troisième à partir de la gauche, lors de son séjour en Écosse avec FANY. (Collection Maria Lubecki)

C’est dès le début de la guerre que les sœurs Nora et Elizabeth Miner manifestent leur intention de servir la cause des Alliés. Enrôlées dans le Service de transport de la Croix-Rouge à Montréal en 1940, elles reçoivent un rigoureux entraînement de conduite et d’entretien mécanique des véhicules lourds. En octobre 1941, leur savoir-faire est réclamé outre-mer par FANY (First Aid Nursing Yeomanry), le plus ancien corps féminin britannique, spécialisé à l’origine en soins infirmiers, mais qui s’occupe alors de transport et de télégraphie. En compagnie de quatre autres jeunes femmes, les sœurs Miner sont les premières Canadiennes à se joindre à cette fameuse formation féminine.

La mission qu’on confie à FANY consiste à aider l’armée polonaise, écrasée par les Allemands en septembre 1939 et maintenant réfugiée dans le nord de l’Écosse, à reconvertir sa cavalerie en unités mécanisées. Comme très peu de Polonais sont familiers avec les équipements motorisés, il revient aux filles de FANY de conduire les automobiles de service, les ambulances et les camions, mais aussi d’en assurer l’entretien mécanique complet. Dans le cadre de ses fonctions, Nora Miner est affectée au service ambulancier, alors que Betty devient chauffeur pour les officiers polonais. C’est dans ces circonstances que cette dernière rencontre le lieutenant Kazimierez Lubecki, qu’elle épouse le 20 juin 1944 à Scarborough, en Angleterre. Immigré au Canada après la guerre, ce dernier deviendra gérant de la Miner Rubber.

Le périple britannique des sœurs Miner s’achève lorsque les troupes polonaises accompagnent les Alliés lors du débarquement d’Italie, un règlement de l’armée britannique interdisant aux femmes de conduire des véhicules dans des unités de combat.

Mario Gendron

© Société d’histoire de la Haute-Yamaska

 

Étiquettes : ,

Sur le même sujet

Laisser un commentaire

  1. Julien Cabanac

    Encore une fois, très intéressant. Merci pour cette page d’histoire.

  2. Émile Roberge

    Miner est un nom important dans l’histoire de Granby. Merci de nous dire que Miner n’est pas uniquement le nom d’un grand manufecturier et maire, mais aussi de deux filles ayant participé, de façon inhabituelle, à la première guerre mondiale.

  3. Robert Perras

    eh bien!!!
    Infirmière,mécanicienne ,chauffeur a une époque où les femmes se devaient de faire des enfants et être des bonnes mères de famille.

    Chapeau pour autant de courage et de détermination.

    Merci pour ces informations.

  4. Pierre potvin

    J’ai connu cette grande dame lorsque j’avais voulu sauver l’ancien bureau poste,elle m’avait aider monetairement,mais aussi par sa présence aux nombreux conseil de ville et par ses judicieux conseils.je n’était pas au courant de son histoire de jeunesse et de la rencontre de son amoureux M.Lubecki ( électrocuté par la foudre devant leurs demeure
    La « Flint House » dans les débuts des années 1960) je garde un très bon souvenir d’elle, celui, d’une femme intègre et généreuse. Merci pour ces infos toujours très intéressantes.
    Elle doit se retournée dans sa tombe avec la vu des condos bâti dans le champs tout à côté de la ferme familiale, et de leur boisé , qui était pour elle aussi sacré que la pupille de ses yeux, je cois que Granby aurait eu avantage de garder ce trésor intact pour les générations futures.

  5. Jocelyne Dery

    Quel chercheur tu es! J’ai trouvé passionnant cet extrait… de l’armée polonaise à la gérance de la Miner Rubber!!!!!
    Trouver le fil conducteur de faits à première vue  » inconcevables? » Tu aurais fait un Super enquêteur à la NESBO!

  6. Richard Paré

    Merci Mario. Super-intéressant. Une petite recherche sur l’origine du mot Yeomanry révèle qu’il provient de yeoman ou yoman, qui voulait dire paysan propriétaire dans l’Angleterre médiévale… Comme quoi le rap moderne n’a rien inventé YO-MAN!

Bienvenue à la Société d’histoire de la Haute-Yamaska.

N'hésitez pas à nous transmettre vos commentaires et restez à jour en vous abonnant au flux RSS. RSS feed.

Notre page Facebook

S'abonner à l'infolettre

Catégories