Les frères maristes et l’éducation des garçons

La communauté des frères maristes est fondée en France en 1817 « dans le but d’enseigner, d’éduquer et de donner une instruction élémentaire dans les petites écoles ». Première communauté enseignante masculine à s’installer en région, au tournant des années 1890, les Maristes prodiguent un enseignement voué aussi bien à la formation des futures élites canadiennes-françaises du commerce et de l’industrie qu’à l’éducation élémentaire des plus humbles travailleurs, comme le montre l’établissement d’une école du soir à l’intention des Granbyens analphabètes.

classe de garçon de l’école Saint-Bernardin de Waterloo

© Une des classes de l’école Saint-Bernardin. ( Archives Société d'histoire de la Haute-Yamaska)

Les Maristes s’installent au Québec en 1885 à la requête de Mgr Zéphirin Moreau, évêque de Saint-Hyacinthe. Quatre ans plus tard, J.-C. Bernard, curé de Saint-Bernardin et président du syndic d’école de Waterloo, s’adresse au provincial des frères maristes pour lui demander trois religieux pour prendre en charge l’école primaire des garçons, dirigée depuis 1885 par les Sœurs des Très-Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie.

La deuxième école de garçons de Waterloo, construite en 1924. (© Fonds Ronald Parisien, SHHY)

© La deuxième école de garçons de Waterloo, construite en 1924. (Fonds Ronald Parisien, SHHY)

Le mois suivant la réouverture de l’école sous la direction des frères, en septembre 1889, l’inspecteur Ruel ne tarit pas d’éloges sur l’enseignement qu’ils y professent. En 1894, l’école compte 108 élèves, dont 28 en première année, 36 en deuxième et 44 en troisième.

À Granby, c’est en 1890 que les frères s’installent dans le tout nouveau collège bâti par les Syndics, sur la rue Saint-Joseph. La mission éducative qu’ils y poursuivent est plus étendue qu’à Waterloo, puisqu’on leur remet aussi la responsabilité de l’éducation supérieure des garçons catholiques. L’entente qui lie les deux parties stipule qu’en retour de la propriété du collège, les frères maristes s’engagent à donner un cours commercial et industriel complet, « français et anglais sur le même pied », et à établir un pensionnat à leurs risques. Ils devront aussi enseigner à l’élémentaire dans un local du collège, ce pour quoi ils recevront 400 $ par année de la commission scolaire.

Le collège Saint-Joseph fut dirigé par les frères Maristes de 1890 à 1911.

© Le collège Saint-Joseph fut dirigé par les frères maristes de 1890 à 1911. Il était situé rue Saint-Joseph, à l’emplacement du Cégep de Granby-Haute-Yamaska. (Fonds Germain Fortin, SHHY)

Le collège Saint-Joseph ouvre ses portes en septembre 1890 avec 245 élèves, répartis en cinq classes. En 1906, 16 frères enseignent à 400 élèves, dont seulement 47 sont pensionnaires. Le programme d’étude proposé par les Maristes est moderne et varié : commerce, télégraphie, dessin ornemental et géométrique, physique et chimie, arpentage sur le champ, formation littéraire et artistique, musique théorique et pratique, entre autres matières.

L’implication des Maristes dans la société granbyenne est remarquable. Ils participent, par exemple, à la vie culturelle en aidant les jeunes du Club franco-canadien à produire des spectacles. Dans le but d’améliorer la formation des ouvriers, ils fondent aussi une École d’arts et métiers au début des années 1890. Mais leur plus grande réalisation demeure incontestablement la mise sur pied d’une École du soir, en novembre 1906, pour lutter contre l’analphabétisme. Dès l’ouverture des cours, une centaine d’étudiants s’y inscrivent; à la surprise générale, peu d’entre eux auront abandonné leurs études après les cinq mois réglementaires. La commission scolaire catholique, enthousiasmée par tant de succès, fournira dès l’année suivante aux frères maristes le local, le chauffage et l’éclairage. Avec 111 inscriptions à l’automne 1907, l’École du soir est devenue « le grand sujet de conversation dans notre classe ouvrière », indique le Journal de Waterloo. En avril 1908, lors de la distribution des prix marquant la fin des cours, plusieurs élèves, analphabètes au départ, ont pu lire, sous les applaudissements de la foule, des textes en français et en anglais.

« Souvenir de la 1er année de la fanfare du collège St-Joseph dirigée par les frères Maristes à Granby »

© « Souvenir de la 1re année de la fanfare du collège St-Joseph dirigée par les frères Maristes à Granby » (Fonds Harmonie de Granby, SHHY)

L’expérience d’enseignement des frères maristes à Granby allait se terminer tragiquement. Dans la nuit du 4 au 5 janvier 1911, au cours de la période des vacances d’hiver, un incendie rase le collège et emporte dans la mort le frère Marie-Léoncien. Le collège Saint-Joseph en ruines, 530 élèves se retrouvent sans maison d’éducation. Pour ajouter à l’infortune, des désaccords surgissent entre la commission scolaire et les Maristes à propos du pensionnat et des conditions de la réouverture. D’un commun accord, mais avec un peu d’amertume de la part des frères, on préfère résilier l’entente de 1890. Les commissaires, qui doivent réagir rapidement, se tournent alors vers les Frères du Sacré-Cœur, qui acceptent les conditions refusées par les Maristes et reprennent en main l’éducation des garçons catholiques en septembre 1912.

© Les ruines du collège Saint-Joseph. (Archives Société d'histoire de la Haute-Yamaska)

En 1953, sous la pression d’anciens élèves, les frères maristes reviennent à Granby pour prendre en charge les écoles primaires Saint-Benoît et Notre-Dame de Fatima et l’externat Mgr Prince. Relevant directement du séminaire de Saint-Hyacinthe, l’externat permettait aux garçons de Granby de suivre les quatre premières classes du cours classique, éléments latins, syntaxe, méthode et versification. Pour les frères, il s’agissait en quelque sorte d’un retour aux sources.

Le collège Mgr Prince rue Dufferin à Granby. (© Fonds Valère Audy, SHHY)

© Le collège Mgr Prince rue Dufferin à Granby, vers 1956. (Fonds Valère Audy, SHHY)

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13 Réponses pour “Les frères maristes et l’éducation des garçons”

  1. Luc R. Bouchard D.C. FICC dit :

    Ave,
    Bonne et Heureuse Année
    Santé Paix Bonheur
    + les Fruits ( Galate 5; 21-23 et les Dons de L’esprit Saint 1 Corinthiens 12; 8-14 ).
    ? en 1890 les Frères s’installent dans un tout nouveau Collêge construit
    par les Syndics, c’est quoi les Syndics à l’époque, qui composent les
    Syndics ?
    Pour ce qui est de l’Externat Classique Mgr Prince, il est mentionné qu’avec le retour des Maristes qui sont de retour pour l’enseignement
    dans les écoles primaires Saint Benoit et Notre Dame, ils sont responsables de l’enseignement à l’Externat Classique en 1953 !!!
    J’ai des réserves la dessus, comme ancien étudiant du Mgr Prince,
    ( septembre 1951 1955 et au Séminaire dee Saint Hyacinthe ).
    L’Externat Classique a été établi à Granby en 1949.
    C’est l’abbé Hectorien Chapedeine qui en a été le premier directeur.
    À l.’époque il était assisté des abbés Auguste Lincourt et Gérard Dupus,
    et des professeurs laiques, feu Marcel Doucet, Monsieur Jean Paul Zigby, Mes Gilles Bélanger et Me Jean Marquis et plusieurs autres !!!
    Alors en 1953, aucun enseignant de la congrégation des Maristes à
    l’Externat !!!
    Au fait, existe-t’il quelques écrits sur l’Externat Classique ?
    Je vous félicite pour l’excellent travail, don’t give up …
    Amicalement
    ChiroLuc

  2. Émile Roberge dit :

    Article intéressant. Merci de votre contribution.
    Pourquoi écrivez-vous « les Maristes » et les « frères maristes ». Que je sache, le nom officiel de la congrégation, c’est les Frères maristes (ou Frères Maristes). On emploie ordinairement l’expression « les Maristes » pour désigner une autre congrégation, soit celle des Pères maristes (ou Pères Maristes) ou pour désigner le groupe quatre congrégations dites maristes. Ce sont toutes des congrégations différentes ayant des fondateurs distincts (Pères, Frères, Sœurs). Si on emploie « maristes » pour désigner les frères, c’est un phénomène d’abréviation, comme on disait « un clerc » pour désigner un clerc de Saint-Viateur.
    Et pourquoi écrire « frères maristes » (minuscules) et « Sœurs des Très-Saints-Noms… » (majuscules)?
    Je sais que les majuscules, dans ces cas, constituent un problème. J’hésite souvent entre la majuscule et la minuscule. L’important me semble la cohérence dans un texte.
    Puis il y aurait aussi à ajouter en «e» à « enthousiasmé » : « La commission scolaire catholique, enthousiasmÉe… »
    Amitiés,
    Émile

  3. Denise Forand dit :

    Ceci est très intéressant. Je fais de la recherche généalogique et j’aimerais bien savoir si vous avez une liste des étudiants du début à la fin de ces années d’enseignements.

  4. luc bernier dit :

    Comme je suis à rédiger la biographie du Frère Jean-de-la-Lande (Gérard Pelletier) f.m.s., et directeur fondateur des écoles Saint-Benoît (1953) et Notre-Dame de Fatima (1954), j’ai grandement apprécié cet article consacré aux Frères Maristes.

    Ils ont effectivement eu des écoles à Waterloo, Roxton Falls, Bedford et Granby.

    Pour ce qui est du Collège Mgr Prince, ils en ont assuré la direction de 1957 à 1970 (source: Frère Fernand Rheault, couriel du 15 janvier 2010).

    Voici les noms des directeurs qui en ont assumé la direction:

    1. Frère Philippe-Henri Doré (1957-60)
    2. Frère Louis-Ernest Poisson (1960-63)
    3. Frère Fernand Rheault.(1963-70)

    Merci encore pour cet excellent article.

    Luc Bernier.

    P.S Toute personne ayant connu le Frère Jean-de-la-Lande peut me contacter à mon adresse Internet.

  5. Daniel Beauregard dit :

    J’ai vécu les dernières annés du Collège MR Prince indirectement. Plusieurs de mes amis fréquentaient cette école. J’ai fais mon secondaire à l’école Sacré-Coeur et j’ai jouer au hokey pour cette école contre le collège MR Prince.Les deux équipes étaient dirigées par des fréres .Une belle rivalité qui démontrait l’apport des religieux à l’éducation.

  6. luc bernier dit :

    De façon à mieux se représenter l’oeuvre des Frères Maristes au Canada, je crois bon de joindre l’extrait suivant:

    Dans le domaine académique, le C.F. Pierre-Gonzalès avait obtenu l’’affiliation officielle des Frères Maristes à l’Université Laval de Montréal, créant avec le concours du vice-recteur un baccalauréat moderne d’études sous le nom d’Enseignement Moderne et de Pédagogie, programme que plusieurs communautés enseignantes de Frères devaient bientôt embrasser.

    la prospérité de la Province dont les effectifs en personnel se chiffraient déjà à 386 religieux dirigeant au Canada et aux États-Unis 36 écoles, 2 Scolasticats, 2 Noviciats et 3 Juvénats, avait fait naître parmi les Frères la rumeur d’une division prochaine, d’autant que les établissements situés à des distances allant du Lac-Saint-Jean à New York et du Manitoba à la Nouvelle-Angleterre, obligeaient le F. Provincial à des voyages onéreux et continus, et que des régions aussi disparates que les États-Unis et la Beauce imposaient aux Frères des programmes d’études différents et la connaissance de deux langues usuelles, l’anglais étant requis aux États-Unis , voire obligatoire dans l’État de New York.
    Aussi un vote unanime du Conseil provincial en date du 24 août 1910 sollicitait des Supérieurs majeurs la division de la Province d’Amérique. Approuvée par le Conseil général de l’Institut le 3 janvier 1911 et confirmée par un rescrit du Saint-Siège le 25 janvier, la division était annoncée officiellement par une circulaire du Rév. F. Supérieur Général le 17 mars 1911.
    Cette division créait les deux Provinces maristes du Canada et des États-Unis, chacune formée des écoles établies sur son territoire et du personnel qui s’y trouvait actuellement à l’oeuvre.
    La Province du Canada compterait 24 écoles paroissiales et 4 maisons de formation avec un personnel de 229 Frères, celle des États-Unis, 10 écoles et 155 religieux. L’acte de division rattachait à la Province étatsunienne deux écoles du Canada : St. Michael de Montréal et Saint-Boniface du Manitoba. Les Frères du Canada comprenaient 131 Européens et 98 Canadiens.

    GIROUX, Émile, f.m.s., « L’OEUVRE MARISTE CANADIENNE (FRÈRES MARISTES), TOME III, Iberville, 1975, p. 4-5 (408 p.)

    On peut constater d’une part la qualité de leur formation, laquelle était assurée par un Directeur des Études hautement qualifié, le Frère Pierre-Gonzelès ( L. RIBOULET, « Histoire de la pédagogie », Paris, Emmanuel Vitte, 1941).

    D’autre part, ils assuraient déjà la formation de milliers de jeunes au Canada et aux État-Unis. Leur établissement le plus prestigieux au Canada était le Collège Laval de Saint-Vincent-de-Paul (Laval).

    Je rappelle aux amis de l’histoire régionale que les deux Mgr Cabana (Sherbrooke, Afrique), Solyme Cabana (ex-président de la Commission scolaire de Granby), l’abbé Langlais (longtemps aumônier à l’hôpital Saint-Joseph, aumônier de l’Amicale Cabana des Frères Maristes) sont des anciens du premier collège Saint-Joseph dirigé par les Frères Maristes. M.A. Dorion, ancien président de la Société d’histoire de Granby en était également, avec le Dr Jolin et M. Jean Loiselle.

    Je remercie M. Daniel Beauregard d’avoir contribué par son commentaire.

    J’espère que d’autres imiteront son geste.

    Luc Bernier

  7. luc bernier dit :

    Pour ceux qui pourraient douter du fait de L. RIBOULET, ne serait pas le Frère Pierre-Gonzalès…

    Pour tous ceux qui croient encore que la Révolution tranquille a tout inventé…

    Voici la preuve que le Frère Pierre-Gonzalès (L. Riboulet), était bel et bien un Frère Mariste et, qui plus est, un éducateur des plus qualifiés:

    1. Histoire de la pédagogie. Préface de… André Baudrillart…
    Description :
    Histoire de la pédagogie. Préface de… André Baudrillart
    Riboulet, Louis
    Né le 15 janvier 1871 à Chapotier, France, et décédé en France le 25 février 1944. Entré chez les Frères maristes, il prend le nom de frère Pierre-Gonzalès. Arrive à Iberville en 1890 et retourne en France en 1902 pour revenir au Québec en 1903. Il commence alors à publier des articles sur la pédagogie dans la revue interne de la communauté. Selon son autobiographie, il serait le compilateur de l’Abrégé chronologique de l’histoire du Canada, “un petit volume que j’ai fabriqué dans mes moments de loisir” (Notices biographiques, p. 392). Par contre, il ne mentionne pas l’Atlas-géographie comprenant 54 pages dont le catalogue en ligne de la Bibliothèque nationale du Québec lui attribue la paternité.
    Manuels
    Pédagogie
    Résumé d’histoire de la pédagogie (d’après Riboulet) – Antiquité et ère chrétienne. S.l., s.n., n.d. 35 p.
    Une réimpression non datée: on ajoute Première section dans le titre.
    Résumé d’histoire de la pédagogie (d’après Riboulet) – 17e et 18e siècles. S.l., s.n., n.d. 40 p.
    Une réimpression non datée: on ajoute Deuxième section dans le titre.
    Résumé d’histoire de la pédagogie (d’après Riboulet) – 19e et 20e siècles. S.l., s.n., n.d. 51 p.
    Histoire de la pédagogie d’après Riboulet – le vingtième siècle. S.l., s.n., n.d. 48 p.
    1. Méthodologie générale – II. Méthodologie particulière. Lyon; Paris, Librairie catholique Emmanuel Vitte, 1939. 375 p. (Imprimé au Canada). (Couverture: Directions méthodologiques).
    Seul livre signé L. Riboulet qui se dit “Professeur de philosophie et de Pédagogie, Membre de la Société nationale d’Education, Lauréat de l’Académie Française”.
    Bibliographie
    1948: xxx. Notices biographiques de l’Institut des Petits Frères de Marie – Tome 5 (Lyon, 1948):384-406.
    http://www.bibl.ulaval.ca/ress/manscol/auteurs/auteursr.html

    Les communautés de Religieux et de Religieuses enseignantes ont certainement grandement contribué à préparer ce que nous nommons la Révolution tranquille.

    Il est temps qu’on leur rendre justice.

    Luc Bernier

  8. Mario Gendron dit :

    M. Luc R. Bouchard,

    La loi de 1845, qui institue les commissions scolaires au Québec, autorise la dissidence pour les minorités religieuses catholiques ou protestantes, une donnée de première importance pour Granby. Sur le plan local, la perception des taxes scolaires, l’engagement des professeurs et l’administration des écoles reviennent à cinq commissaires ou à trois syndics dissidents, élus par les propriétaires fonciers, assujettis à des devoirs et investis de pouvoirs identiques. En bref, les syndics jouent le même rôle que les commissaires d’école, mais pour la minorité religieuse. Ce n’est qu’en 1892 que les catholiques de Granby, pourtant déjà largement majoritaires, obtiendront leur propre commission scolaire, ce qui entraînera la disparition des syndics.

    En ce qui regarde la question des Maristes et de l’externat classique Mgr Prince, l’information selon laquelle ces derniers seraient revenus à Granby en 1953 provient de la communauté elle-même. Vous pourrez obtenir plus d’informations à ce sujet en vous adressant directement à Johanne ou Richard à la SHHY.
    Merci de votre intérêt pour nos modestes écrits.

    Mario Gendron

  9. Mario Gendron dit :

    M. Émile Roberge,

    Merci pour vos bons mots. L’emploi ou non de la majuscule pour les communautés religieuses est, en effet, particulièrement embêtante. Dans la première version de ce texte, j’avais bel et bien écrit les «Frères maristes», mais la correctrice de la SHHY, qui, soit dit en passant, est une professionnelle de la révision linguistique, m’a bien indiqué que dans ce cas particulier aucune majuscule n’était requise, sauf lorsqu’on utilise l’expression «les Maristes». Quoiqu’il en soit, je lui ferai parvenir sous peu vos remarques et plublierai sa réponse dans la section «commentaire» du site internet de la SHHY.

    À bientôt,

    Mario Gendron

  10. luc bernier dit :

    Deux petites corrections à faire au commentaire no: 7.

    J’aurais dû écrire:

    1. Pour ceux qui douteraient que le Frère Pierre-Gonzalès… était en fait Louis Riboulet.

    2. Il est temps qu’on leur rende justice.

    M.Luc Bouchard a raison en ce qui concerne le Collège Mgr Prince :
    Il a bel et bien été fondé en 1949, sous la direction de l’abbé Hectorien Chapdelaine.
    Donc, l’abbé Chapdelaine en a assumé la direction de 1949 à 1957.

    Comme mentionné dans le commentaire, les Frères Maristes ont pris la relève :

    1. Frère Philippe-Henri Doré (1957-60)
    2. Frère Louis-Ernest Poisson (1960-63)
    3. Frère Fernand Rheault.(1963-70)

    J’ai moi-même bénéficié de leur enseignement pour les années 1966-1968: Belles-Lettres (coin du Parc et Dufferin) et Collège I (École secondaire Sacré-Coeur, rue Landsdowne).

    Voici des faits colligés lors de mes recherches dans la Voix de l’Est:

    Je crois que M. Bouchard et les amis de l’Histoire régionale apprécieront de ne pas avoir à se taper ce travail.

    Je vous le livre en vrac:

    COLLÈGE MGR PRINCE/ 7 NOVEMBRE 1953/ CINQ PREMIERS DE CLASSE PAR NIVEAUX.

    PARENTS ET PROFESSEURS DU COLLÈGE MGR PRINCE SE RENCONTRENT À LA REMISE DES NOTES DES EXAMENS INTRA-SEMESTRIELS

    Les parents des étudiants du collège Mgr Prince externat classique de Granby, ont rencontré les professeurs de cette maison d’éducation.
    On a discuté ensemble des problèmes relatifs à l’éducation de la jeunesse et on a aussi procédé à cette occasion à la remise des notes pour la première série d’examens intra-semestriels.
    Voici la liste des cinq premiers de chaque classe. En Versification : Jean-Marie Chicoine, Dorian Labranche, Paul Fontaine, Normand St-Amant et Gilles Boulerice; en Méthode : René l’Écuyer, André robitaille, Gaétan Paré, Armand Daigneault et Luc Senécal; en Syntaxe : Gaston Tétreault, Jean-Paul Boucher, Jean-Pierre Aubin,Robert Gibeault et Léonard Matton; en Éléments latins : Serge Vincelette, Paul-André Comeau, Gérald Dame et François Lapierre ( ex-aequo), et Gilles Thibodeau.
    Depuis deux ans, l’Université de Montréal distribue, les examens à des périodes qui rendront justice aux étudiants. Le travail quotidien a plus de poids, la tension nerveuse est atténuée le jugement sur l’enfant plus certain. Un total de 250 points est accumulé au cours du semestre pour constituer 500 points avec les examens proprement dits. Le total de l’’année est de 1,000 points. Le pourcentage de 60 est exigé pour être promu…
    La Voix de l’Est ,le 7 novembre 1953.

    LE 9 NOVEMBRE 1953 :

    L’EXTERNAT CLASSIQUE DE NOTRE CITÉ COMPTE 94 ÉTUDIANTS CETTE ANNÉE — LE PERSONNEL ENSEIGNANT
    Notre externat classique commence sa sixième année…
    Le personnel se compose de M. l’abbé Hectorien Chapdelaine, directeur et professeur de versification; de MM. Les abbés Auguste Lincourt, directeur spirituel et chargé des cours d’anglais; Raymond Pelletier, professeur de latin en éléments latins et syntaxe; René Beaugrand, professeur de latin en méthode et versification; Jean Lalonde, titulaire de la classe de méthode; Aurèle Beauregard, chargé du français et éléments latins et en syntaxe.
    M. J.Armand Bouchard, o.d., donne les cours d’histoire du Moyen Age en versification; MM. Jean-Paul Zigby, Paul-Émile Martel et E. Chenette enseignent les mathématiques; M. jean Mainferme est chargé des cours de géographie; M. Jacque Lefebvre, o.d., est professeur de sciences naturelles.
    Les professeurs ont profité des vacances pour suivre des cours universitaires et prendre part aux réunions des professeurs des collèges classiques. Plusieurs cours seront renouvelés et rien ne sera épargné our assurer un enseignement de première valeur et une éducation profonde.
    Le Collège Mgr-Prince comptait 20 étudiants en versification, 20 en méthode, 26 en syntaxe, 28 en éléments latins.
    La retraite aura lieu lundi, mardi et mercredi prochains et, sera prêchée par M. l’abbé Alfred Tremblay, vicaire à la paroisse Notre-Dame.
    Les autorités du Collège Mgr-Prince remercient tous ceux qui favorisent son beau développement.
    Nous souhaitons bonne année au personnel et aux élèves.

    La Voix de l’Est , le 11 septembre 1954.

    BÉNÉDICTION DU COLLÈGE MGR PRINCE, SAMEDI LE 26 MAI
    LA CÉRÉMONIE COMMENCERA À 7 HEURES 30 ET SERA PRÉSIDÉE PAR MGR A. DOUVILLE.

    C’est au mois de mars l’an dernier que la Commission scolaire catholique de Granby consentait à prendre en charge la section classique qui existait déjà dans notre ville depuis sept ans, mais à titre privé. Cette décision avait alors soulevé quelques controverses mais rencontrait l’assentiment de la population en général parce qu’elle permettait à des enfants moins fortunés d’entreprendre un cours classique au même titre que les autres élèves du cours secondaire.
    La Voix de l’Est, le 17 mai 1957.

    BÉNÉDICTION ET INAUGURATION OFFICIELLE DU COLLÈGE MGR PRINCE
    HISTORIQUE.
    1949 (20 JANVIER) DÉCRET D’ÉRECTION CANONIQUE
    1949 (2MARS) NOMINATION DE M. L’ABBÉ HECTORIEN CHAPDELAINE, DIRECTEUR FONDATEUR
    1949 (10 MAI) 35 ÉTUDIANTS SE PRÉSENTENT AU PREMIER EXAMEN D’ADMISSION
    1949 (10 JUIN) NOMINATION DE L’ABBÉ AUGUSTE LINCOURT PROF. D’ANGLAIS ET DE LATIN
    1950 : 50 ÉTUDIANTS
    1951 : 78 ÉTUDIANTS : 23 MÉTHODE, 27 SYNTAXE 28 ÉLÉMENTS LATINS
    PRÉSENTATION DES PREMIERS ÉTUDIANTS À L’IMMATRICULATION (19)
    1957 : 100 ÉTUDIANTS, PREMIERS FINISSANTS AU SÉMINAIRE DE SAINT-HYACINTHE.
    ÉCOLE NOTRE-DAME. ÉCOLE CHRIST-ROI,ET RUE DUFFERIN.
    FONDÉ PAR LE SÉMINAIRE DE SAINT-HYACINTHE ET REMIS A LA COMMISSION SCOLAIRE DE GRANBY (1957)
    ***LES TRAVAUX DE PEINTURE ONT ÉTÉ EXÉCUTÉS PAR ÉMILE PHANEUF ENTREPRENEUR PEINTRE 125 RUE CENTRE, GRANBY, TÉL. : FR. 2-4188 (?).
    ÉTUDIANTS DU COURS 1952-1956 :
    MM. Aubin, Jean-Pierre; Beauregard, Gérard; Brodeur, Yvan; Boucher, Jean-Paul; Delorme, Patrice; Dionne, Raymond; Gallant, Guy; Germain, Luc; Gibeault, Robert; Lamothe, Jacques; Légaré, Roger; Massé, André; Loignon, Germain; Matton, Léonard; McCraw, Cameron; Ostiguy, Jacques; Pontbriand, André; Punde, Pierre; Racine, Jean; Lapointe, André; Roux, Guy; Rodicoux, Fernand; St-Pierre, Paul; Tétreault, Yves; Trudeau, Pierre.

    La Voix de l’Est, le 25 mai 1957.

    COLLÈGE MGR PRINCE/1957
    CLASSE DE VERSIFICATION
    - CATÉCHISME. – Prix spécial, $5.00, offert par Mgr René Gagner, C.S., V.F., curé de Notre-Dame, attribué à Paul-André Comeau; 2ème prix, volumes, décernés à Serge Vincelette; accessits; François Lapierre, Roger Guay, Roland Poulin.
    - ÉTUDE DE LA LANGUE FRANÇAIS. – Prix spécial, $2.50, par M. Wilfrid Bougie, dentiste, de Montréal, à Serge Vincelette; 2ème prix, volumes donnés à Paul-André Comeau; accessits : Roger Guay, Gérald Dame, François Lapierre.
    - COMPOSITION ET EXPLICATION FRANÇAISE. – Prix spécial $2.50, offert par le Club Richelieu de Granby, donné à Paul-André Comeau, 2ème prix, volumes donnés à François Lapierre : accessits : Serge Vincelette, Onil Roy, Rémi Deslandes.
    - LANGUE LATINE. – Prix spécial, $2.50 offert par le Club des Francs de Granby, décerné à Paul-André Comeau; 2ème prix, volumes décernés `aSerge Vincelette; accessits : François Lapierre, Gérald Dame, Jean-Paul Breton.
    - LANGUE GRECQUE – Prix spécial $2.50, offert par M. l’abbé François-Paul Ostiguy, vicaire à St-Antoine sur Richelieu, décerné à Paul-André Comeau; 2ème prix, volumes attribués à Serge Vincelette; accessits : François Lapierre, Gilles Thibodeau, Jean-Paul Breton.
    - LANGUE ANGLAISE. – Prix spécial $2.50, offert par M. l’abbé Auguste Lincourt, professeur au Séminaire de Saint-Hyacinthe, donné à Cameron McCraw; 2ème prix, volumes accordés à Paul-André Comeau; accessits : Serge Vincelette, Gérald Dame, Jacques Brodeur.
    - HISTOIRE. – Prix spécial, $2.50, offert par M. l’abbé Joseph Poitevin, curé de St-Joseph, décerné à Serge Vincelette, 2ème prix, volumes, donnés à Paul-André Comeau; accessits : Gaston Péloquin, Roger Guay, Gérald Dame.

    - SCIENCES. – Prix spécial $2.50 offert par Robert-A. Guay, entrepreneur général, donné à Paul-André Comeau; 2ème prix, volume, offert par le Rév. Frère Théofred, directeur directeur de l’École Secondaire Sacré-Coeur, accordé à François Lapierre; accessits : Gaétan Marquis, Horace Lasnier, Jacques Brodeur.
    - …
    - PRIX SPÉCIAUX/EXCELLENCE : volumes offerts par le Séminaire de St-Hyacinthe, attribués à Paul-André Comeau, versification; Lucien Paquette, méthode; Yvan Comeau, syntaxe; Serge Lavoie, éléments latins. (note : frère de Marc Lavoie, coin Saint-Hubert et Bourget; les Lavoie me recevaient le mercredi pour dîner; M. Lavoie adorait Johanne, ma petite soeur de 3 ans peut-être).
    - PRIX DE BON MAINTIEN RELIGIEUX, SOCIAL ET SPORTIF : deux prix de $2.50 offerts par M. l’abbé Louis-Philippe Breton, curé de l’Immaculée-Conception, attribués à Roland Poulin, de versification, à Serge Brodeur, de méthode.
    - PRIX DU BIBLIOTHÉCAIRE : volume offert par la Société des Pères Blancs d’Afrique et les Dames de la Congrégation, mérités par Cameron McCraw, de versification.
    - POUR COLLABORATION À NOTRE JOURNAL ÉTUDIANT « LE PETIT PRINCE » : deux prix de $2.50 offerts par M. Germain Gagné, ingénieur, à Paul-André Comeau et J.-François Lapierre, de versification.

    La Voix de l’Est, le 14 juin 1957 p. 22.

    J’espère que l’équipe de la SHHY ne m’en voudra pas trop d’avoir été si long.

    Bonne lecture aux passionnés de l’Histoire régionale.

    Luc Bernier

  11. luc bernier dit :

    M. Daniel Beauregard,

    Vous pourriez m’être d’un grand secours si vous me donniez les noms de vos amis du Collège Mgr Prince et préciser de quelles années il s’agit.

    N’hésitez pas à communiquer avec moi à mon adresse Internet .

    Merci de votre contribution.

    Luc Bernier

  12. luc bernier dit :

    De façon à compléter l’article sur les Frères Maristes à Granby, je voudrais citer l’article suivant:

    En 1881, les scolasticats sont organisés dans les Provinces
    pour la préparation du brevet devenu obligatoire. Le 1er mars 1882,
    le frère Nestor présente, dans une Circulaire, le plan d’études et les
    programmes pour les écoles des Frères Maristes. Le 24 novembre
    1882, s’ouvre à Saint-Genis-Laval une école supérieure en vue de la
    préparation des frères de toutes les Provinces, au Brevet supérieur.
    Ce fut un stimulant pour les études.
    Frère Nestor
    223
    http://www.champagnat.org/e_maristas/livros_recebidos/FMSMeravilloscompaneros_FR.pdf

    On y confirme la préoccupation de cette communauté pour une formation professionnelle des Frères répondant aux exigences de l’État français. Un grand nombre de ces religieux français constituaient le corps enseignant du Collège Saint-Joseph.

    Luc Bernier

  13. Mario Gendron dit :

    M. Émile Roberge,

    Voici enfin la réponse de Marjolaine Dorion à votre commentaire à propos de l’emploi de la majuscule dans le nom des ordres religieux.

    «À propos de l’emploi de la majuscule dans le nom des ordres religieux et celui de leurs membres, un constat s’impose: l’unanimité n’existe pas, l’usage est plus ou moins capricieux. Selon Grevisse, sur ce chapitre, même l’Académie n’est pas conséquente avec elle-même. La difficulté de trancher vient-elle de ce qu’on touche au sacré?
    Quoiqu’il en soit, plusieurs grammaires et dictionnaires proposent ceci: le nom officiel d’une institution ou d’un ordre religieux prendra une ou des majuscules
    - la Société des Pères de Marie
    - les Pères maristes
    - les Frères maristes
    - les Soeurs maristes
    mais le nom des membres prendra la minuscule: père, frère, soeur mariste.
    (En aucun cas, un «mariste» ne prendra une majuscule)
    Voilà pourquoi nous avons écrit «frères maristes», parlant de membres d’un ordre religieux, et «Soeurs des Très-Saints-Noms», parlant d’une institution, et pourquoi nous n’aurions pas dû écrire «les Maristes»: vous avez raison, la cohérence s’impose, nous avons péché par distraction.»

    En vous remerciant, M. Roberge, pour votre remarque qui nous a permis d’éclaircir cette question.

    À la prochaine,

    Mario Gendron

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