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	<title>Société d&#039;histoire de la Haute-Yamaska</title>
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	<description>Histoire - Service d&#039;archives privées agréé - Préservation du patrimoine</description>
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		<title>Les petits cimetières de La Haute-Yamaska</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 20:46:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mario Gendron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[Vie rurale]]></category>
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		<description><![CDATA[Anglicans, baptistes, méthodistes, catholique, multiconfessionnels ou familiaux, situés à flanc de colline, isolés le long d’une route nationale ou perdus dans un champ, souvent sans communauté ou famille ayant la capacité de les entretenir convenablement, la dizaine de petits cimetières identifiés dans la MRC La Haute-Yamaska constituent un héritage fragile, et ce, même si leur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Anglicans, baptistes, méthodistes, catholique, multiconfessionnels ou familiaux, situés à flanc de colline, isolés le long d’une route nationale ou perdus dans un champ, souvent sans communauté ou famille ayant la capacité de les entretenir convenablement, la dizaine de petits cimetières identifiés dans la MRC La Haute-Yamaska constituent un héritage fragile, et ce, même si leur état de conservation est encore bon dans l’ensemble. Sur le plan formel, chacun des cimetières recensés possède sa personnalité propre, reflet des préférences et, surtout, des moyens financiers des diverses familles qui composent la communauté.</p>
<div id="attachment_3850" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/PetitsCimetieresLaHauteYama.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3850  " title="Petits cimetières de la MRC La Haute-Yamaska" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/PetitsCimetieresLaHauteYama-300x250.jpg" alt="Petits cimetières de la MRC La Haute-Yamaska" width="300" height="250" /></a><p class="wp-caption-text">Emplacements des petits cimetières de la MRC La Haute-Yamaska.</p></div>
<p style="text-align: justify;">En bref, les petits cimetières de La Haute-Yamaska constituent un témoignage précieux et émouvant sur des familles pionnières dont les noms, bien souvent, n’ont plus de résonance. Voilà sans aucun doute un attrait à inclure dans tout circuit patrimonial et historique régional.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est relativement difficile de dater avec précision l’âge des petits cimetières de La Haute-Yamaska, la documentation à ce sujet étant soit introuvable soit difficilement accessible; la datation des pierres tombales constitue néanmoins un bon indice de leur ancienneté. Dans certains cas, les vagues migratoires peuvent être grossièrement identifiées à partir de l’inscription des dates de décès.</p>
<h1 style="text-align: justify;"><span style="color: #003300;">Sainte-Cécile-de-Milton</span></h1>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;">East Milton Cemetery (vers 1824)<br />
</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Rue Principale</p>
<div id="attachment_3856" class="wp-caption alignright" style="width: 204px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cim-East-Milton.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3856     " title="East Milton" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cim-East-Milton-300x225.jpg" alt="East Milton, Sainte-Cécile, cimetière" width="194" height="146" /></a><p class="wp-caption-text">© Le cimetière East Milton (Photo: Chantal Lefebvre, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le cimetière méthodiste East Milton est situé à l’intersection sud-ouest de la route 137 et de la rue Principale. Il compte quarante-sept pierres tombales, dont la plus ancienne date de 1824. Les noms de famille qu’on y trouve le plus fréquemment — Norris, Watson, Wallace, Wilson, Willard — remontent presque tous aux premiers occupants de Milton Corner, le nom que portait autrefois le village de Sainte-Cécile-de-Milton.</p>
<h3><span style="color: #808000;">St. Mark Anglican Cemetery (vers 1850)</span></h3>
<p>Rue Principale (situé à la droite de l’ancien hôtel de ville)</p>
<div id="attachment_3859" class="wp-caption alignleft" style="width: 204px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cimetiere-St-Mark.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3859  " title="Cimetiere-St-Mark" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cimetiere-St-Mark-300x225.jpg" alt="" width="194" height="146" /></a><p class="wp-caption-text">© Les derniers témoins du cimetière anglican. (Photo: Chantal Lefebvre, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Les quelques pierres tombales que l’on aperçoit à proximité du vieil hôtel de ville de Sainte-Cécile-de-Milton constituent les derniers témoins de la présence de l’église anglicane St. Mark, construite sur le même site vers 1851 et démolie en 1927, ainsi que de son cimetière.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;">Cimetière de la paroisse Sainte-Cécile (1857)</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Rue Principale</p>
<div id="attachment_3866" class="wp-caption alignright" style="width: 204px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cimetiere-Ste-Cecile.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3866 " title="Cimetière catholique Ste-Cécile" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cimetiere-Ste-Cecile-300x225.jpg" alt="Cimetière Ste-Cécile-de-Milton" width="194" height="146" /></a><p class="wp-caption-text">© Le cimetière catholique près de l&#39;église de Sainte-Cécile-de-Milton. (Photo: Chantal Lefebvre, SHHY) </p></div>
<p style="text-align: justify;">Le premier cimetière catholique, qui était situé à l’arrière de l’église actuelle, a été béni en septembre 1857. Or, cinquante ans plus tard, par ordre du Conseil d’hygiène, on a dû le déménager à l’extérieur du village, sur la route 137 actuelle. Le terrain du nouveau cimetière avait été acheté en 1906, les dépouilles mortelles ont été transportées un peu plus tard et le lieu de sépulture a été béni en novembre 1907. Dix-huit pierres tombales, laissées derrière la sacristie, indiquent encore l’emplacement du premier cimetière de la communauté catholique.</p>
<h1 style="text-align: justify;"><span style="color: #003300;">Roxton Pond</span></h1>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;">Cimetière baptiste français de Roxton Pond (vers 1862)</span></h3>
<p>Rue Principale</p>
<div id="attachment_3875" class="wp-caption alignleft" style="width: 190px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cimetiere-baptiste.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3875 " title="Cimetière baptiste" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cimetiere-baptiste-300x225.jpg" alt="" width="180" height="135" /></a><p class="wp-caption-text">© Cimetière baptiste. (Photo: Chantal Lefebvre, SHHY) </p></div>
<p style="text-align: justify;">Le premier cimetière protestant de Roxton Pond a probablement été ouvert au milieu des années 1840 à Bérée, un peu à l’écart du hameau qui, à cette époque, portait le nom biblique de Salem. Quant au cimetière du village, les plus anciennes pierres tombales qu’on y trouve permettent de croire qu’il est postérieur à la construction de la chapelle baptiste, en 1862. En fait, le plus vieux monument funéraire est celui de Sem Rainaud, décédé le 3 juillet 1871 à l’âge de dix ans et deux mois. Parmi la centaine de sépultures baptistes et méthodistes qu’on recense dans le petit cimetière de la rue Principale, plusieurs portent les noms des familles pionnières du village ou encore de celles qui en ont favorisé le développement, comme les Cloutier, les Bousquet, les Dalpé ou les Bullock. À la différence de ce qu’on remarque dans d’autres cimetières protestants de la région, plusieurs sépultures sont relativement récentes.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;">Cimetière de Bérée (vers 1845)</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Cinquième Rang de Milton (Situé à proximité du chemin de la Grande Ligne)</p>
<div id="attachment_3880" class="wp-caption alignright" style="width: 190px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cimetiere-Beree.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3880 " title="Cimetière Bérée" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cimetiere-Beree-300x225.jpg" alt="Cimetière Bérée Roxton Pond" width="180" height="135" /></a><p class="wp-caption-text">© Cimetière de Bérée. (Photo: Chantal Lefebvre, SHHY) </p></div>
<p style="text-align: justify;">Le cimetière de Bérée rappelle l’existence d’une petite communauté protestante francophone (baptiste et méthodiste), rassemblée autour d’une école et de quelques résidences dans les premiers lots du Quatrième Rang du canton de Roxton et du Cinquième Rang du canton de Milton. Parmi les familles associées à l’endroit, on note, entre autres, les noms des Gravel, Charron, Desjardins et Stebbins. L’existence du cimetière nous est rapportée dans un acte de 1867, passé devant le notaire Charles Brin, dans lequel le cultivateur François Tétreault vend à François Théophile Guillemette, lui aussi cultivateur, « la moitié nord-ouest du quart ouest de la moitié est du lot numéro un du Quatrième Rang de Milton » d’une superficie de vingt-cinq acres, avec maison, grange, écurie et autres bâtisses, à l’exception du terrain qu’il a déjà donné pour le cimetière et du chemin de six pieds de largeur qui permet d’y accéder depuis le chemin du Cinquième Rang. La plus vieille pierre tombale du cimetière datant de 1851, on suppose que c’est vers le milieu des années 1840 qu’a été établi ce lieu de sépulture.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;">South Roxton Cemetery (vers 1843)</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Route 139, (South Roxton)</p>
<div id="attachment_3882" class="wp-caption alignleft" style="width: 190px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cimetiere-South-Roxton.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3882 " title="Cimetiere South Roxton" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cimetiere-South-Roxton-300x225.jpg" alt="" width="180" height="135" /></a><p class="wp-caption-text">© Cimetière de South Roxton. (Photo: Chantal Lefebvre, SHHY) </p></div>
<p style="text-align: justify;">Pour qui connaît, ou veut connaître, l’histoire de Roxton-Sud (South Roxton) et des gens qui l’ont fondé, le petit cimetière protestant (anglican et méthodiste) qui surplombe le hameau, sur la route 139, est des plus évocateurs. On y trouve ceux de la première vague, qui se sont établis au cours des années 1830-1850 et dont la caractéristique commune est d’être nés à l’extérieur du pays. Ainsi, le premier habitant de l’endroit, Abram Sanborn, arrivé en 1834, avait vu le jour aux États-Unis, à Canterbury, dans le New Hampshire ; Charles B. Smith, qui s’installe en 1844, venait aussi du New Hampshire, mais d’Alton. James Blampin, pour sa part, était originaire du Devonshire, en Angleterre. Ces cultivateurs à la recherche de terres seront bientôt rejoints par les Reynolds, les Gibson et les Doe, mais le hameau ne prendra forme qu’après l’arrivée du chemin de fer du South Eastern, en 1879. Cette révolution des moyens de transport aura tôt fait d’inciter les familles Marcotte, Galbraith et Savage à ouvrir des commerces et des moulins dans l’endroit, qui bientôt prendra l’allure grouillante d’un véritable village.</p>
<p style="text-align: justify;">La communauté anglophone de Roxton-Sud est aujourd’hui disparue, comme sont disparus ou sont rendus méconnaissables les deux chapelles, anglicane et méthodiste, les deux écoles primaires, la beurrerie, le magasin général, la boulangerie, la cordonnerie, la boutique de forge, les moulins à scie, la gare et même la voie ferrée. Cette dégradation rapide du patrimoine bâti rend d’autant plus importante la conservation du cimetière protestant de Roxton-Sud, déjà orphelin de son église (anglicane) depuis 1967.<strong> </strong></p>
<h1 style="text-align: justify;"><span style="color: #003300;">Saint-Joachim-de-Shefford</span></h1>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;">North Shefford Cemetery (vers 1832)</span></h3>
<div id="attachment_3884" class="wp-caption alignright" style="width: 190px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cimetiere-North-Shefford.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3884 " title="Cimetiere North Shefford" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cimetiere-North-Shefford-300x225.jpg" alt="Cimetiere North Shefford" width="180" height="135" /></a><p class="wp-caption-text">© Cimetière North Shefford. (Photo: Chantal Lefebvre, SHHY) </p></div>
<p>Rue Brousseau, (Savage Mills)</p>
<p style="text-align: justify;">Situé un peu au sud de l’église anglicane St. Peter, le cimetière de North Shefford reste un témoin privilégié de l’histoire de Savage Mills puisqu’on y retrouve les noms des principales familles anglophones qui sont à l’origine du hameau, les plus vieilles pierres tombales datant du début des années 1830. Malgré que le cimetière de North Shefford soit assez bien conservé dans l’ensemble, plusieurs monuments funéraires montrent des signes de détérioration.</p>
<h1 style="text-align: justify;"><span style="color: #003300;">Shefford</span></h1>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;">Shefford Mountain Cemetery (vers 1807)</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Chemin Saxby Sud, (Shefford Mountain)</p>
<div id="attachment_3885" class="wp-caption alignleft" style="width: 190px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cim-Shefford-Mountain.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3885 " title="Cimetière Shefford Mountain" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cim-Shefford-Mountain-300x225.jpg" alt="" width="180" height="135" /></a><p class="wp-caption-text">© Cimetière Shefford Mountain. (Photo: Chantal Lefebvre, SHHY) </p></div>
<p style="text-align: justify;">Situé au pied de la montagne qui lui donne son nom, le petit cimetière de Shefford Mountain a servi de lieu de sépulture pour les premiers résidants protestants de Saxby Corner et de la région environnante, dont l’histoire remonte parfois à la fin du 18<sup>e</sup> siècle. Parmi ceux qui sont enterrés là, on trouve plusieurs Savage, mais aussi des Saxby, des Camber et même quelques francophones, comme les Pépin et les Patenaude. Un relevé fait en 1991 montre que toutes les sépultures, sauf deux qui sont plus récentes, datent du 19<sup>e</sup> siècle, ce qui en dit plus long que tous les discours sur les dangers qui guettent ce site patrimonial.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;">Frost Village Cemetery (vers 1837)</span></h3>
<div id="attachment_3886" class="wp-caption alignright" style="width: 190px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cimetiere-Frost-Village.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3886 " title="Cimetière de Frost Village" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cimetiere-Frost-Village-300x225.jpg" alt="" width="180" height="135" /></a><p class="wp-caption-text">© Cimetière de Frost Village. (Photo: Chantal Lefebvre, SHHY) </p></div>
<p>Chemin Clark, (Frost Village)</p>
<p style="text-align: justify;">Le petit cimetière anglican qui règne sur les hauteurs de Frost Village, tout près de la route 112, évoque une période révolue de l’histoire, quand le hameau était un arrêt obligatoire sur la route des diligences qui empruntaient l’<em>Outlet Road</em>, avant que Waterloo s’impose comme première capitale régionale, au début des années 1860. Comme pour témoigner de l’importance ancienne de Frost Village, le cimetière rassemble plusieurs sépultures qui remontent aux années 1840-1860, la plus vieille pierre tombale datant de 1837. Là, dans leur dernier repos, les Osgood, les Goddard, les Wood, les Sargeant, les O’Brien et les French, parmi d’autres, se disputent l’honneur d’avoir été les pionniers de ce coin de pays.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #808000;">Williams Family Cemetery (vers 1838)</span></h3>
<p>Chemin de Brill, (Frost Village)</p>
<div id="attachment_3888" class="wp-caption alignleft" style="width: 190px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cimetiere-Williams.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3888 " title="Cimetière Williams" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/05/Cimetiere-Williams-300x225.jpg" alt="" width="180" height="135" /></a><p class="wp-caption-text">© Cimetière familial des Williams. (Photo: Chantal Lefebvre, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le cimetière de la famille Williams témoigne d’une époque pendant laquelle le hameau de Frost Village semblait promis au plus brillant des avenirs. En fait, sur les vingt pierres tombales identifiées lors d’un inventaire réalisé en 1991, on en trouve seize qui datent du 19<sup>e</sup> siècle, du temps où la famille Williams gérait un magasin-général et un relais de diligence dans l’endroit. L’importance historique du cimetière Williams est d’autant plus grande qu’il est établi à proximité de la résidence Williams, déjà identifiée comme d’intérêt patrimonial.</p>
<p style="text-align: justify;">Mario Gendron</p>
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		<title>La toponymie de Granby</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Apr 2012 15:18:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Racine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Toponymie]]></category>
		<category><![CDATA[Granby]]></category>

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		<description><![CDATA[Richard Racine nous offre ici le premier volet d’une série portant sur la toponymie régionale. Périodiquement, d’autres textes et des informations diverses sur le sujet vous seront présentés dans la catégorie « Toponymie, cartes et plans » du site internet de la SHHY. Pour ne rien manquer, visitez-nous souvent. MG Sans qu’on en soit pleinement conscient, la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Richard Racine nous offre ici le premier volet d’une série portant sur la toponymie régionale. Périodiquement, d’autres textes et des informations diverses sur le sujet vous seront présentés dans la catégorie « Toponymie, cartes et plans » du site internet de la SHHY. Pour ne rien manquer, visitez-nous souvent. MG</em></p>
<div id="attachment_3680" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/04/John_Manners_Marquess_of_Granby_1763_65.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3680       " title="John_Manners_Marquess_of_Granby_1763_65" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/04/John_Manners_Marquess_of_Granby_1763_65-250x300.jpg" alt="John Manners, Marquis de Granby (1721-1770)" width="200" height="240" /></a><p class="wp-caption-text">John Manners, Marquis de Granby (1721-1770). (Auteur: Sir Joshua Reynolds. Source: Ringling Museum of Art, Sarasota)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Sans qu’on en soit pleinement conscient, la toponymie joue un rôle de gardien de la mémoire locale en faisant constamment référence à un fait, un personnage ou à un lieu historique. À Granby, la double appartenance culturelle de la ville est mise en évidence par la concentration de noms de rues à consonance anglaise dans sa partie haute et à consonance française dans le secteur ouest, principalement dans celui que l’on nommait, au 19<sup>e</sup> siècle, le village français.</p>
<p style="text-align: justify;">La période coloniale nous a donné, à partir de 1845, des généralités comme <em>Main Stage Road</em> et <em>Main Street</em>, pour la rue Principale, ou <em>North Road</em> pour la rue Elgin, puis une identification plus précise telle que <em>Market Street</em>, pour la rue Dufferin, <em>Court Street</em> et <em>Forest Street</em>, pour la rue du Parc, des lieux fréquentés par la société de l’époque.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1867, les autorités municipales comblent une lacune en ordonnant de « donner un nom à toutes les rues qui n’en possèdent pas encore. » Naturellement, on s’inspire de l’administration britannique pour choisir des noms comme Drummond, Dufferin et Mountain. Quelques années plus tard, la concentration de la population francophone, établie à l’ouest de l’église Notre-Dame, favorise l’apparition de toponymes religieux et des références à l’élite du temps. Pendant de nombreuses années, le clivage linguistique délimite la frontière géographique entre les deux communautés établies dans le « vieux Granby ». La nomenclature des rues attestant de cette réalité historique.</p>
<div id="attachment_3675" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/04/Boul.Montcalm.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3675  " title="Boulevard Montcalm" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/04/Boul.Montcalm-300x167.jpg" alt="Boulevard Montcalm, Granby" width="300" height="167" /></a><p class="wp-caption-text">© Le boulevard Montcalm. Cette artère, qui date de 1926, portait à ses débuts le nom de Robert en l’honneur d’un homme d’affaires de Granby. En 1932, le conseil municipal lui attribue le nom du général français mort lors de la bataille des plaines d’Abraham, le marquis Louis-Joseph de Montcalm. À l&#39;extrémité nord, le Centre hospitalier de Granby. (Collection SHHY, photo: La Voix de l&#39;Est, vers 1950)</p></div>
<p style="text-align: justify;">La prise en charge de l’administration municipale par la bourgeoisie francophone, à partir du début des années 1930, déclenche des transformations dans tous les secteurs de la société, incluant la toponymie. Alors que Pierre-Ernest Boivin achève son dernier mandat à la mairie s’amorce un virage dans l’attribution des noms de rues à Granby. Sans doute la poussée nationaliste de cette période y est elle aussi pour quelque chose, des artères comme St.James, Franklin et Huntingdon voient leur nom changé pour Saint-Jacques, avenue du Parc et Saint-Antoine. Les références à l’histoire nationale font aussi leur apparition. Les nouvelles rues Cartier, Laval et Brébeuf côtoient maintenant dans les registres les personnages locaux que sont les Boivin, Leclerc et Robert. Par la suite, on ajoute des références botaniques et autres fantaisies au répertoire toponymique.</p>
<p style="text-align: justify;">L’attribution d’un odonyme qui rappelle soit un lieu géographique présent ou ancien, soit la participation d’un individu ou d’une famille au développement du territoire, soit l’importance d’un personnage politique fait maintenant partie des règles de gestion municipale. L’importance de la toponymie n’est plus à démonter puisqu’un organisme international comme l’UNESCO reconnaît son caractère patrimonial depuis 1987.</p>
<p>Richard Racine</p>
<h2><a href="http://www.shhy.info/cartes-et-plans/toponymie-de-granby"><span style="color: #3366ff;">Toponymie de Granby</span></a></h2>
<p> </p>
<h3>Premier annuaire de Granby : <a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/04/The-Granby-Directory-1912_1913.pdf" target="_blank">T<em>he </em>G<em>ranby </em>D<em>irectory, 1912-13</em></a></h3>
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		</item>
		<item>
		<title>Granby et la conscription</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Mar 2012 13:14:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mario Gendron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Militaire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[conscription]]></category>
		<category><![CDATA[Granby]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce printemps marque le 70e anniversaire du plébiscite sur la conscription, tenu de 27 avril 1942. Ce vote historique montre de manière éloquente le fossé qui sépare les Canadiens français de la population anglophone sur la question de la participation obligatoire des Canadiens à la Deuxième Guerre mondiale. Granby, où environ 15 % de la population [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ce printemps marque le 70<sup>e</sup> anniversaire du plébiscite sur la conscription, tenu de 27 avril 1942. Ce vote historique montre de manière éloquente le fossé qui sépare les Canadiens français de la population anglophone sur la question de la participation obligatoire des Canadiens à la Deuxième Guerre mondiale. Granby, où environ 15 % de la population est anglophone, se révèle un bon terrain d’analyse pour quiconque s’intéresse à cet événement historique. MG</em></p>
<div id="attachment_3537" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/03/ARC.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3537  " title="ARC" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/03/ARC-300x207.jpg" alt="Association des retraitants catholiques" width="300" height="207" /></a><p class="wp-caption-text">Membres de l&#39;Association des retraitants catholiques de Granby. (Album souvenir de la paroisse Notre-Dame, 1936)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Lorsque la <strong>Deuxième</strong><strong> Guerre</strong><strong> mondiale</strong> s’enclenche, en septembre 1939, c’est depuis 1937 déjà que les <strong>associations canadiennes-françaises de Granby </strong>— Association des retraitants catholiques, Chambre de commerces des jeunes, Chevaliers de Carillon, Association catholique de la jeunesse canadienne, entre autres — militent activement contre toute participation militaire du Canada à un conflit extérieur. Cette attitude isolationniste tient à plusieurs causes, parmi lesquelles le douloureux souvenir de la crise de <strong>la conscription de 1917</strong>, au cours de la Première Guerre mondiale, et le sentiment que le Canada,  « pays d’Amérique, n’a aucun intérêt à épouser les querelles de l’Europe » arrivent en tête de liste.</p>
<p style="text-align: justify;">Les autorités fédérales ne peuvent ignorer <strong>la position réfractaire des Canadiens français</strong>. Aussi, lorsque la Deuxième Guerre mondiale débute, Ottawa n’a-t-il d’autre choix que de limiter ses ambitions mobilisatrices à la défense volontaire du territoire canadien. C’est d’ailleurs grâce à cette promesse que les libéraux de <strong>Mackenzie King</strong> garderont leurs sièges au Québec et le pouvoir à Ottawa lors des élections de 1940.</p>
<div id="attachment_3541" class="wp-caption alignleft" style="width: 211px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/03/Conscription1942.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3541  " title="Conscription1942" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/03/Conscription1942-201x300.jpg" alt="" width="201" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">La Voix de l&#39;Est, 8 avril 1942 </p></div>
<p style="text-align: justify;">Mais pressé par une opinion publique canadienne-anglaise qui s’alarme des bombardements sur Londres et réclame le service outre-mer obligatoire, le gouvernement King ne peut tenir sa position. Croyant dénouer l’impasse, Ottawa organise <strong>un plébiscite à travers le Canada pour le 27 avril 1942</strong>. Si les citoyens canadiens votent « oui » à la question « Consentez-vous à libérer le Gouvernement de toute obligation résultant d’engagements antérieurs restreignant les méthodes de mobilisation pour le service militaire ? », Ottawa aura les mains libres pour imposer la conscription.</p>
<p style="text-align: justify;">Le plébiscite sur la conscription révèle au grand jour les opinions diamétralement opposées des francophones et des anglophones du Canada sur l’obligation de combattre outre-mer. À Granby, un peu moins de 85 % de la population répond négativement à la question posée, ce qui correspond assez fidèlement à la proportion des citoyens canadiens-français dans la municipalité. Or la publication, dans <strong><em>La Voix</em></strong><strong><em> de l’Est</em> du 29 avril 1942</strong>, des résultats enregistrés dans chacun des 34 bureaux de scrutin de Granby permet de réaliser une analyse plus fine des tendances ethniques du vote.</p>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #333399;">Résultats du plébiscite sur la conscription, 27 avril 1942</span></h2>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0" width="613" height="591">
<tbody>
<tr>
<td valign="top"><strong>Bureaux</strong></td>
<td valign="top"><strong>Adresses</strong></td>
<td valign="top"><strong>Non</strong></td>
<td style="text-align: left;" valign="top"><strong>%</strong></td>
<td valign="top"><strong>Oui</strong></td>
<td valign="top"><strong>%</strong></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">49</td>
<td valign="top">Salle Drummond</td>
<td valign="top">171</td>
<td valign="top">68,9</td>
<td valign="top">77</td>
<td valign="top">31,1</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">50-A</td>
<td valign="top">Salle Drummond</td>
<td valign="top">34</td>
<td valign="top">28,8</td>
<td valign="top">84</td>
<td valign="top"><strong>71,2</strong></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">50-B</td>
<td valign="top">Salle Drummond</td>
<td valign="top">66</td>
<td valign="top">35,9</td>
<td valign="top">118</td>
<td valign="top"><strong>64,1</strong></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">51</td>
<td valign="top">141, Cowie</td>
<td valign="top">178</td>
<td valign="top">77,4</td>
<td valign="top">52</td>
<td valign="top">22,6</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">52-A</td>
<td valign="top">195, Cowie</td>
<td valign="top">181</td>
<td valign="top">89,6</td>
<td valign="top">21</td>
<td valign="top">10,4</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">52-B</td>
<td valign="top">195, Cowie</td>
<td valign="top">159</td>
<td valign="top">91,9</td>
<td valign="top">14</td>
<td valign="top">8,1</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">53</td>
<td valign="top">217, St-Jacques</td>
<td valign="top">198</td>
<td valign="top">96,1</td>
<td valign="top">8</td>
<td valign="top">3,9</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">54</td>
<td valign="top">99, St-Antoine Sud</td>
<td valign="top">185</td>
<td valign="top">93,9</td>
<td valign="top">12</td>
<td valign="top">6,1</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">55</td>
<td valign="top">379, Racine</td>
<td valign="top">217</td>
<td valign="top">93,1</td>
<td valign="top">16</td>
<td valign="top">6,9</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">56-A</td>
<td valign="top">335, Notre-Dame</td>
<td valign="top">158</td>
<td valign="top">92,9</td>
<td valign="top">12</td>
<td valign="top">7,1</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">56-B</td>
<td valign="top">335, Notre-Dame</td>
<td valign="top">172</td>
<td valign="top">94,0</td>
<td valign="top">11</td>
<td valign="top">6,0</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">57-A</td>
<td valign="top">76, St-Charles Sud</td>
<td valign="top">209</td>
<td valign="top">95,0</td>
<td valign="top">11</td>
<td valign="top">5,0</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">57-B</td>
<td valign="top">76, St-Charles Sud</td>
<td valign="top">193</td>
<td valign="top">94,1</td>
<td valign="top">12</td>
<td valign="top">5,9</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">58-A</td>
<td valign="top">105, Champlain</td>
<td valign="top">180</td>
<td valign="top">90,0</td>
<td valign="top">20</td>
<td valign="top">10,0</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">58-B</td>
<td valign="top">105, Champlain</td>
<td valign="top">167</td>
<td valign="top">93,3</td>
<td valign="top">11</td>
<td valign="top">6,7</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">59-A</td>
<td valign="top">471, Cowie</td>
<td valign="top">172</td>
<td valign="top">94,5</td>
<td valign="top">10</td>
<td valign="top">5,5</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">59-B</td>
<td valign="top">471, Cowie</td>
<td valign="top">184</td>
<td valign="top">94,4</td>
<td valign="top">11</td>
<td valign="top">5,6</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">60</td>
<td valign="top">77, Drummond</td>
<td valign="top">171</td>
<td valign="top">58,4</td>
<td valign="top">122</td>
<td valign="top">41,6</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">61</td>
<td valign="top">7, Young</td>
<td valign="top">82</td>
<td valign="top">47,9</td>
<td valign="top">89</td>
<td valign="top"><strong>52,1</strong></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">62</td>
<td valign="top">Rue Drummond</td>
<td valign="top">99</td>
<td valign="top">48,1</td>
<td valign="top">107</td>
<td valign="top"><strong>51,9</strong></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">63-A</td>
<td valign="top">E.C.R.</td>
<td valign="top">152</td>
<td valign="top">74,8</td>
<td valign="top">51</td>
<td valign="top">25,2</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">63-B</td>
<td valign="top">E.C.R.</td>
<td valign="top">175</td>
<td valign="top">89,3</td>
<td valign="top">21</td>
<td valign="top">10,7</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">64-A</td>
<td valign="top">67, Court</td>
<td valign="top">165</td>
<td valign="top">93,2</td>
<td valign="top">12</td>
<td valign="top">6,8</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">64-B</td>
<td valign="top">67, Court</td>
<td valign="top">156</td>
<td valign="top">85,7</td>
<td valign="top">26</td>
<td valign="top">14,3</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">65</td>
<td valign="top">198, av. Du Parc</td>
<td valign="top">280</td>
<td valign="top">94,6</td>
<td valign="top">16</td>
<td valign="top">5,4</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">66</td>
<td valign="top">128, Court</td>
<td valign="top">255</td>
<td valign="top">93,7</td>
<td valign="top">17</td>
<td valign="top">6,3</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">67</td>
<td valign="top">252, av. Du Parc</td>
<td valign="top">276</td>
<td valign="top">96,5</td>
<td valign="top">10</td>
<td valign="top">3,5</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">68</td>
<td valign="top">270, av. Du Parc</td>
<td valign="top">228</td>
<td valign="top">91,2</td>
<td valign="top">22</td>
<td valign="top">8,8</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">69</td>
<td valign="top">137, Déragon</td>
<td valign="top">205</td>
<td valign="top">95,8</td>
<td valign="top">9</td>
<td valign="top">4,2</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">70</td>
<td valign="top">321, av. Du Parc</td>
<td valign="top">172</td>
<td valign="top">93,5</td>
<td valign="top">12</td>
<td valign="top">6,5</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">71-A</td>
<td valign="top">395, av. Du Parc</td>
<td valign="top">127</td>
<td valign="top">93,4</td>
<td valign="top">9</td>
<td valign="top">6,6</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">71-B</td>
<td valign="top">395, av. Du Parc</td>
<td valign="top">162</td>
<td valign="top">98,2</td>
<td valign="top">3</td>
<td valign="top">1,8</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">72</td>
<td valign="top">447, Principale</td>
<td valign="top">165</td>
<td valign="top">96,5</td>
<td valign="top">6</td>
<td valign="top">3,5</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">73</td>
<td valign="top">341, boul. Boivin</td>
<td valign="top">160</td>
<td valign="top">96,4</td>
<td valign="top">6</td>
<td valign="top">3,6</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Total </strong></td>
<td valign="top"><strong> </strong></td>
<td valign="top"><strong>5854</strong></td>
<td valign="top"><strong>84,9 %</strong></td>
<td valign="top"><strong>1038</strong></td>
<td valign="top"><strong>15,1 %</strong></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong></strong></td>
<td valign="top"><strong></strong></td>
<td valign="top"><strong></strong></td>
<td valign="top"><strong></strong></td>
<td valign="top"><strong></strong></td>
<td valign="top"><strong></strong></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<div id="attachment_3531" class="wp-caption alignright" style="width: 190px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/03/Granby1941.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3531 " title="Granby1941" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/03/Granby1941-300x225.jpg" alt="Plan de la cité de Granby, 1941" width="180" height="135" /></a><p class="wp-caption-text">Plan de la cité de Granby, Léon Desrochers, 1941. (Annuaire de Granby, 1944)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Les résultats détaillés du plébiscite de 1942 montrent un clivage entre les secteurs anglophone et francophone de Granby encore plus important que le laissent supposer les moyennes enregistrées par le « non »  et le « oui ». Dans <strong>les quartiers ouvriers populeux du bas de la ville</strong>, où la très grande majorité des habitants est canadienne-française, c’est presque unanimement qu’on refuse la proposition gouvernementale. Ainsi, les six bureaux de scrutin situés dans l’avenue du Parc enregistrent conjointement 1 245 votes pour le « non » et à peine 72 pour le « oui »; la même tendance s’affirme dans les rues Saint-Jacques, Saint-Antoine Sud, Champlain, Principale, Déragon, Racine, Notre-Dame, Saint-Charles Sud et le boulevard Boivin.  Au contraire, les huit bureaux où le pourcentage du « oui » est supérieur à la moyenne municipale de 15  % se trouvent dans <strong>le quartier traditionnellement anglophone du haut de la ville et à proximité de la rue Dufferin</strong>, sur la frontière qui divise les deux communautés.  En conséquence, les bureaux de scrutin des rues Drummond, Young, d’une partie de Cowie et de l’école Christ-Roi recueillent 700 des 1038 votes favorables à l’imposition de la mobilisation pour outre-mer.</p>
<p style="text-align: justify;">En définitive, les résultats détaillés du plébiscite d’avril 1942 tracent une ligne de partage très nette entre les francophones, qui tiennent fermement au respect de la parole donnée par le gouvernement King au début de la guerre, et les anglophones, pour qui la défense de la mère patrie, l’Angleterre,  justifie toutes les remises en cause. À Granby, jamais la position des Canadiens français sur un sujet de nature politique ou nationale n’a été aussi unanime, rendant prophétiques les paroles prononcées par <strong>Ernest Lapointe, le lieutenant québécois de Mackenzie King</strong> : «  Les Canadiens français, disait-il en 1940, ne conviendront jamais qu’un gouvernement, quel qu’il soit, ait le droit de leur imposer le service militaire outre-mer ».</p>
<p>Mario Gendron</p>
<p>Sur le même sujet: <strong><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2010/04/vol4no4.p65.pdf" target="_blank">Les Canadiens français et la Deuxième Guerre mondiale</a>, Mario Gendron, <em>L&#8217;historien régional</em>,  vol. 4 no 4</strong></p>
<p><strong></strong></p>
<p><span style="font-size: x-small; font-family: Garamond;"><span style="font-size: x-small; font-family: Garamond;">Volume 4, numéro 4 Automne 2004</span></span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Une Granbyenne, première dame du Canada</title>
		<link>http://www.shhy.info/politique/une-granbyenne-premiere-dame-du-canada?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=une-granbyenne-premiere-dame-du-canada</link>
		<comments>http://www.shhy.info/politique/une-granbyenne-premiere-dame-du-canada#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 28 Feb 2012 18:16:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>René Beaudin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Cox]]></category>
		<category><![CDATA[Granby]]></category>

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		<description><![CDATA[Parmi ceux qui s’intéressent à l’histoire régionale, bien peu savent  qu’une de nos concitoyennes a été l’épouse du neuvième premier ministre du Canada, Arthur Meighen. Jessie Isabel Cox, dont il s’agit, est née à Granby South Ridge le 18 avril 1883. Elle était la nièce du célèbre écrivain et illustrateur Palmer Cox, créateur du petit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3445" class="wp-caption alignleft" style="width: 224px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/IsabelCoxMeighen.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3445     " title="Isabel Cox Meighen, en 1910. (William James Topley/Library and Archives Canada/PA-169229)" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/IsabelCoxMeighen-214x300.jpg" alt="Isabel Cox Meighen, en 1910. (William James Topley/Library and Archives Canada/PA-169229)" width="214" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Isabel Cox Meighen, 1883-1985 (Bibliothèque et Archives Canada  www.collectionscanada.gc.ca Meighen (Mrs. Arthur))</p></div>
<p style="text-align: justify;">Parmi ceux qui s’intéressent à l’histoire régionale, bien peu savent  qu’une de nos concitoyennes a été l’épouse du neuvième premier ministre du Canada, Arthur Meighen. <strong>Jessie Isabel Cox</strong>, dont il s’agit, est née à Granby South Ridge le 18 avril 1883. Elle était la nièce du célèbre écrivain et illustrateur Palmer Cox, créateur du petit monde des Brownies, ces lutins espiègles dont les aventures ont captivé les enfants anglophones des années 1880-1920. Sans doute inspirée par son oncle qui, dans sa tendre jeunesse, avait quitté Granby pour l’Ouest américain, Isabel Cox, dès ses études complétées, s’expatrie au Manitoba pour exercer le métier d’<strong>enseignante</strong> dans un petit village nommé Birtle. C’est là qu’elle fait la rencontre d’Arthur Meighen, un jeune avocat qui possède un cabinet à Portage-la-Prairie. Ils se marieront à Birtle, en juin 1904.</p>
<p style="text-align: justify;">Né le 16 juin 1874 près d’Anderson, en Ontario, <strong>Arthur Meighen</strong> obtient un diplôme d’enseignement en 1897, avant de devenir avocat en 1903. Sa carrière en droit l’amène à s’intéresser aux affaires immobilières et à s’impliquer en politique fédérale avec le <strong>Parti conservateur</strong>. En 1908, il se fait élire dans Portage–la–Prairie et devient député de l’opposition, alors dirigée par Robert Laird Borden. À la suite de la victoire électorale des conservateurs, en 1911, et du déclenchement de la Première Guerre mondiale, trois ans plus tard, Meighen se voit confier des responsabilités politiques de plus en plus importantes. Ainsi, c’est à lui que le premier ministre Borden confie, en 1916, le délicat mandat de rédiger et de défendre au Parlement le projet de loi touchant le service militaire obligatoire, c’est-à-dire la conscription, une mesure qui devait rendre impopulaire le parti conservateur au Québec, et ce, pour longtemps.</p>
<div id="attachment_3458" class="wp-caption alignright" style="width: 217px"><img class="size-medium wp-image-3458   " title="Arthur Meighen, en 1920. (William James Topley/Library and Archives Canada/PA-028132)BAC" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/ArthurMeighenBAC-207x300.jpg" alt="" width="207" height="300" /><p class="wp-caption-text">Arthur Meighen, 1920. (Bibliothèque et Archives Canada www.collectionscanada.gc.ca)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Sa santé déclinant, Borden annonce sa démission en juillet 1920 et Arthur Meighen est aussitôt désigné comme son successeur en raison de ses états de service au sein du parti et du  gouvernement. Le 10 juillet 1920, ce dernier devient donc <strong>premier ministre du Canada</strong> sous la bannière d’un parti de coalition, le Parti libéral et conservateur national. On rapporte que l’accession au titre de première dame du Canada ne fit pas grande impression sur <strong>Isabel Cox-Meighen</strong>. Ainsi, le soir de la nomination de son mari, elle s’amusait encore avec ses enfants tout en recevant quelques amis, comme elle avait coutume de le faire. « Il n’y a pas grand-chose à dire de ma personne », répondit-elle candidement au journaliste venu récolter ses premières impressions. « Je suis aujourd’hui comme je l’étais hier, mais peut-être que je ne réalise pas encore le grand honneur qui m’échoit », finit-elle par admettre.</p>
<p style="text-align: justify;">Au cours de l’été et de l’automne 1920, le couple Meighen entreprend une grande tournée à travers le pays afin de consolider les assises du parti de coalition. C’est dans ce contexte qu’Isabel Cox et son époux se rendent dans les Cantons-de-l’Est, à la fin du mois de septembre, faisant des arrêts à Sherbrooke, Magog, Cowansville, Knowlton, <strong>Waterloo et Granby</strong>. Cet événement hors du commun crée un véritable émoi au sein des communautés anglophones de Waterloo et de Granby, d’autant plus que le <em>Granby Leader-Mail</em>, d’obédience conservatrice, se fait un devoir de rapporter tous les faits et gestes du couple comme s’il s’agissait de têtes couronnées. Des journalistes du <em>Montreal Gazette</em>, du <em>Montreal Star</em>, du <em>Toronto Star</em> et du <em>Sherbrooke Record </em>accompagnent aussi le premier ministre Meighen dans sa tournée. La veille de son arrivée à Granby, étape ultime de leur voyage, le premier ministre indique qu’il est très heureux de se retrouver dans la ville natale de son épouse, qu’il nomme affectueusement Nan, et qu’il connaît l’endroit pour l’avoir visité lors de son voyage de noces, en 1904.</p>
<div id="attachment_3463" class="wp-caption alignleft" style="width: 237px"><img class="size-medium wp-image-3463   " title="P001-S007-D001-P001" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/P001-S007-D001-P001-227x300.jpg" alt="Palmer Cox" width="227" height="300" /><p class="wp-caption-text">Le célèbre écrivain et illustrateur Palmer Cox, créateur du petit monde des Brownies. (Fonds Palmer Cox, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">À <strong>Granby</strong>, la soirée tenue en l’honneur du premier ministre se déroule à l’hôtel de ville.  Tous les notables ont été conviés à l’événement et bien peu d’entre eux ont osé refuser l’invitation. Cependant, contre toute attente, le moment fort de ce rassemblement ne fut pas le discours d’Arthur Meighen ou celui du maire de la ville, Ernest Boivin, mais bien l’intervention impromptue de madame Meighen qui, apercevant son oncle, l’écrivain et illustrateur de renom <strong>Palmer Cox</strong>, discrètement installé dans le fond de la salle, s’empara du micro et convia ce dernier à venir s’asseoir à la table d’honneur. Un peu surpris, le grand vieillard céda finalement aux applaudissements de la foule ; par son geste gracieux, la première dame du pays venait de conquérir tous les cœurs.</p>
<p style="text-align: justify;">En juin 1921, Meighen se rend avec son épouse à la  Conférence impériale, à Londres, peu avant de perdre le pouvoir aux mains du libéral William Lyon Mackenzie King. Lors des élections suivantes, qui se tiennent en 1925, les conservateurs de Meighen renouent avec la victoire en remportant le plus grand nombre de sièges, mais leur règne ne dure que quelques mois (voir René Beaudin, <a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2010/04/LHistorienVol6no3.pdf" target="_blank"><em>L’Historien régional</em>, volume 6, no.3</a>, été 2006).</p>
<p style="text-align: justify;">À la suite de ce revers, Meighen décide de quitter la direction du Parti conservateur pour retourner au monde des affaires, s’installant à Toronto avec sa femme et leurs trois enfants. Toutefois, il ne délaisse pas complètement la politique, devenant même leader du gouvernement au Sénat en 1932. Après le retrait définitif de la vie politique d’Arthur Meighen, qui coïncide avec la fin de la Deuxième Guerre mondiale,  le couple Cox-Meighen vivra une paisible retraite, jusqu’au décès de l’ancien premier ministre des suites d’une courte maladie, en 1960. Quant à Isabel Cox, elle survit vingt-cinq ans à son mari, décédant à l’âge vénérable de 102 ans, en 1985. Détail intéressant, un des petits-fils du couple, <strong>Michael Meighen</strong>, reprendra le flambeau politique en tant que collecteur de fonds pour les progressistes-conservateurs et comme proche conseiller et ami personnel de Brian Mulroney, premier ministre du Canada de 1984 à 1993. Ce dernier, d’ailleurs, le nommera sénateur en 1990.</p>
<p>René Beaudin</p>
<p>Président de la Société d&#8217;histoire de la Haute-Yamaska</p>
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		<title>Quand le peuple se fait justice</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 16:37:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mario Gendron</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Moralité]]></category>
		<category><![CDATA[19e siècle]]></category>
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		<description><![CDATA[En 1871, un groupe de citoyens de Granby prend l’initiative d’exercer des représailles dignes du Far West à l’encontre d’un voyageur soupçonné d’indécence. Cet événement exceptionnel mobilise l’attention de la presse et du public et illustre toute la difficulté d’exercer la loi dans un village où les forces de l’ordre sont inexistantes, la création de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">En 1871, un groupe de citoyens de Granby prend l’initiative d’exercer des représailles dignes du <em>Far West</em> à l’encontre d’un voyageur soupçonné d’indécence. Cet événement exceptionnel mobilise l’attention de la presse et du public et illustre toute la difficulté d’exercer la loi dans un village où les forces de l’ordre sont inexistantes, la création de la police municipale de Granby datant de mai 1880. Pour autant, les autorités judiciaires du district de Bedford n’entendent pas laisser la population se faire justice elle-même, comme cela se passe souvent dans l’Ouest américain, où les redresseurs de torts des régions sauvages jouissent d’une impunité totale.</p>
<div id="attachment_3379" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/P063-S006-SS1-SSS4-D3-P009.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3379    " title="P063-S006-SS1-SSS4-D3-P009" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/P063-S006-SS1-SSS4-D3-P009-300x152.jpg" alt="Le palais de justice du district judiciaire de Bedford à Cowansville. " width="300" height="152" /></a><p class="wp-caption-text">© Le palais de justice du district judiciaire de Bedford à Cowansville. (Fonds Paul-O Trépanier, 1954, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">John Mills est un correspondant du <em>Globe</em> de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, qui parcourt le pays, s’arrêtant dans les villages pour faire des lectures à l’intention d’un public toujours en quête de divertissement. À Granby, qui compte près de 900 habitants en 1871, dont la moitié est anglophone, Mills prévoit se produire à l’hôtel de ville le vendredi 1er septembre au soir. Or, plus tôt cette journée-là, la rumeur se répand que le voyageur lecteur se serait rendu coupable de certaines familiarités avec des jeunes filles. Plus le jour avance, plus la rumeur grossit, si bien que le soir venu, une partie de la population se trouve dans un état d’excitation avancé. Une vingtaine d’hommes, menés par quelques notables, Samuel Butterworth, Alonzo Griggs, le docteur David Green et Samuel Vilas, décident alors de punir et de chasser l’indésirable de Granby. Les justiciers improvisés conviennent d’intervenir après que Mills ait débuté sa lecture, considérant sans doute que cela faciliterait sa capture; mais, conséquence de leur irruption bruyante dans le hall de l’hôtel de ville, l’homme réussit à s’échapper et à se réfugier dans une maison du bas du village, où on le rejoint et l’en expulse. En proie à la vindicte populaire, Mills est alors roué de coups, dénudé, enduit de goudron et de plumes, puis, malgré ses cris et ses supplications, exhibé dans la rue Principale.</p>
<div id="attachment_3410" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/P020-S005-P027.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3410   " title="P020-S005-P027" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/P020-S005-P027-300x248.jpg" alt="Magasin Savage, Granby" width="300" height="248" /></a><p class="wp-caption-text">© La magasin Savage vient d&#39;être construit au moment où se déroulent les événements. (Fonds Ellis Savage, ca 1900 SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le maire J.G. Cowie, alerté par le tumulte, décide courageusement d’intervenir en faveur de Mills, dont certains commencent à craindre qu’il ne soit mis à mort. Armé de la seule autorité que lui confèrent ses titres de maire et de juge de paix, usant de persuasion mais aussi de menaces, J.G. Cowie négocie sans relâche avec les ravisseurs jusqu&#8217;à ce qu’ils libèrent leur victime. L’émeute risquant de reprendre à tout moment, le maire prend alors l’initiative de verser 25 $ à Mills et de le faire accompagner à Saint-Pie dans les plus brefs délais. Aussitôt le calme revenu, plusieurs citoyens respectueux des lois, témoins silencieux de cette terrible affaire, réclament une sanction pour les comportements des émeutiers, n’hésitant pas à les comparer à ceux du Klu Klux Klan, la tristement célèbre organisation suprématiste blanche fondée en 1865 dans le sud des États-Unis.</p>
<div id="attachment_3408" class="wp-caption alignright" style="width: 160px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/P050-S001-SS9-SSS9-D1-P0021.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3408     " title="P050-S001-SS9-SSS9-D1-P002" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/P050-S001-SS9-SSS9-D1-P0021-208x300.jpg" alt="Cellule du palais de justice-prison de Cowansville" width="150" height="216" /></a><p class="wp-caption-text">© Cellule du palais de justice-prison de Cowansville. (Fonds La Voix de l&#39;Est, photo Alain Dion, 1991, SHHY, )</p></div>
<p style="text-align: justify;">Les quatre meneurs présumés du rapt sont arrêtés et emprisonnés à Sweetsburg (Cowansville), où leur procès a lieu moins de deux semaines après les événements. Ces derniers ayant plaidé coupables aux accusations qui pèsent contre eux, le juge Samuel Willard Foster peut rendre immédiatement son jugement. «En raison de votre inqualifiable et honteuse conduite, c’est tout le village de Granby qui est tombé en disgrâce», dit-il en préambule. Le juge rejette ensuite les arguments des accusés voulant que le maire Cowie ait agi de façon illégale, le félicitant plutôt d’être intervenu de manière énergique, sauvant ainsi non seulement la vie de John Mills, mais évitant peut-être, par le fait même, la pendaison aux accusés. Au passage, le juge Foster déplore que plusieurs notables de Granby, dont des ecclésiastiques, aient déposé une pétition à la Cour afin que les accusés soient exemptés de tout blâme, une démarche inutile d’ailleurs, ces derniers s’étant déclarés coupables.</p>
<div id="attachment_3381" class="wp-caption alignleft" style="width: 191px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/FosterSW-Man-of-Today.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3381 " title="FosterSW-Men-of-Today" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/FosterSW-Man-of-Today-201x300.jpg" alt="Samuel Willard Foster" width="181" height="270" /></a><p class="wp-caption-text">© Le juge Samuel Willard Foster. (Erastus G. Pierce, Men of Today in the Eastern Townships, Sherbrooke, p. 163)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Reprenant le fil des événements qui ont conduit à l’un des «crimes les plus disgracieux et dangereux connus», le juge s’attarde à souligner la cruauté des accusés, restés insensibles aux suppliques de Mills, et les condamne pour s’être autoproclamés policiers, juges et bourreaux, enlevant ainsi à leur victime le droit inaliénable d’être jugé devant les tribunaux, un droit «dont les prévenus eux-mêmes profitent aujourd’hui», ajoute le magistrat.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais comme il s’agit pour eux d’une première offense, le juge Foster considère comme excessif d’infliger aux quatre hommes la disgrâce de l’emprisonnement et les condamne plutôt à une amende d’un peu plus de 30 $ chacun, assortie d’une garantie de 1 500 $ de garder la paix pour un an, une somme considérable pour l’époque. La dernière recommandation du juge Foster est sans équivoque quant à la principale faute des condamnés : «Par-dessus tout, n’oubliez jamais que nul n’a le droit d’exercer lui-même justice». Quant au journaliste John Mills, aucune accusation ne sera jamais portée contre lui.</p>
<p style="text-align: justify;">Mario Gendron</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2010/04/Vol3no3.pdf" target="_blank">Vivre en prison au XIXe siècle</a>, Chantal Lefebvre</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2010/04/vol3no4.pdf" target="_blank">Vivre en prison au XIXe siècle (suite)</a>, Chantal Lefebvre</p>
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		<title>Les frères maristes et l’éducation des garçons</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Jan 2012 21:49:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mario Gendron</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La communauté des frères maristes est fondée en France en 1817 « dans le but d’enseigner, d’éduquer et de donner une instruction élémentaire dans les petites écoles ». Première communauté enseignante masculine à s’installer en région, au tournant des années 1890, les Maristes prodiguent un enseignement voué aussi bien à la formation des futures élites canadiennes-françaises du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La communauté des frères maristes est fondée en France en 1817 « dans  le but d’enseigner, d’éduquer et de donner une instruction élémentaire  dans les petites écoles ». Première communauté enseignante masculine à  s’installer en région, au tournant des années 1890, les Maristes  prodiguent un enseignement voué aussi bien à la formation des futures  élites canadiennes-françaises du commerce et de l’industrie qu’à  l’éducation élémentaire des plus humbles travailleurs, comme le montre  l’établissement d’une école du soir à l’intention des Granbyens  analphabètes.</p>
<div id="attachment_3342" class="wp-caption alignleft" style="width: 226px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/01/P070-H026-E1-3.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3342  " title="P070-H026-E1-3" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/01/P070-H026-E1-3-300x205.jpg" alt="classe de garçon de l’école Saint-Bernardin de Waterloo" width="216" height="148" /></a><p class="wp-caption-text">© Une des classes de l’école Saint-Bernardin. ( Archives Société d&#39;histoire de la Haute-Yamaska)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Les Maristes s’installent au Québec en 1885 à la  requête de Mgr Zéphirin Moreau, évêque de Saint-Hyacinthe. Quatre ans  plus tard, J.-C. Bernard, curé de Saint-Bernardin et président du syndic  d’école de Waterloo, s’adresse au provincial des frères maristes pour  lui demander trois religieux pour prendre en charge l’école primaire des  garçons, dirigée depuis 1885 par les Sœurs des  Très-Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie.</p>
<div id="attachment_3343" class="wp-caption alignright" style="width: 226px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/01/P094-SAlbum-P18.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3343  " title="P094-SAlbum-P18" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/01/P094-SAlbum-P18-300x191.jpg" alt="La deuxième école de garçons de Waterloo, construite en 1924. (© Fonds Ronald Parisien, SHHY)" width="216" height="138" /></a><p class="wp-caption-text">© La deuxième école de garçons de Waterloo, construite en 1924. (Fonds Ronald Parisien, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le mois suivant la réouverture  de l’école sous la direction des frères, en septembre 1889, l’inspecteur  Ruel ne tarit pas d’éloges sur l’enseignement qu’ils y professent. En  1894, l’école compte 108 élèves, dont 28 en première année, 36 en  deuxième et 44 en troisième.</p>
<p style="text-align: justify;">À Granby, c’est en 1890 que les  frères s’installent dans le tout nouveau collège bâti par les Syndics,  sur la rue Saint-Joseph. La mission éducative qu’ils y poursuivent est  plus étendue qu’à Waterloo, puisqu’on leur remet aussi la responsabilité  de l’éducation supérieure des garçons catholiques. L’entente qui lie  les deux parties stipule qu’en retour de la propriété du collège, les  frères maristes s’engagent à donner un cours commercial et industriel  complet, « français et anglais sur le même pied », et à établir un  pensionnat à leurs risques. Ils devront aussi enseigner à l’élémentaire  dans un local du collège, ce pour quoi ils recevront 400 $ par année de  la commission scolaire.</p>
<div id="attachment_3356" class="wp-caption alignleft" style="width: 241px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/01/P011-S002-D007-P001.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3356   " title="P011-S002-D007-P001" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/01/P011-S002-D007-P001-300x183.jpg" alt="Le collège Saint-Joseph fut dirigé par les frères Maristes de 1890 à 1911. " width="231" height="141" /></a><p class="wp-caption-text">© Le collège Saint-Joseph fut dirigé par les frères maristes de 1890 à 1911. Il était situé rue Saint-Joseph, à l’emplacement du Cégep de Granby-Haute-Yamaska. (Fonds Germain Fortin, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le collège Saint-Joseph ouvre ses portes  en septembre 1890 avec 245 élèves, répartis en cinq classes. En 1906, 16  frères enseignent à 400 élèves, dont seulement 47 sont pensionnaires.  Le programme d’étude proposé par les Maristes est moderne et varié :  commerce, télégraphie, dessin ornemental et géométrique, physique et  chimie, arpentage sur le champ, formation littéraire et artistique,  musique théorique et pratique, entre autres matières.</p>
<p style="text-align: justify;">L’implication  des Maristes dans la société granbyenne est remarquable. Ils  participent, par exemple, à la vie culturelle en aidant les jeunes du  Club franco-canadien à produire des spectacles. Dans le but d’améliorer  la formation des ouvriers, ils fondent aussi une École d’arts et métiers  au début des années 1890. Mais leur plus grande réalisation demeure  incontestablement la mise sur pied d’une École du soir, en novembre  1906, pour lutter contre l’analphabétisme. Dès l’ouverture des cours,  une centaine d’étudiants s’y inscrivent; à la surprise générale, peu  d’entre eux auront abandonné leurs études après les cinq mois  réglementaires. La commission scolaire catholique, enthousiasmée par tant  de succès, fournira dès l’année suivante aux frères maristes le local,  le chauffage et l’éclairage. Avec 111 inscriptions à l’automne 1907,  l’École du soir est devenue « le grand sujet de conversation dans notre  classe ouvrière », indique le <em>Journal de Waterloo</em>. En avril  1908, lors de la distribution des prix marquant la fin des cours,  plusieurs élèves, analphabètes au départ, ont pu lire, sous les  applaudissements de la foule, des textes en français et en anglais.</p>
<div id="attachment_3359" class="wp-caption aligncenter" style="width: 280px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/01/P095.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3359   " title="P095" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/01/P095-300x167.jpg" alt="« Souvenir de la 1er année de la fanfare du collège St-Joseph dirigée par les frères Maristes à Granby »" width="270" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">© « Souvenir de la 1re année de la fanfare du collège St-Joseph dirigée par les frères Maristes à Granby » (Fonds Harmonie de Granby, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">L’expérience  d’enseignement des frères maristes à Granby allait se terminer  tragiquement. Dans la nuit du 4 au 5 janvier 1911, au cours de la  période des vacances d’hiver, un incendie rase le collège et emporte  dans la mort le frère Marie-Léoncien. Le collège Saint-Joseph en ruines,  530 élèves se retrouvent sans maison d’éducation. Pour ajouter à  l’infortune, des désaccords surgissent entre la commission scolaire et  les Maristes à propos du pensionnat et des conditions de la réouverture.  D’un commun accord, mais avec un peu d’amertume de la part des frères,  on préfère résilier l’entente de 1890. Les commissaires, qui doivent  réagir rapidement, se tournent alors vers les Frères du Sacré-Cœur, qui  acceptent les conditions refusées par les Maristes et reprennent en main  l’éducation des garçons catholiques en septembre 1912.</p>
<div id="attachment_3361" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/01/P070-CP-mariste.jpg"><img class="size-medium wp-image-3361" title="P070-CP-mariste" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/01/P070-CP-mariste-300x180.jpg" alt="" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">© Les ruines du collège Saint-Joseph. (Archives Société d&#39;histoire de la Haute-Yamaska)</p></div>
<p style="text-align: justify;">En 1953,  sous la pression d’anciens élèves, les frères maristes reviennent à  Granby pour prendre en charge les écoles primaires Saint-Benoît et  Notre-Dame de Fatima et l’externat Mgr Prince. Relevant directement du  séminaire de Saint-Hyacinthe, l’externat permettait aux garçons de  Granby de suivre les quatre premières classes du cours classique,  éléments latins, syntaxe, méthode et versification. Pour les frères, il  s’agissait en quelque sorte d’un retour aux sources.</p>
<div id="attachment_3364" class="wp-caption alignright" style="width: 280px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/01/P052College-Mgr-Prince.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3364 " title="P052 College-Mgr-Prince" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/01/P052College-Mgr-Prince-300x142.jpg" alt="Le collège Mgr Prince rue Dufferin à Granby. (© Fonds Valère Audy, SHHY)" width="270" height="128" /></a><p class="wp-caption-text">© Le collège Mgr Prince rue Dufferin à Granby, vers 1956. (Fonds Valère Audy, SHHY)</p></div>
<p>Mario Gendron</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Au temps du chemin de fer</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Dec 2011 20:28:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Johanne Rochon</dc:creator>
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		<description><![CDATA[À une époque où l’automobile ne régnait pas encore en maître, le chemin de fer était au cœur de la vie économique, sociale et culturelle de la région. Ainsi, depuis l’établissement du réseau ferroviaire, en 1859, jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, le train et le tramway seront les modes de transport les plus utilisés pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>À une époque où l’automobile ne régnait pas encore en maître, le chemin de fer était au cœur de la vie économique, sociale et culturelle de la région. Ainsi, depuis l’établissement du réseau ferroviaire, en 1859, jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, le train et le tramway seront les modes de transport les plus utilisés pour le déplacement des gens et des marchandises. Dans la Haute-Yamaska, quelques compagnies ferroviaires vont se disputer le privilège d’accomplir cette fonction essentielle: Stanstead, Shefford &amp; Chambly Railroad(1859), South Eastern Railway(1879), Canadien Pacifique(1888), <a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2010/04/Vol7n4.pdf" target="_blank">Montreal &amp; Southern Counties Railway</a>(1916). Cette exposition photographique virtuelle se veut un bref retour en images et en quelques mots </em>Au temps du chemin de fer<em>. MG </em></p>
<p><em><img class="size-thumbnail wp-image-3233 alignleft" title="Chemin-de-fer2" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/12/Chemin-de-fer2-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /><br />
</em></p>
<h2><span style="color: #808000;">Au temps du chemin de fer</span><em> </em></h2>
<h3><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/12/Diaporama1.exe">D</a><em><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/12/Diaporama1.exe">iaporama</a></em></h3>
<h3><a href="http://www.shhy.info/histoire-en-ligne/au-temps-du-chemin-de-fer">S<em>ans téléchargement</em></a><em><br />
</em></h3>
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		<title>Nouvelles brèves</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Nov 2011 21:43:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Johanne Rochon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Granby]]></category>
		<category><![CDATA[Roxton Pond]]></category>
		<category><![CDATA[Stanley]]></category>
		<category><![CDATA[Waterloo]]></category>

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		<description><![CDATA[© 65, rue Dufferin. Ernest Boivin, maire, construit cette résidence en 1924. (Photo Chantal Lefebvre, SHHY) ♦ L’inventaire patrimonial de Granby va bon train : des deux cents propriétés retenues,  75 % ont déjà fait l’objet d’une recherche historique. Pour sa part, Chantal Lefebvre, notre consultante en patrimoine, poursuit la photographie des propriétés choisies, qu’il s’agisse d’édifices [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="mceTemp" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_3182" class="wp-caption alignright" style="width: 160px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/65-Dufferin.jpg" target="_blank"><img class="size-thumbnail wp-image-3182      " title="65-Dufferin" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/65-Dufferin-150x150.jpg" alt="Résidence Ernest Boivin 1924" width="150" height="150" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">© 65, rue Dufferin. Ernest Boivin, maire, construit cette résidence en 1924. (Photo Chantal Lefebvre, SHHY)</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">♦ L’<strong>inventaire patrimonial de Granby</strong> va bon train : des deux cents propriétés retenues,  75 % ont déjà fait l’objet d’une recherche historique. Pour sa part, Chantal Lefebvre, notre consultante en patrimoine, poursuit la photographie des propriétés choisies, qu’il s’agisse d’édifices publics, de commerces, d’industries ou de maisons, propriétés qu’elle évalue et hiérarchise grâce à une grille d’analyse des plus strictes. Le travail devrait être terminé au printemps.</p>
<div id="attachment_3184" class="wp-caption alignleft" style="width: 130px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/P063-S6-SS1-SSS3-D17-P11.jpg" target="_blank"><img class="size-thumbnail wp-image-3184 " title="P063-S6-SS1-SSS3-D17-P11" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/P063-S6-SS1-SSS3-D17-P11-150x150.jpg" alt="" width="120" height="120" /></a><p class="wp-caption-text">© 105, rue Elgin. La maison de Marcel Leclerc construite en 1957 à partir des plans de l&#39;architecte Paul-O. Trépanier. (Fonds Paul-O. Trépanier, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>♦ France Vanlaethem</strong>, professeure à l’UQAM, travaille actuellement à la publication d’un livre sur le <strong>patrimoine moderne du Québec</strong>. Dernièrement, elle a pris contact avec la SHHY afin d’obtenir de l’information et des photos sur certaines des œuvres bâties de l’architecte bien connu <a href="http://www.shhy.info/fonds-et-collections-d-archives/metiers-et-professions/fonds-paul-olivier-trepanier"><strong>Paul-O. Trépanier</strong></a> afin de les inclure dans son ouvrage.</p>
<div id="attachment_3185" class="wp-caption alignright" style="width: 130px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/P063-S6-SS1-SSS3-D26-P2.jpg" target="_blank"><img class="size-thumbnail wp-image-3185 " title="P063-S6-SS1-SSS3-D26-P2" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/P063-S6-SS1-SSS3-D26-P2-150x150.jpg" alt="dôme géodésique du Zoo de Granby" width="120" height="120" /></a><p class="wp-caption-text">Le dôme géodésique du Zoo de Granby réalisé en 1963 par Paul-O. Trépanier. (Fonds Paul-O. Trépanier, SHHY) </p></div>
<p style="text-align: justify;">Elle désirait également savoir si quelques-unes des réalisations architecturales de M. Trépanier avaient été reconnues d&#8217;intérêt patrimonial par la Ville de Granby.</p>
<p style="text-align: justify;">On se souviendra que, voilà quelques années, ce dernier avait remis à notre service d’archives tous ses plans d’architecte ainsi que plusieurs dessins et photos de ses réalisations. Il s’agit d’un fonds d’archives d’une grande importance pour l’histoire de notre région et du Québec.</p>
<div id="attachment_3198" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/Eglise-N-D-Int-1a.jpg" target="_blank"><img class="size-thumbnail wp-image-3198  " title="Eglise-N-D-Int" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/Eglise-N-D-Int-1a-150x150.jpg" alt="église Notre-Dame de Granby" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">© L&#39;église Notre-Dame de Granby. (Photo Chantal Lefebvre, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">♦ Il est plutôt rare de pouvoir consulter des documents qui remontent au début de la colonisation canadienne-française de notre territoire. C’est pourtant ce que nous offrent les <strong>archives de la</strong> <strong>paroisse Notre-Dame de Granby</strong>, acquises dernièrement.Totalisant environ un mètre linéaire de documents, on y trouve, entre autres, des procès-verbaux, des registres d’associations paroissiales, des agendas de curé, des plans (église, presbytère), des photos. Les plus anciens documents remontent à <strong>1842</strong>, l’année où les catholiques se dotaient d’une mission sous le vocable de Très-Saint-et-Immaculée-Cœur-de-Marie de Granby, dont le territoire englobait les cantons de Granby (Granby, Saint-Alphonse), de Shefford (Waterloo, Warden, Saint-Joachim et Bromont) et une partie de Roxton (Roxton Pond). Ces archives constituent une source d’information unique sur les <strong>premières familles canadiennes-françaises </strong>établies en région.<strong> </strong></p>
<div id="attachment_1460" class="wp-caption alignright" style="width: 160px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2010/09/Usine-Stanley2006.jpg" target="_blank"><img class="size-thumbnail wp-image-1460  " title="Usine Stanley, 2006" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2010/09/Usine-Stanley2006-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">© L&#39;usine Stanley. (Photo Chantal Lefebvre, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">♦ Comme vous le savez sans doute, le propriétaire de <strong>l’édifice <a href="http://www.shhy.info/histoire/la-stanley-de-roxton-pond-un-joyau-de-notre-patrimoine-regional">Stanley de Roxton Pond</a></strong> se propose de démolir l’usine de pierre construite en 1907 s’il n’arrive pas à lui trouver une vocation. Si la SHHY comprend les raisons qui ont conduit le propriétaire à prendre cette décision, elle déplore qu’on en soit venu à considérer cette possibilité. Car la Stanley est un joyau de notre <strong>patrimoine régional</strong>, au même titre que la <a href="http://www.shhy.info/patrimoine/asa-belknap-foster-waterloo-et-le-couvent-maplewood"><strong>résidence Foster/couvent Maplewood de Waterloo</strong></a>. Mais tout n’est pas perdu puisque Jacques Renaud, un citoyen de Roxton Pond, a pris l’initiative de mettre sur pied un comité pour assurer la pérennité de l’édifice patrimonial. Trouver une ou diverses utilités à l’ancienne usine, la faire connaître du grand public et dénicher les ressources financières pour en assurer la mise en valeur sont les principaux objectifs poursuivis par ce comité. Déjà, plusieurs personnes ont manifesté de l’intérêt pour ce sauvetage. À tous ceux qui voudraient faire parvenir un mot d’encouragement au <strong>Comité d’aide à la sauvegarde de la Stanley</strong> ou qui, encore, aimeraient s’y joindre, vous pouvez adresser votre courriel à l’adresse suivante : <a href="mailto:cacsroxton@hotmail.ca">cacsroxton@hotmail.ca</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">♦ Je suis présentement à la recherche d’une personne qui connaît la plate-forme de notre site Web, WordPress, afin d’y installer une base de données de photos dotée d’un module de recherche qui ressemblerait à ceux-ci :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.etrc.ca/fr/service-darchives/sources-en-ligne/photos.html" target="_blank">http://www.etrc.ca/fr/service-darchives/sources-en-ligne/photos.html</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://mauricie.cieq.ca/icono_rechercher.php" target="_blank">http://mauricie.cieq.ca/icono_rechercher.php</a></p>
<p style="text-align: justify;">Pour me contacter : <a href="mailto:johanne.rochon@shhy.info">johanne.rochon@shhy.info</a></p>
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		<title>Moralité contre modernité: un combat perdu d’avance</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Nov 2011 20:04:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mario Gendron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Moralité]]></category>
		<category><![CDATA[Granby]]></category>

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		<description><![CDATA[Au cours des années 1950, de nombreuses associations conservatrices catholiques de Granby et de la région tentent par tous les moyens dont elles disposent de contrer les influences néfastes du matérialisme à l’américaine que le cinéma, la télévision, la radio et les magazines véhiculent. Flairant peut-être le vent de changement qui balaiera le Québec au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Au cours des années 1950, de nombreuses <strong>associations conservatrices catholiques de Granby</strong> et de la région tentent par tous les moyens dont elles disposent de contrer les influences néfastes du matérialisme à l’américaine que le cinéma, la télévision, la radio et les magazines véhiculent. Flairant peut-être le vent de changement qui balaiera le Québec au cours de la décennie suivante, ceux qui associent <strong>modernité et péché</strong> partiront en croisade afin de retarder le déclin d’une époque où l’Église catholique tenait le haut du pavé sur les questions de morale et de comportement. Cependant, malgré la multiplication des directives et des interdits, des indulgences et des sanctions, la démarche des ecclésiastiques et de leurs collaborateurs n’aura pas les résultats escomptés, la population devenant de plus en plus sourde à leurs appels.</p>
<div id="attachment_3136" class="wp-caption alignright" style="width: 280px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/P070-S027-SS021-SSS3-D1-15.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3136   " title="P070-S027-SS021-SSS3-D1-15" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/P070-S027-SS021-SSS3-D1-15-300x202.jpg" alt="Piscine Horner" width="270" height="182" /></a><p class="wp-caption-text">À la piscine Horner, les enfants sont répartis selon leur sexe. (SHHY)</p></div>
<div id="attachment_3132" class="wp-caption alignright" style="width: 253px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/P070-S027-SS022-SSS7-D7-P00.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3132     " title="P070-S027-SS022-SSS7-D7-P00" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/P070-S027-SS022-SSS7-D7-P00-300x200.jpg" alt="Piscine Miner" width="243" height="162" /></a><p class="wp-caption-text">L’installation d’une toile pour cacher les baigneurs à la vue des badauds, une mesure qui reste en vigueur pendant plusieurs années à la piscine Miner. (SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">La vague moralisatrice qui déferle sur le Québec au cours des années 1950 n’est pas sans précédent, mais elle se distingue par son ampleur et son intensité. De tous les problèmes qui se posent à l’Église et à ses alliés, ceux qui ont trait à la sexualité paraissent les plus obsédants. C’est ce que montre, en juillet 1949, le dépôt par 42 mouvements sociaux et religieux de Granby d’une requête de 1 200 noms au Conseil municipal pour réclamer l’interdiction des <strong>baignades mixtes</strong> à la piscine municipale, et même l’installation d’une toile pour cacher les baigneurs à la vue des badauds, une mesure qui reste en vigueur pendant plusieurs années.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1953, les même groupes, formés en comité, se donnent pour objectif de bannir la <strong>littérature indécente et violente</strong> des kiosques à journaux de la ville. Croulant sous les requêtes, la municipalité emboîte le pas en 1955 et commande à sa police d’inspecter et « nettoyer » les kiosques à journaux deux fois par semaine, en se référant à la liste des publications mensuelles ou hebdomadaires interdites fournie par la Sûreté provinciale. Il arrive cependant que la police de Granby agisse de son propre chef, comme lorsqu’elle procède à la saisie du <em>Annual Photographic Magazine 1956</em> dans le commerce de Marcel H., une publication de photos d’art qui, pourtant, n’apparaît pas sur la liste noire provinciale. À cette occasion, le juge Georges Dureault de la Cour municipale condamnera le commerçant à une amende de 100 $ ou à un mois d’incarcération à la prison de Sweetsburg.</p>
<div id="attachment_3126" class="wp-caption alignleft" style="width: 296px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/P070-S027-SS024-SSS3-D2-P01.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3126 " title="P070-S027-SS024-SSS3-D2-P01" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/P070-S027-SS024-SSS3-D2-P01-286x300.jpg" alt="Policiers de Granby, 1958" width="286" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Les forces policières de Granby à la recherche de publications indécentes.(Photo La Voix de l&#39;Est, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Dans ce climat de chasse aux sorcières, la situation des <strong>homosexuels</strong>, déjà difficile, devient intenable. Ainsi, en novembre 1953, l’escouade des crimes contre nature de la Sûreté provinciale est appelée en renfort afin de mettre un terme aux agissements de sept homosexuels âgés de 16 à 24 ans, soupçonnés d’avoir commis leurs « méfaits » dans un local de la rue York où se réunissent les culturistes. Le détective Marcel Desjardins déclare alors : « Il appert que ce crime de la plus grande bassesse et des plus éhontés se pratiquait dans notre ville depuis le mois de mai dernier ». Les sept jeunes hommes seront incarcérés à Sweetsburg en attendant d’être traduits en justice.</p>
<p style="text-align: justify;">La <strong>danse</strong> est également suspecte aux yeux de l’Église, car elle serait « le moyen le plus efficace pour éveiller chez l’homme l’appétit sexuel », affirme en 1955 Mgr René Gagner, curé de Notre-Dame. Mais les danseurs ne sont pas les seuls coupables : propriétaires de salles et musiciens portent une responsabilité aussi lourde. La musique rock’n roll et western est également proscrite de tous les établissements licenciés du district de Bedford et on cherche, de surcroît, à la bannir des rues et des patinoires.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant au port du <strong>« short »</strong> par les jeunes femmes, il inquiète les autorités religieuses et civiles de Granby, au point qu’on adopte des règlements municipaux pour les interdire en 1949, 1953 et 1956. En cette matière, toute offense peut entraîner une amende de 40 $ ou un maximum de deux mois de prison.</p>
<div id="attachment_3143" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/P070-S027-SS021-SSS3-D7-P00.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3143 " title="P070-S027-SS021-SSS3-D7-P00" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/P070-S027-SS021-SSS3-D7-P00-300x192.jpg" alt="Le Centre familial de Granby" width="300" height="192" /></a><p class="wp-caption-text">Le Centre familial de Granby, fondé en 1953, s&#39;est donné pour mission de protéger les familles de condition modeste contre les &quot;pires agents du vice qu&#39;on ait jamais vus&quot;. (Photo La Voix de l&#39;Est, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Bien que la répression reste l’arme principale des forces moralisatrices, elles tentent aussi d’agir en créant les conditions favorables au maintien des bonnes moeurs et de l’ordre. C’est d’ailleurs dans ce but qu’est fondé, en 1953, le <a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2010/04/vol7no2.pdf" target="_blank"><strong>Centre familial de Granby</strong></a> par quelques catholiques de la jeune paroisse ouvrière Saint-Joseph. Le but du Centre est d’offrir aux familles de condition modeste un endroit où se divertir et profiter des joies du camping et de la baignade, tout en les protégeant des assauts perfides de la modernité. Paru en 1958, un texte intitulé <em>Le Centre familial de Granby Inc. Son origine, son but, ses projets</em> est sans équivoque à cet égard. Aujourd’hui que « les mœurs se sont relâchées », y lit-on, que « les grills, les drive-in, les plages publiques, les salles de danse, les excursions en auto » sont une menace constante au <strong>maintien des bonnes mœurs</strong>, « les forces du bien doivent lutter plus que jamais contre les forces du mal déchaînées » et faire front commun contre les « pires agents du vice qu’on ait jamais vus ».</p>
<div id="attachment_3148" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/P183-P4.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3148 " title="P183-P4" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/11/P183-P4-300x161.jpg" alt="Le stadium de Granby" width="300" height="161" /></a><p class="wp-caption-text">Au cours des années 1950, on tente d&#39;enrayer le blasphème dans tous les endroits publics de la ville, comme le montre cette affiche installée dans le Stadium de la rue Laval. (Fonds Patrick Gaudreau, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Or la multiplication des attaques moralisantes, loin d’exprimer un renforcement des valeurs qui les sous-tendent, est un signe manifeste de l’écart de plus en plus grand qui se creuse entre la population et l’Église sur les questions de comportement. Car si cette dernière condamne la danse comme l’œuvre du démon, il n’empêche que les cabarets de Granby affichent complet tous les samedis soirs et que même les membres des mouvements d’action catholique s’y adonnent librement; et lorsque les forces conservatrices pensent avoir gagné la bataille de la piscine municipale en empêchant les baignades mixtes, les couples, en réaction, cessent de s’y rendre et obligent la Ville à réviser sa position; l’interdiction des jeux de hasard n’a pas plus de succès : en 1956, après des années de répression policière et de dénonciation religieuse, on trouve toujours une centaine de machines à boules à Granby qui engloutissent 100 000 $ annuellement. Et que dire des « shorts » que les jeunes femmes continuent de porter malgré les interdits et les amendes, de la musique rock’n roll dont la popularité augmente sans cesse, du cinéma étranger que tous s’empressent d’aller voir, du <strong>blasphème</strong>, « répandu dans nos usines, nos restaurants et nos “pool rooms” », que personne n’arrive à éradiquer, des comités de morale dont l’existence est toujours éphémère. La liste des échecs pourrait s’allonger.</p>
<p style="text-align: justify;">Au cours des années 1950, la <strong>modernité</strong> s’infiltre dans tous les interstices de l’édifice social et de moins en moins de personnes savent résister à ses attraits. Bientôt, les années 1960 feront se réaliser les visions de fin du monde tant de fois évoquées par le clergé à propos des menaces que le matérialisme et la libération des mœurs font peser sur l’Église et ses fidèles.</p>
<p>Mario Gendron</p>
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		<title>Jérémia Duhamel, l’échevin du peuple (1936-1945)</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Oct 2011 19:17:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mario Gendron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[crise économique]]></category>
		<category><![CDATA[Granby]]></category>
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		<description><![CDATA[Au cours des années tourmentées de la Crise et de la Deuxième Guerre mondiale, Jérémia Duhamel (1905-1971) s’est imposé comme le porte-parole des travailleurs et des gagne-petit au sein du conseil municipal de Granby. Sous les administrations successives de Joseph-Hermas Leclerc et de Horace Boivin, ce travailleur d’usine déterminé à améliorer le sort de ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3086" class="wp-caption alignleft" style="width: 208px"><img class="size-medium wp-image-3086      " title="P070-S027-SS003-SSS1-D20-P8" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/10/P070-S027-SS003-SSS1-D20-P8-198x300.jpg" alt="Jérémia Duhamel, conseiller municipal de Granby" width="198" height="300" /><p class="wp-caption-text">Jérémia Duhamel, 1905-1971 (Photo : La Voix de l&#39;Est, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Au cours des années tourmentées de la  Crise et de la Deuxième  Guerre mondiale, Jérémia Duhamel (1905-1971) s’est imposé comme le <strong>porte-parole des travailleurs et des gagne-petit </strong>au sein du conseil municipal de Granby. Sous les administrations successives de Joseph-Hermas Leclerc et de Horace Boivin, ce travailleur d’usine déterminé à améliorer le sort de ses commettants, presque tous ouvriers comme lui, a su imposer son programme politique par la simple force de ses idées et de ses principes, participant à sa manière au renouveau ouvriériste qui s’était emparé de la ville au milieu des années 1930. Si l’instruction lui faisait défaut — il avait commencé à travailler à l’usine à l’âge de 11 ans —, Jérémia Duhamel ne manquait certainement pas de courage et il n’a jamais hésité à livrer bataille à quiconque entravait le chemin qu’il s’était tracé, fut-il maire ou notable, suscitant le respect de ses adversaires et l’admiration de ses concitoyens.</p>
<p style="text-align: justify;">Pressentant sans doute son inclination à aider les autres, le maire <a href="http://www.shhy.info/fonds-et-collections-d-archives/entreprises/fonds-les-laiteries-leclerc">J.-H. Leclerc</a> nomme Jérémia Duhamel président du <strong>Comité des indigents</strong> dès son élection comme <strong>conseiller municipal du quartier ouest</strong>, le plus ouvrier de la ville, en janvier 1936. Alors que la crise économique de 1929 entre dans son dernier droit, toujours accompagnée de son cortège de misère, les efforts que déploie le nouvel élu dans la défense des chômeurs et des plus démunis force l’attention de <em>La Voix</em><em> de l’Est</em> qui, aussi tôt qu’en février, titre : « L’échevin Duhamel fait bonne figure ». L’homme n’a pas fini de faire la manchette.</p>
<div id="attachment_3111" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/10/P123CDPorterSHHY.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3111   " title="P123CDPorterSHHY" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/10/P123CDPorterSHHY-300x196.jpg" alt="Hôtel de Ville de Granby" width="300" height="196" /></a><p class="wp-caption-text">L’Hôtel de Ville de Granby. (Fonds Clinton D. Porter, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Au cours de la Crise, en l’absence de programmes d’assurance-emploi et d’assistance sociale, et avec la charité privée bien impuissante à combler tous les besoins, ce sont les secours directs qui assurent aux personnes sans travail l’habillement, l’alimentation, le combustible et un abri, ou leur équivalent. Les coûts du système se partagent entre les trois niveaux de gouvernement, son financement quotidien étant assuré par des emprunts municipaux. Alors que la loi ne le prévoit pas, Granby se considère en droit d’exiger des chômeurs qu’ils travaillent pour son compte en retour des secours directs. Ainsi, chaque chômeur bénéficiaire devra travailler au moins 16 heures par semaine pour la Ville. Cette politique de travail compensatoire sera poursuivie sans relâche jusqu’à la guerre 1939-1945.</p>
<p style="text-align: justify;">Si Jérémia Duhamel ne conteste pas le bien-fondé du travail compensatoire, il n’hésite pas, en juillet 1936, à remettre en cause la rétribution versée aux bénéficiaires des secours directs, la jugeant largement insuffisante.  Ainsi, s’indigne-t-il que Granby verse 3,42 $ par semaine par personne en aide de dernier recours, alors qu’à Saint-Jean, une ville de dimension comparable, chaque prestataire reçoit 7,39 $.  Plaidant pour un rehaussement des  contributions municipales, il ose lancer la question : « Pourquoi crier que l’on court à la ruine? », faisant une allusion à peine voilée à la politique d’austérité instaurée par le maire Leclerc depuis 1933, qui ne devait jamais lui pardonner cet affront public.</p>
<div id="attachment_3106" class="wp-caption alignright" style="width: 250px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/10/CarteGranby19321.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3106 " title="Granby 1932" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/10/CarteGranby19321-300x261.jpg" alt="" width="240" height="209" /></a><p class="wp-caption-text">(Granby, Que., march 1932, Underwriters Survey Bureau, Montréal)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Comme président du Comité des indigents, Jérémia Duhamel fait tout en son pouvoir pour <strong>trouver du travail aux chômeurs</strong>. Avec cet objectif en vue, il réussit l’exploit, en 1937, de faire approuver le prolongement de la rue Notre-Dame jusqu’à la rue Robinson, un projet recommandé sans résultat par l’ingénieur de la Ville depuis 12 ans. Au printemps de 1938, il propose toute une série de <strong>travaux de secours directs</strong> qui, pour la plupart, sont approuvés: pavage de rues, réfection de trottoirs, réparation et installation d’égouts, ouverture de la rue Nicol de Saint-Hubert à Saint-Charles, entre autres réalisations. Il s’intéresse aussi au mouvement de <strong>colonisation de l’Abitibi</strong>, convaincu que le métier de cultivateur est, somme toute, moins ingrat que l’état de chômeur permanent. Quelques familles de Granby suivront son conseil et partiront refaire leur vie sur les terres encore inexploitées du Nord québécois.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque la Crise laisse place à la Deuxième Guerre mondiale, quelque mois après que <a href="http://www.shhy.info/fonds-et-collections-d-archives/politique/fonds-horace-boivin">Horace Boivin</a> ait remplacé J.-H. Leclerc à la mairie de Granby, Jérémia Duhamel montre qu’il n’a pas l’intention de changer d’orientation politique. Car malgré la reprise de l’emploi, la misère est partout, affirme-t-il lors d’une intervention remarquée au conseil municipal : elle « existe dans plusieurs foyers de nos employés municipaux et même dans plusieurs foyers d’ouvriers qui travaillent dans les manufactures. Ce n’est pas une constatation faite à la légère, vous le savez aussi bien que moi », conclut-t-il, accusateur, en s’adressant aux élus.</p>
<p style="text-align: justify;">Intéressé par la question du logement, Jérémia Duhamel propose en 1939 qu’on interdise toute <strong>construction résidentielle</strong> de moins de 2 000 $ afin, dit-il, d’éviter la multiplication des taudis; en 1942, il se fait précurseur en militant pour la construction de maisons à un étage (bungalows), jusque-là interdites dans la ville. Selon l’opinion qu’il exprime à ce moment, « cela permettrait à des gens moins fortunés, qui ne peuvent avoir une maison à deux étages, de se loger convenablement ». Malgré une étude sur cette proposition, ce n’est qu’en 1951 que le sujet des bungalows revenait à l’ordre du jour au conseil municipal.</p>
<p style="text-align: justify;">Jérémia Duhamel connaît aussi l’amertume de la défaite, certaines de ses initiatives n’arrivant pas à rallier l’ensemble du Conseil ou la population. En 1938, la bataille qu’il mène pour faire adopter la rémunération des conseillers municipaux et du maire, une proposition battue à 306 voix contre 101 lors d’un référendum tenu en août, constitue sans doute le plus cuisant de ses revers. L’affaire fut d’autant plus humiliante pour Jérémia Duhamel qu’il avait promis de démissionner advenant le rejet de son option, mais sans s’exécuter après-coup, une volte-face que n’avait pas manqué de lui reprocher l’ex-maire J.-H. Leclerc en 1942, lors d’un acrimonieux débat à propos des finances de la Ville.</p>
<div id="attachment_3093" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/10/P070-S027-SS003-SSS1-D20-P11.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3093    " title="P070-S027-SS003-SSS1-D20-P1" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/10/P070-S027-SS003-SSS1-D20-P11-300x231.jpg" alt="Marché public de Granby" width="300" height="231" /></a><p class="wp-caption-text">Le marché public de Granby, dans l’aréna de la rue Court, novembre 1950. (Collection Bertha Duhamel, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Quant au projet avorté d’établir un <strong>marché public</strong> à Granby, dont Jérémia Duhamel s’était fait le chantre dès 1936, convaincu des bienfaits économiques qu’il pourrait apporter à la classe ouvrière comme aux cultivateurs, l’homme allait revenir à la charge en 1949, soit quatre ans après avoir quitté l’Hôtel de ville, et gagner son pari. Prudente, la municipalité décidait à cette occasion d’installer le <a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2010/04/Vol7n4.pdf">marché public</a> dans l’aréna de la rue Court, afin d’en vérifier à l’avance la  popularité. Dès le début, en 1950, l’aventure commerciale s’avère un succès. En 1952, sans doute attirées par le slogan « Ouvriers, économisez de 10 à 30 % sur l’achat de vos victuailles », 5 000 à 6 000 familles  s’approvisionnent au marché public deux fois par semaine, les mardis et les samedis, auprès de 200 cultivateurs de la  région.</p>
<div id="attachment_3096" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/10/P070-S027-SS3-SSS1-D20-P2.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3096  " title="P070-S027-SS3-SSS1-D20-P2" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/10/P070-S027-SS3-SSS1-D20-P2-300x196.jpg" alt="Le marché public," width="300" height="196" /></a><p class="wp-caption-text">Le marché public, rue Racine, 1954-1974. (Photo: La Voix de l&#39;Est, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">En 1953, l’expérience de l’aréna s’avérant concluante, la Ville accordait un permis à Jérémia Duhamel l’autorisant à construire, sur la rue Racine, un édifice en blocs de ciment de 200 X 50  pieds pour y installer le marché public. À partir de novembre 1954, une centaine de cultivateurs pourront y écouler leurs produits. L’aventure commerciale prenait fin en 1974, trois ans après la mort de l’initiateur du projet.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<div id="attachment_3101" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/10/P070-S027-SS003-SSS1-D20-P0.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-3101  " title="P070-S027-SS003-SSS1-D20-P0" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2011/10/P070-S027-SS003-SSS1-D20-P0-300x157.jpg" alt="Le marché public, rue Racine" width="300" height="157" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;intérieur du marché public, rue Racine. Au centre gauche, Jérémia Duhamel. (Photo: La Voix de l&#39;Est, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">La mémoire collective a surtout retenu de Jérémia Duhamel son rôle comme fondateur du marché public et comme homme d’affaires avisé.   Ce texte voulait ajouter une autre dimension au personnage, en montrant qu’il avait d’abord été et est toujours resté l’échevin du peuple.</p>
<p>Mario Gendron</p>
<p>&nbsp;</p>
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