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	<title>Société d&#039;histoire de la Haute-Yamaska</title>
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	<description>Histoire - Service d&#039;archives privées agréé - Préservation du patrimoine</description>
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		<title>Révolution tranquille et révolution communautaire à Granby</title>
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		<pubDate>Wed, 15 May 2013 17:03:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Johanne Rochon</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au cours de la Révolution tranquille, avec la prise en charge par l’État du système de santé et de l’ensemble des services sociaux essentiels, qu’on regroupe au sein du ministère des Affaires sociales en 1970, c’est tout le domaine des œuvres de bienfaisance et de la philanthropie qui doit se réorganiser. La générosité et le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Au cours de la Révolution tranquille, avec la prise en charge par l’État du système de santé et de l’ensemble des services sociaux essentiels, qu’on regroupe au sein du ministère des Affaires sociales en 1970, c’est tout le domaine des œuvres de bienfaisance et de la philanthropie qui doit se réorganiser. La générosité et le bénévolat gardent cependant toute leur pertinence, puisque les mesures de protection étatique établies au cours de cette période de changement sont loin d’endiguer la pauvreté et la détresse sociale. Par ailleurs, de nouvelles réalités, comme la transformation de la condition féminine et le vieillissement de la population, donnent des raisons d’être supplémentaires à l’action communautaire. Si bien que la période de la Révolution tranquille se caractérise par le foisonnement d’associations et d’organismes voués au soutien des plus faibles et des plus démunis, là où, hier encore, on ne trouvait que les <strong>Sœurs Auxiliatrices</strong>, la <strong>Saint-Vincent-de-Paul</strong>, les <strong>Chevaliers de Colomb</strong>, les <strong>clubs Kiwanis</strong> ou <strong>Richelieu</strong>.</p>
<div id="attachment_4518" class="wp-caption alignright" style="width: 280px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/P026-PopoteRoulante.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4518  " title="Noël 1979" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/P026-PopoteRoulante-300x202.jpg" alt="Centre d’action bénévole, Granby" width="270" height="182" /></a><p class="wp-caption-text">Le   Centre de bénévolat de Granby, qui devient le Centre d’action bénévole   en 1986, est créé à l’instigation de sœur Rachel Payment. La Popote   roulante, l’un des services mis en place par le Centre, distribue 4 553   repas en 1984. Ici, la directrice du centre, « Mimi » Duhamel s’adresse   aux aînés lors d’un repas offert à l’occasion de Noël 1979. (Fonds   Jeannot Petit, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Finalement, ce sont les ressources bénévoles du milieu, consacrées comme jamais aux problèmes de santé et d’aide sociale, qui permettent au concept d’État-providence de prendre tout son sens.</p>
<p style="text-align: justify;">Évincée de ses secteurs d’intervention traditionnels, l’Église demeure très présente dans le milieu des œuvres sociales ; elle doit cependant réorganiser son action en fonction des nouvelles réalités. Par exemple, ce sont les Sœurs Auxiliatrices, entourées de  laïques, qui mettent sur pied le <strong>Centre de bénévolat de Granby</strong>, en 1966. L’organisme, subventionné par la Fédération des œuvres du diocèse de Saint-Hyacinthe, a pour but de planifier l’action des bénévoles, les référant aux associations d’entraide où leur présence s’avère le plus nécessaire ; il offre aussi de l’aide familiale, un service d’escorte, des visites à domicile, parmi d’autres bienfaits.</p>
<div id="attachment_4522" class="wp-caption alignleft" style="width: 280px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/P026-750815-09.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4522 " title="P026-750815-09" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/P026-750815-09-300x164.jpg" alt="Le Jardin de Pipo" width="270" height="148" /></a><p class="wp-caption-text">Kermesse  du Jardin de Pipo, en 1975. Cet organisme, qui offre des activités aux  jeunes handicapés, est créé en 1968, par un groupe de jeunes, avec  l’appui du Centre de bénévolat.  (Fonds Jeannot Petit, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le Centre de bénévolat<sup>1</sup> contribue, en outre, à la mise sur pied de plusieurs organismes d’entraide, comme le <strong>Jardin de Pipo</strong> (1968), une garderie pour les jeunes handicapés, la <strong>Popote roulante</strong>, qui distribue des repas à domicile à des personnes en perte d’autonomie, et <strong>Carrefour Entraide</strong> (1983), un comptoir alimentaire qui deviendra <strong>SOS Dépannage</strong> en 1987.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1961, Granby est la quatrième ville canadienne à accueillir les Disciples d’<strong>Emmaüs</strong>, une œuvre de l’Abbé Pierre. Grâce à l’opération d’un comptoir de vêtements et de meubles usagés et à la récupération de carton et de tissus, l’organisme procure des logements salubres aux familles nombreuses et peu fortunées. Après la fermeture du comptoir de Granby, en 2000, les Disciples d’Emmaüs, autrefois si populaires, ne compteront plus que deux établissements au Canada.</p>
<div id="attachment_4529" class="wp-caption alignright" style="width: 280px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/P026-Sous_mon_toit.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4529 " title="Le Relais du jeune travailleur" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/P026-Sous_mon_toit-300x209.jpg" alt="" width="270" height="188" /></a><p class="wp-caption-text">C’est pour aider des jeunes travailleurs en difficulté temporaire que la Jeunesse ouvrière chrétienne JOC) fonde l’auberge Sous mon toit. Ici, plusieurs jeunes devant le centre administratif de la JOC, le Relais du jeune travailleur, sur la rue Notre-Dame. (Fonds Jeannot Petit, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Au cours de la décennie 1970, l’action des groupes populaires, le réveil des femmes et l’influence des mouvements de gauche donnent naissance à une nouvelle catégorie d’organismes voués à la défense des droits des travailleurs, à l’éducation en milieu défavorisé et à la condition féminine. <strong>L’auberge Sous mon toit</strong>, fondée en 1971 par la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) dans le but d’offrir un gîte temporaire aux jeunes travailleurs en difficultés, relève de cette nouvelle prise de conscience sociale et politique. C’est dans la même perspective que sont fondés le <strong>Comité d’entraide aux jeunes travailleurs de Granby</strong> et le <strong>Conseil d’entraide régional et familial de l’Estrie</strong>. Quant à l’entraide économique, elle s’organise autour du mouvement coopératif : <strong>Club coopératif de consommation des travailleurs de Granby</strong>, <strong>Association coopérative d’économie familiale (ACEF)</strong>, <strong>Coopérative régionale des consommateurs de la Haute-Yamaska</strong>, pour ne mentionner que quelques regroupements.</p>
<div id="attachment_4531" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/P026-CLAF.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4531 " title="P026-CLAF" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/P026-CLAF-300x205.jpg" alt="Comité locale d'action féminine" width="300" height="205" /></a><p class="wp-caption-text">À  l’occasion de l’Année internationale de la femme, en 1975, un groupe de  femmes de Granby organise des événements et des rencontres tout au long  de l’année. Par la suite, plusieurs de ces femmes se mobiliseront pour  créer le Comité local d’action féminine (CLAF ) qui deviendra  Informaction femme. Sur la photo, de gauche à droite : Andrée Feeley,  Ginette Laurin, Ghislaine Racine, Louise Girardot, Françoise Decroc,  Pierrette Lafleur et Simone Ruel. (Fonds Jeannot Petit, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">L’organisation des groupes d’entraide pour femmes prend sa source dans la révolution féministe  qui débute à la fin des années 1960. Déjà, en 1966, lors de sa création,  <strong>l’Association féminine pour l’éducation et l’action sociale (AFEAS),</strong> issue de la fusion des Cercles d’économie domestique et de l’Union catholique des fermières, adopte des points de vue et propose des solutions d’avant-garde pour aider ses membres à prendre leurs responsabilités de femmes et de citoyennes, et pour les inciter à participer à la vie communautaire<sup>2</sup>. Dans un esprit plus large, <strong>Informaction femme</strong>, née en 1976, soit un an après l’Année internationale des femmes, se donne pour but « de promouvoir le développement humain des femmes pour les amener à se réaliser pleinement [et] de les informer des ressources disponibles dans leur milieu »<sup>3</sup> ; ce sont des membres de la même association qui, quelque temps plus tard, organiseront le centre pour femmes <strong>Entre-elles</strong>. Toujours pendant les années 1970, l’ouverture de la garderie le <strong>Grand chapiteau</strong> et la fondation de <strong>l’Association des familles monoparentales</strong> rend compte des réalités que la femme moderne doit maintenant affronter.</p>
<div id="attachment_4542" class="wp-caption alignright" style="width: 280px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/P063-Le_Gregaire.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4542 " title="P063-Le_Gregaire" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/P063-Le_Gregaire-300x235.jpg" alt="" width="270" height="212" /></a><p class="wp-caption-text">Le  journal Le Grégaire, organe d’information du GOPG, voit le jour en juin  1977. Sa mission est de «permettre aux organismes de se faire  connaître, de communiquer entre eux et avec tous les citoyens de  Granby.» Le Grégaire vol. 1, no 1, p.1. (Fonds Paul O. Trépanier, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">En 1975, une vingtaine d’associations de la ville décident de rompre leur isolement et d’augmenter considérablement leur pouvoir d’intervention en se réunissant sous la direction du <strong>Groupement des organismes populaires de Granby</strong> ; un an et demi plus tard, le journal <em>Le Grégaire</em>, qui est publié à 5 000 exemplaires, fera  mieux connaître les réalisations et les objectifs du Groupement. La <strong>télévision communautaire (TVC)</strong>, qui commence à diffuser ses émissions en 1977, devient elle aussi un outil efficace dans la lutte que mènent tous les organismes d’entraide de Granby au nom des plus vulnérables et des plus démunis de la société.</p>
<p style="text-align: justify;">Le champ d’intervention du milieu communautaire sera encore appelé à s’élargir au cours des années 1980, à la suite, entre autres, de la crise de 1982 et du retrait progressif du gouvernement de certains programmes sociaux. Si bien qu’au mitan des années 1980, lorsque les gouvernements seront préoccupés d’assainir les finances publiques, et que la Révolution tranquille sera bel et bien terminée, il reviendra aux associations et organismes locaux d’entraide de perpétuer une part importante de l’héritage de ces années généreuses.</p>
<ol>
<li>Centre d’action bénévole de Granby, Granby, 1986, 32 p.</li>
<li>Rita Therrien et Louise Coulombe-Joly, Rapport de l’AFEAS sur la situation des femmes au foyer, Montréal, Boréal Express, 1984.</li>
<li>Société d’histoire de la Haute-Yamaska, Fonds Paul-O. Trépanier, <em>Le Grégaire</em>, juin 1977, vol. 1 no 1.</li>
</ol>
<p>Johanne Rochon, Au rythme de la Révolution tranquille, 1964-1985 dans Mario Gendron, Johanne Rochon et Richard Racine, <em>Histoire de Granby</em>, Granby, SHHY, 2001, 512 p.</p>
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		<title>Les vingt premières années du zoo de Granby : de l’incertitude au succès</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Apr 2013 20:42:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mario Gendron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Association]]></category>
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		<description><![CDATA[À la face du monde, la marque la plus distinctive de Granby demeure sans aucun doute son zoo, de même qu’il reste sa plus grande réussite aux yeux de ses habitants. Ce qu’on sait moins à propos de cet indéniable succès touristique et économique, c’est ce qu’il a fallu d’action communautaire et de bénévolat, d’efforts [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_4448" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P034-S003-D004-P008.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4448 " title="P034-S003-D004-P008" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P034-S003-D004-P008-300x193.jpg" alt="Zoo de Granby" width="300" height="193" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;entrée du Zoo, rue Bourget, en 1955. (Fonds Société zoologique de Granby, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">À la face du monde, la marque la plus distinctive de Granby demeure sans aucun doute son zoo, de même qu’il reste sa plus grande réussite aux yeux de ses habitants. Ce qu’on sait moins à propos de cet indéniable succès touristique et économique, c’est ce qu’il a fallu d’action communautaire et de bénévolat, d’efforts et d’imagination pour qu’il se réa<span style="color: #003300;">lise.</span></span></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #003300;">L&#8217;expérience du parc Avery, 1946-1953</span></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">C’est le maire Horace Boivin qui prend l’initiative, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, de garder quelques petits animaux sauvages et domestiques dans la cour sommairement clôturée de sa résidence. Comme cette ménagerie grossit, <strong>la Ville</strong> décide, en juin 1945, de transformer « en jardin zoologique le parc Avery [...] en y plaçant deux chevreuils et leurs biches ainsi que d’autres animaux à poils ou à plumes, et cela dans l’intérêt du public qui aime à se rendre à ces lieux de distraction ». L’administration du zoo est déléguée à la <strong>Chambre de commerce des jeunes</strong>, qui l’assume par l’entremise de son comité de zoologie, fondé en 1946. </span><span style="font-size: small;">À ce moment, le zoo rassemble <strong>5 cerfs de Virginie, 3 wapitis, 3 bisons</strong>, ces derniers obtenus grâce à l’intervention du député fédéral Marcel Boivin, 2 ours noirs et quelques petits animaux. L’entrée est gratuite et le restera jusqu’en 1954.</span><span style="font-size: small;"> </span></p>
<div id="attachment_4463" class="wp-caption alignright" style="width: 280px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P034-S003-D001-P003.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4463  " title="P034-S003-D001-P003" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P034-S003-D001-P003-300x235.jpg" alt="Bisons du Zoo de Granby" width="270" height="212" /></a><p class="wp-caption-text">© Les bisons du parc Avery, dons des Parcs nationaux canadiens de l&#39;Alberta. (Fonds Société zoologique de Granby, SHHY</p></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Rapidement, l’obligation de nourrir, d’héberger et entretenir ces animaux sauvages sème le désarroi parmi les responsables. La correspondance que le <strong>premier président</strong> du zoo, Roger Leroux, entretient avec le docteur J.-A. Brossard, du zoo de Charlesbourg, montre comment les gens de Granby, malgré leurs bonnes intentions, étaient dépassés par l’immensité et la complexité de la tâche. En 1946, par exemple, on s’enquiert des façons de nourrir et garder un raton laveur ; deux ans plus tard, on paraît tout ignorer des habitudes de vie des marmottes, des porcs-épics et des moufettes. Dans ces conditions où la bonne volonté tient lieu du savoir-faire le plus élémentaire, les incidents malheureux sont inévitables et se multiplient. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><em> </em></span></p>
<div id="attachment_4465" class="wp-caption alignleft" style="width: 250px"><em><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P123-S004-D001-P001.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4465 " title="P123-S004-D001-P001" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P123-S004-D001-P001-300x195.jpg" alt="Cerfs du zoo de Granby" width="240" height="156" /></a></em><p class="wp-caption-text">Carte postale des premières années du zoo. (Fonds Clinton D. Porter, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;"><em>La Revue</em><em> de Granby</em>, moins discrète que <em>La Voix</em><em> de l’Est</em> sur la question, évoque les problèmes du zoo et leurs graves conséquences. Nourriture inadéquate, souvent limitée à du pain brun, exiguïté des cages, incompétence du personnel, la liste des reproches est exhaustive. Celle des décès douteux ne l’est pas moins : entre 1950 et 1953, la lionne Parma trépasse d’une fièvre rhumatismale, un ourson est dévoré par ses congénères, deux aigles se battent à mort, un castor s’enfuit et deux singes décèdent apparemment sans raison. Si une société protectrice des animaux existait à Granby, affirme l’hebdomadaire, il y a longtemps qu’elle aurait dénoncé la situation.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Sous l’accumulation des malheurs et des difficultés, le zoo, de source de fierté mobilisatrice qu’il était au lendemain de la guerre, a tôt fait de se transformer en fardeau et même en embarras pour les citoyens de Granby. De telle façon qu’à compter de 1949, le <a href="http://www.shhy.info/fonds-et-collections-d-archives/politique/fonds-horace-boivin">maire Boivin</a> demandera incessamment au gouvernement provincial d’en assumer l’administration et le financement complet. Mais le gouvernement de l’Union nationale, sauf pour une maigre subvention annuelle, restera sourd aux échos d’une ville dont le maire et son entourage sont si clairement identifiés aux libéraux. Par ailleurs, la popularité grandissante du zoo empêche de songer sérieusement à le saborder.</span></p>
<h3><span style="color: #003300;">La société zoologique de Granby</span></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Alors que même les plus optimistes commencent à douter, la <a href="http://www.shhy.info/fonds-et-collections-d-archives/associations/fonds-societe-zoologique-de-granby">Société zoologique</a>, fondée en 1953, réussit à relancer l’expérience sur de nouvelles bases en réinstallant la centaine d’animaux du zoo sur un vaste terrain cédé par la paroisse Notre-Dame. La conception des plans de ce qu’il convient maintenant d’appeler le <strong>Jardin zoologique </strong>est confiée aux architectes <a href="http://www.shhy.info/fonds-et-collections-d-archives/metiers-et-professions/fonds-paul-olivier-trepanier">Paul-O. Trépanier</a> et Gilles R. Bélanger, qui les présentent au public en 1954. Ils prévoient de meilleurs aménagements pour les cages et les terrains des animaux, à propos desquels on fournit désormais des renseignements sur les moeurs et l’habitat. Au centre du Jardin zoologique, on crée une aire de divertissement pour les enfants qui, par la suite, ne cesse de prendre de l’envergure. Finalement, les autorités du zoo imposent, les samedis et les dimanches, un prix d’entrée de 25 cents aux adultes, qui composent environ la moitié de la clientèle. En quelques mois, ces initiatives propulsent Granby au rang des <strong>destinations touristiques</strong> majeures du Québec, et même du Canada. </span></p>
<div id="attachment_4472" class="wp-caption alignleft" style="width: 291px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P034-S001-D003-P006.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4472  " title="P034-S001-D003-P006" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P034-S001-D003-P006-300x234.jpg" alt="zoo de Granby" width="281" height="220" /></a><p class="wp-caption-text">©  Au  cours des années 1950, la télévision naissante et le Jardin  zoologique  travaillent souvent de concert. (Fonds Société zoologique de Granby,  SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Les intérêts du Jardin zoologique et ceux de la <strong>télévision</strong> naissante s’accordent rapidement : le premier cherche à se faire connaître, la deuxième est avide d’images spectaculaires. Mais pour que la fusion se réalise, le zoo doit regarnir sa ménagerie d’animaux exotiques, un objectif difficilement réalisable avec un maigre budget annuel de 50 000 $. Ce problème, en apparence insoluble, trouve sa réponse dans la notoriété internationale du maire Horace Boivin.</p>
<h3><span style="color: #003300;">Horace Boivin et les animaux</span></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">Mettant à profit quelques-unes de ses relations amicales et armé d’un discours qui met l’accent sur le développement de l’amitié entre les peuples par <strong>l’échange d’animaux</strong>, le maire Boivin parvient à convaincre le zoo de Londres de donner à Granby des zèbres, un léopard, des pingouins, un chameau et 25 espèces d’oiseaux. Dans les mêmes circonstances, il obtient des cygnes de Genève, des antilopes du Congo et un rhinocéros des États-Unis, tandis que le zoo de Paris accepte d’échanger un chimpanzé contre deux ours noirs. En fait, au cours de cette période, le Jardin zoologique, toujours à l’affût d’une bonne occasion, demeure en relation constante avec les zoos de Paris, Londres, Toronto, Victoria, New York, Washington, Cleveland, Philadelphie, Chicago et Détroit. De surcroît, pour remercier le maire Boivin d’avoir favorisé une <a href="http://www.shhy.info/histoire/horace-boivin-l%e2%80%99allemagne-et-le-zoo">réconciliation rapide avec l’Allemagne</a> après la guerre, le capitaine Kempf, de la <strong>Poseidon Line</strong>, prend à sa charge le transport des animaux d’Europe jusqu’à Montréal. Chaque fois qu’un navire de la Poseidon accoste au port avec à son bord un lion, un tigre ou une girafe, on s’assure de la présence des médias.</span></p>
<div id="attachment_4484" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P034-S006-D001-P006.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4484 " title="P034-S006-D001-P006" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P034-S006-D001-P006-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">© Gustave  en compagnie du gouverneur général du Canada, Vincent Massey, lors de  l’inauguration du Jardin zoologique, le 28 mai 1955. (Fonds Société  zoologique de Granby, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"> </span></p>
<div id="attachment_4474" class="wp-caption alignleft" style="width: 170px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P034-S006-D005-P001.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4474 " title="P034-S006-D005-P001" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P034-S006-D005-P001-200x300.jpg" alt="Un girafeau, zoo de Granby" width="160" height="240" /></a><p class="wp-caption-text">© Un girafeau débarque d’un des navires de la Poseidon Line. (Fonds Société zoologique de Granby, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Certains des animaux du Jardin zoologique favorisent grandement sa renommée. Les nouveaux-nés de toutes les espèces s’attirent toujours les faveurs du public, mais il faut généralement un nom, une histoire et quelques apparitions à la télévision pour atteindre le statut d’animal vedette. Intelligent, astucieux et amuseur public de premier ordre, le chimpanzé <strong>Gustave</strong> est de ceux qui y arrivent. Parfois, c’est l’histoire de l’animal qui fascine, comme dans le cas du premier éléphant du zoo, <strong>Ambika</strong>, qu’une pétition des enfants de Granby au premier ministre Nehru, de l’Inde, permet d’obtenir en 1955. Quant au gorille <strong>Mumba</strong>, enlevé aux soins de sa mère dans une forêt du Cameroun pour participer à l’émission <em>La vie qui bat</em> de Radio-Canada, en 1961, puis placé dans une famille de Granby qui le traite comme s’il s’agissait d’un enfant, plus de cent journaux à travers le Canada vont en faire le plus célèbre pensionnaire qu’ait connu le Jardin zoologique.  Lorsque la mort viendra le chercher, près de cinquante ans plus tard, Mumba n’aura rien perdu de sa popularité.</p>
<h3><span style="color: #003300;">Une attraction touristique majeure</span></h3>
<div id="attachment_4483" class="wp-caption alignright" style="width: 228px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P034-S003-D015-P048.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4483   " title="P034-S003-D015-P048" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P034-S003-D015-P048-300x160.jpg" alt="Le Tivoli" width="218" height="117" /></a><p class="wp-caption-text">© Le Tivoli, un centre d&#39;amusement pour les petits. (Fonds Société zoologique de Granby, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">En 1960, à force d’investissements, de sollicitation et de publicité, le Jardin zoologique de Granby compte <strong>350 animaux</strong>, dont 65 espèces de mammifères et une vingtaine d’espèces d’oiseaux ; les singes, toujours populaires auprès du public, sont une quarantaine de 10 espèces. Le nombre des visiteurs par saison frôle alors les 600 000. Selon <em>La Tribune</em><em> </em>de Sherbrooke, le gros de cette clientèle viendrait des familles ouvrières de Montréal, de plus en plus motorisées, et des néo-Canadiens. Un millier d’emplois indirects ou temporaires dans les secteurs de la restauration, de l’hébergement et de l’entretien automobile dépendrait de cet achalandage. </span></p>
<div id="attachment_4489" class="wp-caption alignright" style="width: 208px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P034-S003-D014-P013.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4489 " title="P034-S003-D014-P013" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P034-S003-D014-P013-300x235.jpg" alt="La ferme des enfants, zoo de Granby" width="198" height="155" /></a><p class="wp-caption-text">© La ferme des enfants, inaugurée en 1963. (Fonds Société zoologique de Granby, SHHY)</p></div>
<p><span style="font-size: small;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;">Malgré tous ses succès, pourtant, le Jardin zoologique n’arrive plus à augmenter ses revenus et sa situation financière devient précaire.  Inutile d’espérer une aide supplémentaire du gouvernement provincial, qui a choisi de favoriser le zoo de Charlesbourg. Comme une hausse trop rapide du prix d’entrée aurait pour effet de réduire l’affluence, la Société zoologique choisit plutôt d’augmenter les revenus complémentaires des restaurants, des kiosques de souvenirs et du parc d’amusement Tivoli.</p>
<div id="attachment_4491" class="wp-caption alignleft" style="width: 199px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P034-S003-D003-P002.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4491 " title="P034-S003-D003-P002" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/04/P034-S003-D003-P002-300x234.jpg" alt="dôme géodésique" width="189" height="148" /></a><p class="wp-caption-text">© Le maire Horace Boivin et l&#39;architecte Paul-O. Trépanier lors de la construction du dôme géodésique. (Fonds Société zoologique de Granby, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">En 1962, afin de soutenir l’intérêt du public, on demandera une nouvelle fois à Paul-O. Trépanier de refaire l’aménagement du Jardin zoologique. Une des pièces maîtresses de ces rénovations sera la construction d’un dôme géodésique pour les ours polaires, inauguré en juillet 1963. Après avoir surmonté les incertitudes des débuts et s’être hissé à force de bras au rang des <strong>attractions majeures au Canada</strong>, le zoo de Granby était désormais en mesure d’affronter les défis posés par la nouvelle société des loisirs issue de la Révolution tranquille.</p>
<p style="text-align: justify;">Mario Gendron</p>
<p style="text-align: justify;">© Société d&#8217;histoire de la Haute-Yamaska</p>
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		<title>L’histoire de l’usine Stanley de Roxton Pond</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Mar 2013 16:52:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mario Gendron</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« Avec son imposante structure en pierre, l’usine Stanley domine le paysage de Roxton Pond depuis plus d’un siècle. » C’est ainsi que débute l’Histoire de l’usine Stanley Tool de Roxton Pond, un travail d’une trentaine de pages que l’historien Mario Gendron, aidé de Cecilia Capocchi à la recherche, vient de déposer et dont on vous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_4380" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/Stanley-27.jpg"><img class="size-medium wp-image-4380 " title="Stanley" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/Stanley-27-300x218.jpg" alt="" width="300" height="218" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;édifice Stanley, en 1980 (Photo Luc Durocher, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">« Avec son imposante structure en pierre, l’usine Stanley domine le paysage de Roxton Pond depuis plus d’un siècle. » C’est ainsi que débute l’<em>Histoire de l’usine Stanley Tool de Roxton Pond</em>, un travail d’une trentaine de pages que l’historien Mario Gendron, aidé de Cecilia Capocchi à la recherche, vient de déposer et dont on vous offre ici l’exclusivité. La réalisation de cet historique, qui vise à faire connaître les facteurs et les incidences de l’installation de la Stanley Tool à Roxton Pond, avait été confiée à la SHHY par le Comité d’aide à la conservation de la Stanley, dans le cadre du Pacte rural de la MRC de La Haute-Yamaska (2011). Le choix des illustrations et le montage du texte ont été faits par Johanne Rochon.</p>
<p>Bonne lecture : <em><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/03/Histoire_Stanley_Roxton-Pond1.pdf">Histoire de l&#8217;usine Stanley de Roxton Pond</a> PDF</em></p>
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		<title>Les déboires politiques du curé de Milton</title>
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		<pubDate>Thu, 21 Feb 2013 16:26:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mario Gendron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Vie rurale]]></category>
		<category><![CDATA[19e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Sainte-Cécile-de-Milton]]></category>

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		<description><![CDATA[« Le ciel est bleu et l’enfer est rouge ». C’est ce qu’on disait autrefois pour s’amuser du profond attachement de certains ecclésiastiques aux valeurs véhiculées par le parti conservateur (les bleus) et de leur antipathie envers le parti libéral (les rouges). Le zèle politique de certains de ces pasteurs les conduisait parfois à se prononcer en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_4323" class="wp-caption alignright" style="width: 307px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/Eglise-Ste-Cecile.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4323    " title="Église Sainte-Cécile-de-Milton" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/Eglise-Ste-Cecile-297x300.jpg" alt="" width="297" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">La mission de Sainte-Cécile a été fondée en 1846 et l’église actuelle construite entre 1859 et 1861. (©Photo: Chantal Lefebvre, 2007, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">« Le ciel est bleu et l’enfer est rouge ». C’est ce qu’on disait autrefois pour s’amuser du profond attachement de certains ecclésiastiques aux valeurs véhiculées par le parti conservateur (les bleus) et de leur antipathie envers le parti libéral (les rouges). Le zèle politique de certains de ces pasteurs les conduisait parfois à se prononcer en chaire sur des sujets qui ne relevaient en rien de leur ministère, contribuant ainsi à diviser plutôt qu’à rassembler la communauté des fidèles. Mais les excès politiques des prêtres donnaient rarement lieu à des récriminations de la part des paroissiens ou à des réprimandes de l’évêché. Or, en 1877, le curé de la paroisse Sainte-Cécile-de-Milton, Joseph Noiseux, apprendra à ses dépens ce qu’il peut en coûter de mêler religion et politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Au XIX<sup>e</sup> siècle, les catholiques des différentes paroisses de La Haute-Yamaska, sans être des insoumis, s’opposent plus souvent qu’on le croit à certaines directives de l’Église. Par exemple, la collecte de la dîme était l’occasion de fréquentes disputes entre le curé et ses ouailles et la construction des églises se soldait souvent par un bras de fer entre le clergé, l’évêque en tête, et les fabriciens, chargés d’administrer la paroisse. Mais plus rarement voyait-on des paroisses s’embraser pour des questions politico-religieuses.</p>
<div id="attachment_4343" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/Maison-Dr-Gaucher.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4343  " title="Maison du Dr Gaucher" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/Maison-Dr-Gaucher-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">La maison du Dr Gaucher. Le 368, rue Principale. (© Photo: Chantal Lefebvre, 2007, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Lorsque Joseph Noiseux devient curé de Sainte-Cécile-de-Milton, en 1871, la paroisse compte 1 800 personnes et regroupe plus de 300 maisons. La plupart des habitants vivent de l’agriculture et des activités qui lui sont associées. Quant au village de Sainte-Cécile, il forme une ligne d’habitat qui comprend environ 25 édifices et résidences, où une centaine de personnes sont établies. En 1875, l’agglomération regroupe deux notaires, Charles et Louis Brin, un médecin, Alfred Gaucher, l’hôtel de Joseph Ménard, une fromagerie, une fabrique de voitures à chevaux, une boutique de forgeron et une petite fonderie, sans compter l’école et les églises catholique et protestante. Les maisons patrimoniales du docteur Gaucher et du <a href="http://www.shhy.info/patrimoine/la-petite-maison-du-cordonnier-de-milton">cordonnier Jean-Baptiste Leclaire</a> sont déjà construites; le presbytère catholique le sera en 1876 et la maison en pierre de Calixte Gaudette, en 1878.</p>
<div id="attachment_4334" class="wp-caption alignright" style="width: 158px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/L.S.Huntington.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-4334  " title="L.S. Huntington" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/L.S.Huntington.jpg" alt="" width="148" height="202" /></a><p class="wp-caption-text">Lucius S. Huntington député de Shefford et fondateur du journal Waterloo Advertiser. (Sketches of some early Shefford Pioneers, 1905, p. 6)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Au cours du printemps et de l’été 1877, animé par son attachement aux idées véhiculées par le parti conservateur, le curé Noiseux entreprend une croisade contre les libéraux de Saint-Hyacinthe et ceux de sa paroisse. À cette époque, deux groupes aux idées politiques diamétralement opposées s’affrontent au Québec. D’un côté, on trouve les ultramontains, associés aux conservateurs, des fondamentalistes catholiques qui recrutent de plus en plus d’adeptes chez le clergé et les habitants, et de l’autre, les rouges, dont Saint-Hyacinthe est l’un des châteaux forts, qui véhiculent des idées libérales et même anti-cléricales qui, elles aussi, ont une certaine résonance parmi la population. Au dire des curés de la Haute-Yamaska, ce sont ces libéraux qui alimentent l’animosité des francs tenanciers lorsqu’il s’agit de payer pour une nouvelle construction d’église ou de presbytère. Leur influence est d’autant plus pernicieuse que leur idéologie est partagée par plusieurs anglophones protestants du comté, dont Lucius Huntingdon, le député libéral du comté de Shefford à Ottawa.</p>
<div id="attachment_4331" class="wp-caption alignleft" style="width: 208px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/CureNoiseux.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4331 " title="Curé Noiseux" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/CureNoiseux-247x300.jpg" alt="" width="198" height="240" /></a><p class="wp-caption-text">Joseph Noiseux, curé de Sainte-Cécile de 1871 à 1885. (Sainte-Cécile-de-Milton 150 ans, 1846-1996, Coll. ELB, 1996, p. 37)</p></div>
<p style="text-align: justify;">C’est du haut de la chaire de l’église Sainte-Cécile, un dimanche du printemps 1877, que le curé Noiseux enclenche les hostilités contre ses adversaires politiques. Bientôt, toutes les prédications dominicales du pasteur se transformeront en autant d’occasions de faire de la politique partisane. Un jour, son enthousiasme le conduit à affirmer que les libéraux n’étaient que des hypocrites qui, à la veille des élections et durant celles-ci, « faisaient des chemins de croix, allaient à confesse, obtenaient des billets de confession pour faire voir qu’ils étaient de bons catholiques », dans le seul but d’influencer les autres électeurs. Un autre jour, il lance que les catholiques du parti libéral seraient mieux de se faire protestants et que « l’enfer se réjouissait chaque fois qu’un catholique votait pour ce parti ». Quant à lui, le curé Noiseux se disait prêt à verser son propre sang pour le parti conservateur, et qu’en politique « il fallait choisir entre les dires du curé, de l’évêque et du Pape ou ceux des petits avocats libéraux de Saint-Hyacinthe».</p>
<p style="text-align: justify;">Offusqués par de tels propos, certains libéraux de la paroisse décident, au début de l’automne 1877, de s’en référer à l’évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe, Mgr Moreau. À la tête d’un groupe de 26 personnes mécontentes, on trouve Pierre Morin, rentier et ancien marguillier, Théophile Brunelle, cultivateur, ancien conseiller municipal, commissaire d’école et ex-maire, Joseph Johnson, commerçant de bois et propriétaire de moulins, François Parent, cultivateur, Pierre Frédéric Morin, marchand, et Henri Gingras, propriétaire de moulins, « tous paroissiens Catholiques Romains de la paroisse Sainte-Cécile-de-Milton ».</p>
<p style="text-align: justify;">Si la question semble trop sérieuse pour que l’évêque la passe sous silence, nul n’aurait pu prédire qu’il irait aussi loin que décréter la tenue d’une enquête canonique, « laquelle enquête se tiendra dans la sacristie de la dite paroisse et s’ouvrira dimanche le 7 octobre courant à la suite des vêpres ». Cette enquête, qui entendra des témoins, sera présidée par le Vicaire général, Joseph Alphonse Gravel, assisté de l’archidiacre du Chapitre, Alexis Bernard.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme prévu, les deux délégués ecclésiastiques se rendent à Milton le 7 octobre. Ils disent d’abord la messe du dimanche et lisent au prône la requête en nommant tous les noms qui y sont apposés. Après les vêpres, ils se transportent dans la sacristie et là, revêtus du surplis, ils conduisent l’enquête canonique et font comparaître les différents témoins après leur avoir fait prêter serment sur l’évangile. Sur les 26 signataires de la requête, neuf seulement osent se présenter devant les autorités religieuses. Certains de ceux qui refusent de témoigner allèguent qu’ils ont été trompés et la plupart des autres aimeraient mieux, semble-t-il, se faire oublier. En définitive, seuls les six leaders du groupe et trois autres signataires participent à l’enquête. Parmi ces derniers, un jeune cardeur de 22 ans, Adolphe Gingras, indique aux enquêteurs « qu’il a regret d’avoir donné son nom pour être apposé sur la requête et que s’il avait su que les choses iraient si loin, il n’aurait pas signé ». Quant aux huit autres déposants, ils maintiennent intégralement ce qu’ils avaient déjà affirmé.</p>
<div id="attachment_4328" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/P070-H019-D1.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4328  " title="P070-H019-D1" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/P070-H019-D1-300x238.jpg" alt="" width="300" height="238" /></a><p class="wp-caption-text">Résidence  de Calixte Gaudette, construite en 1878. Ce commerçant est l&#39;un des  signataires de la requête déposée en faveur du curé Noiseux.  Le 234,  rue Principale. (© Collection SHHY) </p></div>
<p style="text-align: justify;">Les délégués ecclésiastiques ayant aussi le mandat d’entendre les témoins de la décharge, réunis en grand nombre, ils font prêter serment à une quarantaine d’individus qui déposent tous en faveur de leur curé. Aucun d’entre eux ne réfute le fait que le curé Noiseux ait parlé de politique au prône, insistant plutôt sur la mauvaise interprétation qu’auraient donnée les protestataires au discours politique de leur pasteur. Selon eux, celui-ci n’aurait pas parlé contre les libéraux de sa paroisse, mais bien contre le libéralisme en général et contre les libéraux d’Europe en particulier. Ils affirment, de plus, qu’ils sont satisfaits de leur curé et que toute cette contestation n’est que le résultat de l’amertume d’une poignée de mécontents. Deux semaines avant que l’enquête canonique s’enclenche, le curé Noiseux tenait des propos semblables dans une lettre à son évêque, lui écrivant que la plupart de ses détracteurs avaient des motifs bien particuliers de lui en vouloir. L’un d’entre eux, indique-t-il, « désire avoir licence pour vendre de la boisson et je m’y suis toujours opposé. Un autre qui voulait fournir mon bois de presbytère [la construction du presbytère a eu lieu l’année précédente] et m’ayant mal servi dès la première charge, j’ai acheté mon bois à un autre moulin. Un autre parce que je ne l’ai pas fait élire marguillier. Cinq jeunes gens que j’ai apostrophés une fois dans l’église à cause de leur dissipation et qui me trouvent trop sévère à l’égard des danses et des sorties seul à seul […] des vieillards qui m’aiment presque autant que le bon Dieu et qu’on avait fait signer sans doute en leur demandant s’ils étaient encore capables d’écrire leur nom ».</p>
<div id="attachment_4338" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/Presbytere-Ste-Cecile.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4338 " title="Presbytère de Ste-Cécile" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/02/Presbytere-Ste-Cecile-300x202.jpg" alt="" width="300" height="202" /></a><p class="wp-caption-text">Le presbytère construit par le curé Noiseux, en 1876. (© Photo: Chantal Lefebvre, 2007, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Une semaine après la tenue de l’enquête canonique et toujours en attente d’une décision, le curé de Sainte-Cécile écrit à nouveau à l’évêque Moreau en des termes qui indiquent à quel point il est bouleversé par toute cette affaire. « Cette enquête dont j’ai été l’objet est connue partout. Qui fera connaître au loin mon triomphe ? Je serai obligé de l’annoncer moi-même à mes confrères du loin que je visiterai, mais seront-ils obligés de me croire ? Non. Me croiront-ils ? Non. Ils attribueront ma non punition à votre excessive bonté, au besoin de sauvegarder la religion et pour longtemps, à leurs yeux, je demeurerai la bête noire. »</p>
<p style="text-align: justify;">La décision de l’évêque Moreau tombe le 24 octobre 1877 et, comme prévu, le curé Noiseux est exonéré de tout blâme. Mais incorrigible, ce dernier n’hésitera pas à repartir en guerre en 1880 contre « la canaille libérale de Saint-Hyacinthe ».</p>
<p style="text-align: justify;">Mario Gendron</p>
<p style="text-align: justify;">© Société d&#8217;histoire de la Haute-Yamaska</p>
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		<title>Travailler pour Granby, du village à la cité</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Jan 2013 18:58:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Johanne Rochon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
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		<description><![CDATA[Au cours des trois premières décennies du XXe siècle, Granby passe du statut de village à celui d’une cité industrielle de 10 000 habitants. Afin d’être en mesure de suivre le rythme accéléré que lui impose son développement, la municipalité se lance dans une série de travaux et d’innovations visant à moderniser ses infrastructures et les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Au cours des trois premières décennies du XX<sup>e</sup> siècle, Granby passe du statut de village à celui d’une cité industrielle de 10 000 habitants. Afin d’être en mesure de suivre le rythme accéléré que lui impose son développement, la municipalité se lance dans une série de travaux et d’innovations visant à moderniser ses infrastructures et les services qu’elle offre aux citoyens. Les magnifiques photos que nous vous présentons ici, tirées des fonds d’archives de la SHHY, témoignent de l’effervescence de cette époque. Si les ouvriers, manœuvres, cantonniers, charretiers et pompiers qui y apparaissent sont aujourd’hui disparus, leur mémoire reste inscrite sur la pellicule et dans leurs réalisations.</em> <em>En quelques mots et en images, c’est l’histoire de ce petit monde en pleine mutation que raconte cette exposition.</em></p>
<h2><span style="color: #9b7f63;">Travailler pour Granby, du village à la cité</span></h2>
<h2><span style="color: #9b7f63;"><br />
</span></h2>
<h3><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/01/TravaillerpourGranby2.exe">Diaporama</a><em><img class="size-medium wp-image-4266 alignright" title="Fabrication de trottoirs rue Principale" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2013/01/6-Trottoirs-300x270.jpg" alt="" width="300" height="270" /></em></h3>
<p>ou</p>
<p><em> </em></p>
<h3><a href="http://www.shhy.info/histoire-en-ligne/travailler-pour-granby-du-village-a-la-cite">Sans téléchargement</a></h3>
<p><em><br />
</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>L’équipe de la Société d&#8217;histoire de la Haute-Yamaska vous souhaite de joyeuses Fêtes</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Dec 2012 19:50:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Johanne Rochon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles brèves]]></category>
		<category><![CDATA[fête]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; P001 Collection Palmer Cox]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
<div id="attachment_4232" class="wp-caption aligncenter" style="width: 553px"><img class="size-full wp-image-4232 " title="Les Brownies en décembre" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/12/NoelPalmerCox1.jpg" alt="" width="543" height="727" /><p class="wp-caption-text">Les préparatifs de Noël au pays des Brownies. (Palmer Cox, The brownies at home, New York, Dover Publications, 1968, (orig. 1893), p. 141)</p></div>
<h3><a href="http://www.shhy.info/fonds-et-collections-d-archives/culture/p001-collection-palmer-cox">P001 Collection Palmer Cox</a></h3>
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		<title>Un premier centre  de ski moderne</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Nov 2012 20:59:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>René Beaudin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Association]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[mont Shefford]]></category>
		<category><![CDATA[Shefford]]></category>
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		<description><![CDATA[Les Cantons-de-l’Est sont reconnus depuis fort longtemps pour être une des plus belles zones skiables du Québec. Cependant, bien peu de gens connaissent les origines de ce sport sur le territoire de la Haute-Yamaska. Il faut retourner au milieu des années 1930 pour voir apparaître en région les premiers clubs ou associations de ski. À [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Les Cantons-de-l’Est sont reconnus depuis fort longtemps pour être une des plus belles zones skiables du Québec. Cependant, bien peu de gens connaissent les origines de ce sport sur le territoire de la Haute-Yamaska.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut retourner au milieu des années 1930 pour voir apparaître en région les premiers clubs ou associations de ski. À cette époque, les amateurs de ce nouveau loisir pratiquent le ski de randonnée plutôt que de montagne en raison de l’inexistence de remontées mécaniques. L’équipement d’alors s’avère primitif : skis en bois dépourvus de carres, bâtons en bambou, bottes non rigides et sangles en cuir et métal faisant office d’attaches fixes (dans les descentes) ou semi-fixes (sur les plats ou dans les montées). La popularité du sport croît si rapidement qu’en 1941, l’association La zone de ski des Cantons de l’Est compte déjà au moins onze clubs affiliés : Granby, Waterloo, North Hatley, Sherbrooke (le Hillcrest et la ferme Rogeau), Sutton, Mont-Orford, Victoriaville, Coaticook, Cowansville et Lennoxville.</p>
<p style="text-align: justify;">Le club Ski-Bi de Granby est fondé en décembre 1935 avec, comme seuls membres, une dizaine de skieurs. À ses débuts, le club organise des excursions dans les campagnes environnantes et des rencontres avec d’autres clubs d’ici ou de la région montréalaise.</p>
<div id="attachment_4204" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/11/SkiMontShefford.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4204  " title="Le ski au mont Shefford" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/11/SkiMontShefford-300x166.jpg" alt="" width="300" height="166" /></a><p class="wp-caption-text">Le  « skito » du mont Shefford. Au moment de son aménagement, il était l’un  des plus longs du Québec. (Dépliant promotionnel de la Ville de Granby,  vers 1945. Fonds Henri Martin, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Au cours de l’hiver 1940, plus de 25 « enthousiastes de ski », principalement des gens d’affaires et des professionnels de Granby, se réunissent pour fonder un « club de ski moderne » sur la montagne de Shefford. Les trois promoteurs du projet, Paul Provost, Jules Crevier et Paul Phoenix, invitent à cette fin  <a href="http://www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/herman-smith-johannsen" target="_blank">H. Smith Johannsen</a>, « expert norvégien de réputation internationale » et premier responsable de l’implantation de ce sport au Québec. Ce dernier prononce un discours devant la Chambre de Commerce de Granby sur la pertinence économique de réaliser cet établissement sportif qui, selon lui, amènera un afflux de touristes dans la région.</p>
<p style="text-align: justify;">En novembre 1940, le conseil municipal de Granby, présidé par le maire P.-Horace Boivin, accepte l’incorporation du club Ski-Bi, ce qui enclenche l’aménagement d’un des plus longs « skito » (remontée mécanique) du Québec et la construction d’un chalet sur le mont Shefford, à l’endroit bien connu de la ferme Beauregard.</p>
<div id="attachment_4209" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/11/ski-chalet.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4209 " title="Chalet de ski mont Shefford" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/11/ski-chalet-300x188.jpg" alt="" width="300" height="188" /></a><p class="wp-caption-text">Le chalet de ski du mont Shefford, en 1941 (Granby Leader Mail, 16 janvier 1941)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le club de ski Mont Shefford ouvre officiellement ses portes le 12 janvier 1941. Il accueille ce jour-là 250 skieurs qui découvrent avec joie comment l’utilisation d’un simple câble tracté par un moteur permet enfin de dévaler les pentes sans l’effort de la remontée. La popularité du Mont Shefford s’accroît tout au long de l’hiver, avec plus de 400 visiteurs certaines journées, dont plusieurs venant de Montréal. Le centre de ski connaît toutefois un ralentissement au cours des quatre années suivantes, en raison du rationnement imposé par l’effort de guerre qui oblige l’arrêt des « trains de neige » qui transportent dans notre région les skieurs de la métropole et d’ailleurs.</p>
<div id="attachment_2007" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2010/12/SkiBromont.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-2007 " title="Ski Bromont, 1964. " src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2010/12/SkiBromont-300x270.jpg" alt="" width="300" height="270" /></a><p class="wp-caption-text">L’inauguration de la station de ski de Bromont, en 1964. (Fonds Jean-Paul Matton, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Sitôt la guerre terminée, l’engouement pour le ski alpin reprend de plus belle, à tel point que plusieurs nouveaux centres de ski modernes sont construits au cours des vingt années suivantes, le dernier en région étant le centre de ski Bromont, ouvert en 1964 par la famille Désourdy.</p>
<p style="text-align: justify;">René Beaudin</p>
<p>© Société d&#8217;histoire de la Haute-Yamaska</p>
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		<title>De Rome à Granby, l’histoire épique d’un sarcophage</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Oct 2012 20:29:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cecilia Capocchi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[fontaine]]></category>
		<category><![CDATA[Granby]]></category>
		<category><![CDATA[sarcophage]]></category>

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		<description><![CDATA[Granby peut s’enorgueillir d’avoir en ses murs un sarcophage qui date de l’époque romaine. Cette pièce d’antiquité, remarquable par sa longue histoire mouvementée, ainsi que par sa valeur archéologique et son unicité en sol québécois, provient d’Italie et est âgée de plus de dix-huit siècles. C’est grâce au maire Horace Boivin qu’elle arrive à Granby, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Granby peut s’enorgueillir d’avoir en ses murs un sarcophage qui date de l’époque romaine. Cette pièce d’antiquité, remarquable par sa longue histoire mouvementée, ainsi que par sa valeur archéologique et son unicité en sol québécois, provient d’Italie et est âgée de plus de dix-huit siècles. C’est grâce au maire Horace Boivin qu’elle arrive à Granby, en 1954, pour être aussitôt transformée en fontaine destinée à l’embellissement du parc Pelletier. Elle y restera jusqu’en 2003, quand des travaux de conservation imposeront son déménagement et son entreposage. Dernièrement, de nouvelles recherches effectuées par M. Beaudoin Caron, chargé de cours à l’Université de Montréal, ont ravivé l’intérêt pour le sarcophage romain et permis de mieux comprendre son histoire; des recherches personnelles effectuées dans la presse italienne ont aussi conduit à clarifier les circonstances de son arrivée à Granby.</p>
<div id="attachment_4162" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/10/SarcophageJLS1975.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4162 " title="SarcophageJLS1975" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/10/SarcophageJLS1975-300x201.jpg" alt="Sarcophage romain à Granby" width="300" height="201" /></a><p class="wp-caption-text">Le côté « chrétien » a été sculpté au Moyen Âge, probablement au XIVe siècle. On y retrouve des saints chrétiens, une madone, le Christ et un ange, ainsi que les armoiries des Caprona, une puissante famille pisane de l’époque. (Photo Johanne Laplante Senay, Fontaines de Granby, Université de Sherbrooke, 1975)</p></div>
<p style="text-align: justify;">En mai 1953, Horace Boivin part représenter la Fédération des maires du Canada au couronnement de la  reine Elizabeth II et au congrès international des maires et des municipalités, à Vienne, en Autriche. Comme c’est son habitude de le faire, il en profite pour parcourir l’Europe afin de rencontrer des industriels susceptibles de s’établir au Canada et plus particulièrement à Granby. Au mois de juin, on le trouve en Italie, où il visite Milan, Turin et enfin Rome. Selon toute vraisemblance, c’est dans la capitale italienne, au cours d’une rencontre au siège de l’Union chrétienne des entrepreneurs dirigeants (UCID), avec le président de l’association et d’autres patrons italiens d’orientation chrétienne catholique, que le sarcophage romain aurait été donné au maire Boivin, sans doute à la suite de sa demande personnelle.</p>
<div id="attachment_4172" class="wp-caption alignleft" style="width: 280px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/10/P042-S015-D001-P016.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4172 " title="P042-S015-D001-P016" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/10/P042-S015-D001-P016-300x279.jpg" alt="fontaine romaine" width="270" height="251" /></a><p class="wp-caption-text">La fontaine romaine, au parc Pelletier, en 1954. (Fonds Jean-Paul Matton, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le projet de construction de la fontaine sarcophage est confié à Fernando Onori, un sculpteur de Rome. Deux chapiteaux, provenant d’un ancien palais romain, serviront de support au sarcophage et un bassin en ciment complétera l’ensemble de l’oeuvre. Quatre plaques commémoratives, sculptées respectivement en français, en anglais, en italien et en latin, accompagneront le tout. L’assemblage de la fontaine se fait à Granby selon les directives techniques du sculpteur, alors que les travaux pour la construction du bassin et l’installation du système d’eau et du système électrique sont dirigés par Paul Gaudreau, surintendant de la voirie à la Ville de Granby.</p>
<div id="attachment_4169" class="wp-caption alignright" style="width: 172px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/10/SarcophageOniri.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4169  " title="SarcophageOniri" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/10/SarcophageOniri-300x222.jpg" alt="" width="162" height="120" /></a><p class="wp-caption-text">Description de la fontaine romaine par Fernando Onori, sculpteur de Rome, 26 juillet 1953</p></div>
<p style="text-align: justify;">Selon les recherches effectuées par Beaudoin Caron, le sarcophage, fabriqué en marbre, date du milieu du II<sup>e</sup> siècle de notre ère. Il est orné de bas-reliefs qui révèlent une partie de son origine et de son histoire. Ainsi, un des deux longs côtés est décoré de scènes païennes, tandis que l’autre montre des figures chrétiennes. Sur le côté « païen », on peut observer une procession de divinités marines mineures, qui symbolisent le voyage de l’âme vers l’au-delà. Ces sculptures datent de l’époque à laquelle le sarcophage a été réalisé. Le côté « chrétien » a été sculpté au Moyen Âge, probablement au XIV<sup>e</sup> siècle. On y retrouve des saints chrétiens, une madone, le Christ et un ange, ainsi que les armoiries des Caprona, une puissante famille pisane de l’époque. Enfin, sur les côtés plus étroits du sarcophage, on peut voir deux croix de Malte.</p>
<p style="text-align: justify;">Au sens strict du mot, un sarcophage est un cercueil en pierre. Selon une pratique courante de l’époque, il pouvait être récupéré et occupé plus d’une fois, comme c’est le cas pour la pièce archéologique qui nous intéresse ici. Ainsi, un examen de la <em>tabula ansata,</em> l’espace réservé à l’inscription du nom du propriétaire, nous montre que deux épitaphes ont été gravées. La première est effacée au IV<sup>e</sup> siècle, quand le sarcophage est récupéré et son occupant évacué; la deuxième, encore lisible aujourd’hui, nous apprend que Cascellia Apollonias y a enseveli son époux et sa fille. « Par l’expression  ″Aux dieux manes″, on comprend que cette inscription est païenne », nous dit M. Caron.</p>
<div id="attachment_4183" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/10/P042-S015-D001-P015.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4183 " title="P042-S015-D001-P015" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/10/P042-S015-D001-P015-300x225.jpg" alt="Sarcophage romain, Granby" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Sur le côté « païen », on peut observer une procession de divinités marines mineures, qui symbolisent le voyage de l’âme vers l’au-delà. Ces sculptures datent de l’époque à laquelle le sarcophage a été réalisé. (Fonds Jean-Paul Matton, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Au XIV<sup>e</sup> siècle, le sarcophage est récupéré à nouveau, mais on ignore avec quelle intention. Selon l’information inscrite sur les plaques commémoratives qui ont accompagné le sarcophage d’Italie, il aurait été utilisé comme autel dans une basilique romaine. Cette hypothèse est cependant contestée par Beaudoin Caron, qui pense qu’au Moyen Âge le sarcophage n’est pas encore à Rome, mais qu’il se trouve plutôt en Toscane, et ce, depuis l’Antiquité. Ce qu’on peut affirmer, c’est qu’au XIV<sup>e</sup> siècle, il appartient aux Caprona, une famille pisane qui y fait sculpter ses armoiries et probablement aussi les bas-reliefs d’inspiration chrétienne.</p>
<p style="text-align: justify;">L’absence de sources, entre le XIV<sup>e</sup> et XVIII<sup>e</sup> siècle, ne nous permet pas de savoir si le sarcophage reste au sein de la famille Caprona ou s’il connaît d’autres propriétaires. On retrouve ses traces seulement au XIX<sup>e</sup> siècle, dans un château de Vincigliata, près de Pise, en Toscane. Ce château fort délabré a été acheté par John Temple-Leader, un jeune et très riche Anglais qui, dans l’esprit romantique de l’époque, a consacré sa fortune à sa reconstruction et à l’acquisition d’œuvres d’art. À sa mort, en 1903, sa collection est dispersée. Vers 1925, le sarcophage est amené à Nettuno, près de Rome, pour faire partie de la collection privée du baron Alberto Fassini. Un des catalogues de cette collection, publié en 1931, confirme la présence du sarcophage parmi les œuvres acquises par le noble collectionneur d’art. Une fois la collection  Fassini dispersée, pendant ou après la Deuxième Guerre mondiale, on retrace le sarcophage au moment où il est offert en cadeau à Horace Boivin, en 1953.</p>
<div id="attachment_4166" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/10/Inauguration.jpg"><img class="size-medium wp-image-4166" title="P042-S015-D001-P011" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/10/Inauguration-300x188.jpg" alt="" width="300" height="188" /></a><p class="wp-caption-text">La fontaine sarcophage est inaugurée le 6 juin 1954. La cérémonie se déroule, en grande pompe, au parc Pelletier et à l’hôtel de ville, en présence de plusieurs notables de la région et de Montréal, des représentants de différents organismes italo-canadiens et du consul général d’Italie. (Fonds Jean-Paul Matton, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Sans doute perçue à l’époque comme très originale, l’utilisation du sarcophage comme fontaine a eu des conséquences désastreuses. La circulation de l’eau à l’intérieur du monument a provoqué une forte érosion du marbre, alors que l’exposition aux pluies acides et aux rigueurs du climat québécois en a accéléré la dégradation.  Quand des travaux de conservation ont été entrepris, en 2003, il était devenu urgent que le sarcophage soit retiré de l’ensemble de la fontaine et mis à l’abri. Depuis, il est entreposé au garage municipal, en attendant qu’une place digne de son histoire et de sa valeur lui soit trouvée.</p>
<p style="text-align: justify;">Si les récentes recherches ont permis d’en savoir davantage sur le sarcophage romain, plusieurs questions à propos de son origine et de son parcours à travers les siècles restent dans l’ombre. Ainsi en est-il des circonstances entourant sa donation. Une fois exclue l’hypothèse qu’il ait été offert à Boivin par le maire de Rome, comme certains ont pu le croire, on peut considérer qu’il provient d’une collection privée; cependant, on ignore toujours le nom de son propriétaire et les conditions légales du transfert de ce bien patrimonial italien. Sur la plaque commémorative en version française, on peut lire que la fontaine « a été donnée à l’industrieuse cité de Granby et à son maire Horace Boivin par les chefs d’entreprise chrétiens d’Italie réunis dans l’UCID en témoignage des liens qui unissent les peuples chrétiens à Rome, la ville éternelle, berceau de la civilisation chrétienne ». Mais ce texte, aussi intéressant soit-il, ne nous renseigne aucunement sur la provenance immédiate du sarcophage. On peut toutefois penser que l’Union chrétienne des entrepreneurs dirigeants (UCID) aurait difficilement pu se départir d’une pièce de cette importance si elle avait fait partie d’une collection publique.</p>
<div id="attachment_4188" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/10/Sarcophage-2003.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4188   " title="Sarcophage en 2003" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/10/Sarcophage-2003-300x201.jpg" alt="" width="300" height="201" /></a><p class="wp-caption-text">Le sarcophage en 2003, peu avant son retrait du parc Pelletier. (Collection Société d&#39;histoire de la Haute-Yamaska)   </p></div>
<p style="text-align: justify;">En terminant, ajoutons que Beaudoin Caron rapporte ce fait curieux : « Le sarcophage est mentionné comme pièce de comparaison dans les ouvrages d’archéologie, même récentes, et il est donné toujours comme appartenant à la collection Fassini ou ex-Fassini, sans que des questions soient posées sur son lieu de conservation. » Bref, peu de gens savent que le sarcophage est rendu à Granby; souhaitons que ce texte aidera à mieux le faire connaître auprès des collectionneurs et du grand public.</p>
<p style="text-align: justify;">Cecilia  Capocchi</p>
<p style="text-align: justify;">©Société d&#8217;histoire de la Haute-Yamaska</p>
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		<title>L’Ordre des chevaliers de Carillon</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Sep 2012 14:16:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mario Gendron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Association]]></category>
		<category><![CDATA[crise économique]]></category>
		<category><![CDATA[Granby]]></category>

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		<description><![CDATA[Né avec la Crise et disparu avec la Deuxième Guerre mondiale, l’Ordre des chevaliers de Carillon a pratiquement été ignoré par les historiens, et ce, malgré qu’il ait connu un succès certain auprès de l’élite canadienne-française de quelques villes des Cantons-de-l’Est, entre autres Granby, Sherbrooke, Magog et Farnham. Parmi ces dernières, Granby s’est imposée comme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Né avec la Crise et disparu avec la Deuxième Guerre mondiale, l’Ordre des chevaliers de Carillon a pratiquement été ignoré par les historiens, et ce, malgré qu’il ait connu un succès certain auprès de l’élite canadienne-française de quelques villes des Cantons-de-l’Est, entre autres Granby, Sherbrooke, Magog et Farnham. Parmi ces dernières, <strong>Granby s’est imposée comme le point d’ancrage et le centre organisationnel de ce mouvement nationaliste</strong> aux forts accents religieux. Le rôle essentiel de Granby dans l’implantation de l’Ordre à l’extérieur de Montréal revient sans conteste au dynamisme de sa petite bourgeoisie canadienne-française, aguerrie par la lutte incessante qu’elle mène contre l’influence dominante qu’exerce la minorité anglophone dans la ville.</p>
<div id="attachment_4130" class="wp-caption alignright" style="width: 241px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/09/ChevaliersCarillon.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4130  " title="Chevaliers de Carillon de Granby" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/09/ChevaliersCarillon-231x300.jpg" alt="Chevaliers de Carillon de Granby" width="231" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Les patrons religieux et laïcs des chevaliers de Carillon sont saint Jean-Baptiste, les Martyrs canadiens et Montcalm, « le vainqueur de la bataille de Carillon »; leur  drapeau est le Carillon Sacré-Cœur, emblème de la nation canadienne-française, leur devise, « Nos autels et nos foyers ». (Les Chevaliers de Carillon de Granby. Album souvenir de la paroisse Notre-Dame de Granby, Granby, 1936)</p></div>
<p style="text-align: justify;">L’Ordre des chevaliers de Carillon est fondé en 1930 à Montréal par Mgr Lepailleur, dans le contexte du renouveau du nationalisme canadien-français conservateur et catholique qui accompagne la crise économique de 1929. L’Archevêque de Montréal, Paul Bruchési, en confie aussitôt le développement et la direction spirituelle aux Pères Oblats (OMI). L’<strong>objectif de l’association</strong> est de mobiliser la petite bourgeoisie catholique militante des villes les plus importantes des Cantons-de-l’Est autour de la <strong>défense des intérêts nationaux et religieux</strong> des Canadiens français, en conformité avec les principes de l’Action catholique émis dans l’encyclique <em>Quadragesimo anno</em>, parue en 1930. De façon pratique, l’Ordre est à l’écoute des directives du pape et des évêques et veut redonner aux Canadiens français et à leur langue la place qui leur revient dans le Canada. Les élites canadiennes-françaises étant demeurées longtemps sans agir, constate-t-on, « la plus large part de notre patrimoine national est passé aux mains des capitalistes étrangers » et <strong>la langue française</strong> a presque été totalement bannie du commerce, de l’industrie et de la finance.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le conseil N<sup>o</sup> 2 de l’Ordre est fondé à Granby le 8 mars 1931</strong> et rattaché à la <strong>paroisse Notre-Dame</strong>. L’association recrute exclusivement parmi les hommes en vue de la communauté granbyenne, c’est-à-dire parmi ceux qui savent que « le monde vit et agit par le petit nombre ». Issu d’une élite profondément chrétienne et « intégralement canadienne-française », le chevalier est un homme de grande vertu qui s’interdit les jeux à l’argent, les bals, les soirées dansantes et la consommation d’alcool en public, qui constituent autant d’entraves à son action catholique et nationale. Pour devenir membre de l’Ordre à part entière, le chevalier doit aussi subir une initiation dont la nature est gardée secrète, comme c’est souvent le cas dans ce type d’association.</p>
<p style="text-align: justify;">Jusqu’en 1935, l’Ordre des chevaliers de Carillon ne regroupe que les conseils de Montréal et de Granby, mais plusieurs autres s’ajoutent avant la fin de l’année suivante, à Farnham, Sherbrooke, Saint-Jean, Magog et Drummondville. C’est au conseil de Granby, aidé par l’aumônier général, le père Castonguay (OMI), que revient l’initiative de chacune de ces fondations. En janvier <strong>1936</strong>, la mise sur pied du <strong>conseil N<sup>o </sup>4, dans la paroisse Sainte-Famille</strong>, montre toute l’importance que l’Ordre a acquis au sein de l’élite canadienne-française de Granby. « Ce mouvement de renouveau catholique semble prendre des proportions dignes de son but », peut-on lire dans la <em>Voix</em><em> de l’Est</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Aucune indication ne permet d’estimer le nombre total des membres des deux conseils de Granby. Leurs <strong>leaders</strong>, cependant, sont des figures bien connues du grand public. Les postes de direction qu’ils se partagent au sein de l’Ordre sont ceux de grand chevalier et d’assistant grand chevalier, de conseiller légal, de censeur, de garde intérieur et de garde extérieur. Chaque conseil comprend aussi un médecin et un aumônier responsables. Parmi ces dirigeants, on remarque la présence du notaire <strong>Lindor Tétreault</strong>, grand chevalier du conseil N<sup>o </sup>2, des épiciers <strong>Wilfrid Juaire et Ernest Morin</strong>, du commerçant de meubles <strong>Césaire Léroux</strong>, du bijoutier <strong>Louis-Philippe Petit</strong>, du comptable <strong>Aimé Dorion</strong>, des industriels <a href="http://www.shhy.info/fonds-et-collections-d-archives/associations/fonds-cercle-saint-romuald-de-granby-acjc">Laurio Racine</a> et <a href="http://www.shhy.info/industrie/j-h-leclerc-pasteurisation-lait">Joseph-Hermas Leclerc</a>, également député fédéral, du gérant de banque <strong>Armand Thibodeau</strong> et des médecins <strong>Émile Quenneville et Jean-Marie Dubé</strong>.</p>
<div id="attachment_1061" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2010/06/P028St-Jean-Baptiste.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-1061  " title="P028St-Jean-Baptiste" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2010/06/P028St-Jean-Baptiste-300x192.jpg" alt="" width="300" height="192" /></a><p class="wp-caption-text">© Le char allégorique des Chevaliers de Carillon commémorant l’arrivée de Jacques Cartier, tel que présenté lors du défilé de la Saint-Jean-Baptiste de 1934. (Fonds Pauline Lasnier, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le champ d’action des chevaliers de Carillon des paroisses Notre-Dame et Sainte-Famille s’étend aux domaines religieux, civique, national et scolaire; il est aussi vaste que le programme de l’Action catholique. Dans le domaine religieux, l’Ordre organise des <strong>retraites fermées</strong>, mène la <strong>guerre aux affiches immorales et à l’athéisme communiste</strong>, accorde son aide aux <strong>organisations religieuses</strong> les plus diverses et fait des dons en argent aux églises Notre-Dame et Sainte-Famille. L’Ordre donne aussi des <strong>conférences</strong> sur le salaire familial, le civisme, le séparatisme et les syndicats nationaux et participe activement aux <strong>fêtes nationales</strong> de Dollard et de la Saint-Jean-Baptiste.</p>
<p style="text-align: justify;">Les chevaliers de Carillon se font aussi un devoir de <strong>combattre les lois et les règlements qui attaquent la langue et les droits des Canadiens français</strong>. Parmi d’autres mesures, ils réclament le bilinguisme dans les ministères des postes et des finances et la présence du français dans tous les services publics qui relèvent du gouvernement fédéral. Les Carillons de Granby sont particulièrement sensibles à la langue d’affichage, ce qui se comprend aisément dans une ville où sur 106 enseignes commerciales recensées en 1937, 76 sont uniquement en anglais, 20 sont bilingues et 13 seulement sont en français. Dans la seconde moitié des années 1930, ils se font aussi les ardents promoteurs de la campagne d’ « <strong>achat chez nous</strong> », qui se veut une réponse à la dépossession commerciale des Canadiens français subie « aux mains des étrangers ».</p>
<div id="attachment_4136" class="wp-caption alignright" style="width: 259px"><img class="size-full wp-image-4136   " title="qc2f" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/09/qc2f.jpg" alt="" width="249" height="220" /><p class="wp-caption-text"> Le drapeau Carillon Sacré-Cœur fut adopté par la Société  Saint-Jean-Baptiste en 1903 comme drapeau officiel des Canadiens  français, avant d’être remplacé par le drapeau actuel, en 1948. </p></div>
<p style="text-align: justify;">L’Ordre accorde une attention particulière à l’<strong>éducation</strong>. Ainsi, on organise des concours de littérature et d’histoire du Canada dans les différentes écoles de Granby et on offre des livres d’histoire comme prix. En octobre 1936, afin d’<strong>attiser la ferveur nationaliste des élèves</strong>, les chevaliers de Sainte-Famille donnent une douzaine de grands drapeaux Carillons Sacré-Cœur à l’école Christ-Roi, qui les accepte et les installe dans chacune des classes. Tous les matins, les élèves devront se mettre au garde-à-vous et saluer le drapeau.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour signifier l’importance de Granby dans son développement, l’Ordre y organise, en octobre 1936, son premier congrès général à l’extérieur de Montréal. Ce « véritable déploiement des forces vitales racistes des Canadiens français » attire plus de 150 délégués et donne lieu à une grande initiation des nouveaux membres. Plusieurs résolutions sont adoptées lors de cette rencontre, mais la principale préoccupation concerne la <strong>guerre civile qui déchire l’Espagne</strong> depuis juillet 1936. Dans ce conflit, l’Ordre prend fait et cause <strong>pour les nationalistes de Franco</strong> contre les républicains, démocratiquement élus, mais à qui on reproche d’être inféodés aux mouvements anarchiste et communiste et de supporter la Russie soviétique.</p>
<p style="text-align: justify;">À partir de 1937, c’est la possibilité que le Canada s’engage dans un conflit européen, de plus en plus imminent, qui mobilise les chevaliers de Carillon et plusieurs autres associations de Granby. Mais la<strong> Deuxième Guerre mondiale</strong>, qui s’enclenche en septembre 1939, trahit non seulement les aspirations non interventionnistes de l’Ordre, mais elle en signe l’<strong>arrêt de mort </strong>en mettant au ban de la société toutes les associations au nationalisme exacerbé, maintenant soupçonnées de partager l’idéologie que les Alliés se sont engagés à combattre.</p>
<p style="text-align: justify;">Si son existence fut relativement brève, l’Ordre des chevaliers de Carillon a néanmoins permis à la fraction conservatrice catholique de l’<strong>élite granbyenne</strong> d’exercer son leadership sur la scène locale, régionale et nationale à une époque où les Canadiens français luttaient afin d’occuper une place équivalente à leur écrasante majorité démographique.</p>
<p style="text-align: justify;">Mario Gendron</p>
<p style="text-align: justify;">©Société d&#8217;histoire de la Haute-Yamaska</p>
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		<title>L’exposition agricole du comté de Shefford, 125 ans de présence en région</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Aug 2012 15:47:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mario Gendron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
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		<description><![CDATA[À une époque où les occasions de se divertir étaient rares, l’exposition agricole du comté de Shefford constituait un événement que tous attendaient avec fébrilité. Cette grand-messe de l’agriculture et de l’élevage, qui se tenait généralement à Waterloo à la fin de l’été, mobilisait des milliers de personnes de tous les horizons sociaux et de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">À une époque où les occasions de se divertir étaient rares, l’exposition  agricole du comté de Shefford constituait un événement que tous  attendaient avec fébrilité. Cette grand-messe de l’agriculture et de  l’élevage, qui se tenait généralement à <a href="http://www.shhy.info/fonds-et-collections-d-archives/municipalites-de-la-mrc-la-haute-yamaska/fonds-ville-de-waterloo">Waterloo</a> à la fin de l’été,  mobilisait des milliers de personnes de tous les horizons sociaux et de  tous les âges. On y venait, bien sûr, pour les animaux et les produits  agricoles, mais aussi pour les attractions parallèles, les courses, les  activités foraines et les diseuses de bonne aventure ou, plus  simplement, pour rencontrer des gens et s’amuser, même si plusieurs  abusaient de cet espace de liberté pour s’enivrer et se bagarrer.</p>
<div id="attachment_4089" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/P010-S001-D003-P043.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4089   " title="P010-S001-D003-P043" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/P010-S001-D003-P043-300x201.jpg" alt="Exposition agricole du comté de Shefford" width="300" height="201" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;exposition agricole attire des milliers de visiteurs à Waterloo. Les installations, vers 1890. (Fonds R. Monnier, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est la Société d&#8217;agriculture du comté de Shefford qui, l’année même de sa fondation, en <strong>1834</strong>, organise la première exposition agricole sur la terre de Calvin Richardson, à l’extérieur des limites de Waterloo. Ces <em>cattle show</em>, comme les nomment les anglophones, cherchent à faire connaître les <strong>progrès de l’agriculture et de l’élevage</strong> au plus grand nombre et à favoriser l’émulation chez les cultivateurs.  Les exposants de 1834, au nombre de 74, présentent environ 150 têtes de  gros bétail, taureaux, vaches à lait, bœufs de travail, veaux, bovins de  boucherie, étalons, juments, chevaux hongres, juments de selle et  poulains, sans compter les nombreux porcs. À cette occasion, on  distribue <strong>328 $ en prix</strong>, une somme importante si l’on  considère qu’une vache se vend 10 $ ou 15 $ à cette époque.  À la  différence de la situation qui prévaut après 1880, les animaux ne sont  pas regroupés et jugés selon leur race mais uniquement d’après leurs  qualités individuelles. Ainsi, on récompense la jument qui présente la  meilleure conformation, le bœuf le plus lourd ou le cochon le plus gras.  Parce qu’ils possèdent généralement de beaux animaux, ce sont surtout  les gros cultivateurs qui participent à l’événement. À la suite de la  reconnaissance officielle par Québec des sociétés d’agriculture, en  1847, plusieurs de ces gros cultivateurs profiteront largement des  subventions gouvernementales annuelles attribuées aux expositions de  comtés.</p>
<div id="attachment_4099" class="wp-caption alignleft" style="width: 212px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/P123-S003-D002-P001.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4099    " title="P123-S003-D002-P001" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/P123-S003-D002-P001-202x300.jpg" alt="Programme de l'exposition agricole du comté de Shefford " width="202" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Programme de l&#39;exposition agricole du comté de Shefford, 1934. (Fonds C.D. Porter, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Moins présentes avant 1850, les activités plus festives de l’exposition, comme les <strong>courses de chevaux et les divertissements forains</strong>, voient leur popularité grandir à mesure que le siècle avance et que la société s’urbanise. Les Gitans, qui courent ce genre d’événements, connaissent toujours beaucoup de succès, amassant quelques dollars en prédisant la bonne aventure. Quant à la multiplication des <strong>concours d’artisanat, d’horticulture et de produits alimentaires</strong>, elle incite un nombre croissant de femmes à participer à l’exposition, soit comme spectatrices, soit comme concurrentes. La popularité de tous ces événements attire des <strong>milliers de visiteurs</strong> à Waterloo, jusqu’à faire doubler et même tripler sa population pendant quelques jours. Ce sont les salles de billard et les hôtels du village qui sont les principaux bénéficiaires de l’affluence. La consommation d’alcool aidant, les bagarres sont toutefois monnaie courante, ce qui oblige la Société d’agriculture de Shefford à engager des constables spéciaux afin de maintenir l’ordre. Ainsi, en septembre 1877, le <em>Waterloo Advertiser</em> rapporte, comme s’il s’agissait d’un fait coutumier: « Il y a eu le nombre habituel de querelles d’ivrognes à l’exposition agricole et un grand nombre d’arrestations ont été effectuées ».</p>
<p>Après 1880, l’exposition agricole de Shefford s’inscrit sous le signe de l’industrie laitière, dont la croissance est stimulée par la demande anglaise pour le fromage cheddar et par l’extension du marché domestique du beurre. Cette évolution explique que ce sont les <strong>races bovines laitières</strong> —ayrshire, <a href="http://www.shhy.info/fonds-et-collections-d-archives/agriculture/p025-societe-des-eleveurs-de-bovins-canadiens">canadienne</a> ou jersey — qui retiennent  désormais l’attention des concurrents et des spectateurs, éclipsant les races de boucherie et les races à deux fins (lait et viande). « Il y a de cela quelques décennies », affirme à regret un observateur en septembre 1893, « nous pouvions admirer de magnifiques bovins de grandes races, gras comme du beurre et d’une taille énorme, mais en ces jours d’industrie laitière, les cultivateurs n’en ont plus que pour les petites races laitières. » Les <strong>concours de chevaux de ferme et de route</strong>, ces indispensables alliés du cultivateur, du voyageur, du commerçant, de l’industriel et du professionnel, attirent toujours des foules importantes; les moutons, au contraire, sont en perte de vitesse, leur destin compromis par l’importation massive des lainages anglais à bon marché.</p>
<div id="attachment_4101" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/P053-S001-SS04-P004.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4101  " title="P053-S001-SS04-P004" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/P053-S001-SS04-P004-300x188.jpg" alt="" width="300" height="188" /></a><p class="wp-caption-text">En 1937, remise de la coupe Bona Dusseault (ministre de l&#39;Agriculture), en présence du président de la Société d&#39;agriculture, W.H. Miner, de J.C. Magnan, Liboire Paré et Hector Choquette, député de Shefford. (Fonds Bernard Brodeur, SHHY)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Malgré que Shefford soit un comté où la proportion des francophones dépasse les trois-quarts à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, ce sont surtout des <strong>cultivateurs et des marchands anglophones</strong> qui concourent et gagnent à l’exposition agricole. Certains de ces compétiteurs portent des noms qui remontent aux familles pionnières du canton de Shefford (C.W. Curtis, Henry Ashton, James T. Booth, Jos. H. Savage), de Roxton-Sud (John Blampin, James Galbraith, <a href="http://www.shhy.info/fonds-et-collections-d-archives/familles-et-individus/fonds-john-sanborn">J.R. Sanborn et Bradley Smith</a>), de Granby (T. Roberts, W. Kay, Edward Seal et J.S. Irwin) et de Saint-Joachim (M.S. Standish et J. Kennedy). De surcroît, ce sont de gros marchands d’animaux, comme S.N. Blackwood et John Davis, de Shefford, qui remportent les concours de vaches et de taureaux canadiens enregistrés, des animaux que les Canadiens français élèvent pour leurs aptitudes laitières depuis des générations et qu’ils ont amenés avec eux en région.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que le XX<sup>e </sup>siècle bat son plein, l’exposition agricole de Shefford reste ancrée dans ses traditions et marque le pas. Concurrencée par le cinéma et le baseball, qui lui arrachent une partie de sa clientèle, elle perd progressivement sa suprématie comme manifestation régionale de grande envergure. On peut aussi penser qu’une forme de lassitude s’est installée chez les gens, puisque ce sont presque toujours les mêmes cultivateurs qui participent et qui remportent les prix. Même l’entrée en scène de nouvelles races de porc et de la race holstein, appelée bientôt à dominer les cheptels laitiers, n’arrive pas à soulever l’enthousiasme populaire.</p>
<div id="attachment_4106" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/Exposition-agricole-de-Shef.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-4106  " title="Exposition agricole de Shefford" src="http://www.shhy.info/wordpress/wp-content/uploads/2012/08/Exposition-agricole-de-Shef-300x214.jpg" alt="Exposition-agricole-de-Shefford, Waterloo" width="300" height="214" /></a><p class="wp-caption-text">Exposition agricole du comté de Shefford de 1957</p></div>
<p style="text-align: justify;">La Société d&#8217;agriculture du comté de Shefford sort affaiblie de la Deuxième Guerre mondiale, maintenant confrontée à une désaffection des cultivateurs qui menace la survie même de son exposition annuelle. En 1957, les directeurs de la Société tentent de renverser la tendance en organisant une exposition extraordinaire les 9, 10 et 11 août. Pat Anthony, « le plus grand dompteur de bêtes sauvages de l’univers », sera sur place avec ses lions, on présentera un spectacle équestre mettant en scène les meilleurs chevaux sauteurs de Montréal et les artistes jongleurs de renom Ray &amp; Yo donneront plusieurs représentations.  On procédera même au tirage d’une automobile de marque Studebaker, d’une valeur de 2 225 $. Comme c’est le cas depuis des décennies, c’est le <em>Waterloo Band</em> qui aura la responsabilité d’assurer l’animation musicale sur le terrain de l’exposition. Des publicités seront placées dans le <em>Montreal Star</em> et <em>La Voix</em><em> de l’Est </em>afin de garantir la présence du public.</p>
<p style="text-align: justify;">Le bilan de l’exposition de <strong>1957</strong> effectué et le déficit d’opération constaté, les directeurs de la Société d’agriculture doivent se résoudre à l’inévitable : <strong>vendre le terrain et les installations de l’exposition</strong> à la Ville de Waterloo contre le paiement des dettes de l’organisme. Après une année de relâche, la <strong>dernière exposition agricole du comté de Shefford se tient en 1959</strong>. Ayant perdu sa principale raison d’être, la <a href="http://www.shhy.info/fonds-et-collections-d-archives/metiers-et-professions/fonds-louis-jolin-waterloo">Société d’agriculture de Shefford</a> est dissoute le 28 mai 1971 par le ministre de l’Agriculture et de la Colonisation.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment expliquer la <strong>disparition de l’exposition agricole du comté de Shefford</strong>, alors que celles de Brome et de Bedford (Missisquoi) ont perduré jusqu’à aujourd’hui? Les <strong>raisons principales</strong> tiennent sans doute à la diminution du nombre des cultivateurs anglophones de Shefford, et ce, à un rythme beaucoup plus rapide que dans les comtés voisins, et au désintérêt des cultivateurs francophones, dont les plus importants préfèrent désormais participer à l’exposition de Saint-Hyacinthe.</p>
<p>© Mario Gendron</p>
<p>Société d&#8217;histoire de la Haute-Yamaska</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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