L’Ordre des chevaliers de Carillon

par Mario Gendron dans Association | 11 commentaires

Né avec la Crise et disparu avec la Deuxième Guerre mondiale, l’Ordre des chevaliers de Carillon a pratiquement été ignoré par les historiens, et ce, malgré qu’il ait connu un succès certain auprès de l’élite canadienne-française de quelques villes des Cantons-de-l’Est, entre autres Granby, Sherbrooke, Magog et Farnham. Parmi ces dernières, Granby s’est imposée comme le point d’ancrage et le centre organisationnel de ce mouvement nationaliste aux forts accents religieux. Le rôle essentiel de Granby dans l’implantation de l’Ordre à l’extérieur de Montréal revient sans conteste au dynamisme de sa petite bourgeoisie canadienne-française, aguerrie par la lutte incessante qu’elle mène contre l’influence dominante qu’exerce la minorité anglophone dans la ville.

Chevaliers de Carillon de Granby

Les patrons religieux et laïcs des chevaliers de Carillon sont saint Jean-Baptiste, les Martyrs canadiens et Montcalm, « le vainqueur de la bataille de Carillon »; leur drapeau est le Carillon Sacré-Cœur, emblème de la nation canadienne-française, leur devise, « Nos autels et nos foyers ». (Les Chevaliers de Carillon de Granby. Album souvenir de la paroisse Notre-Dame de Granby, Granby, 1936)

L’Ordre des chevaliers de Carillon est fondé en 1930 à Montréal par Mgr Lepailleur, dans le contexte du renouveau du nationalisme canadien-français conservateur et catholique qui accompagne la crise économique de 1929. L’Archevêque de Montréal, Paul Bruchési, en confie aussitôt le développement et la direction spirituelle aux Pères Oblats (OMI). L’objectif de l’association est de mobiliser la petite bourgeoisie catholique militante des villes les plus importantes des Cantons-de-l’Est autour de la défense des intérêts nationaux et religieux des Canadiens français, en conformité avec les principes de l’Action catholique émis dans l’encyclique Quadragesimo anno, parue en 1930. De façon pratique, l’Ordre est à l’écoute des directives du pape et des évêques et veut redonner aux Canadiens français et à leur langue la place qui leur revient dans le Canada. Les élites canadiennes-françaises étant demeurées longtemps sans agir, constate-t-on, « la plus large part de notre patrimoine national est passé aux mains des capitalistes étrangers » et la langue française a presque été totalement bannie du commerce, de l’industrie et de la finance.

Le conseil No 2 de l’Ordre est fondé à Granby le 8 mars 1931 et rattaché à la paroisse Notre-Dame. L’association recrute exclusivement parmi les hommes en vue de la communauté granbyenne, c’est-à-dire parmi ceux qui savent que « le monde vit et agit par le petit nombre ». Issu d’une élite profondément chrétienne et « intégralement canadienne-française », le chevalier est un homme de grande vertu qui s’interdit les jeux à l’argent, les bals, les soirées dansantes et la consommation d’alcool en public, qui constituent autant d’entraves à son action catholique et nationale. Pour devenir membre de l’Ordre à part entière, le chevalier doit aussi subir une initiation dont la nature est gardée secrète, comme c’est souvent le cas dans ce type d’association.

Jusqu’en 1935, l’Ordre des chevaliers de Carillon ne regroupe que les conseils de Montréal et de Granby, mais plusieurs autres s’ajoutent avant la fin de l’année suivante, à Farnham, Sherbrooke, Saint-Jean, Magog et Drummondville. C’est au conseil de Granby, aidé par l’aumônier général, le père Castonguay (OMI), que revient l’initiative de chacune de ces fondations. En janvier 1936, la mise sur pied du conseil No 4, dans la paroisse Sainte-Famille, montre toute l’importance que l’Ordre a acquis au sein de l’élite canadienne-française de Granby. « Ce mouvement de renouveau catholique semble prendre des proportions dignes de son but », peut-on lire dans la Voix de l’Est.

Aucune indication ne permet d’estimer le nombre total des membres des deux conseils de Granby. Leurs leaders, cependant, sont des figures bien connues du grand public. Les postes de direction qu’ils se partagent au sein de l’Ordre sont ceux de grand chevalier et d’assistant grand chevalier, de conseiller légal, de censeur, de garde intérieur et de garde extérieur. Chaque conseil comprend aussi un médecin et un aumônier responsables. Parmi ces dirigeants, on remarque la présence du notaire Lindor Tétreault, grand chevalier du conseil No 2, des épiciers Wilfrid Juaire et Ernest Morin, du commerçant de meubles Césaire Léroux, du bijoutier Louis-Philippe Petit, du comptable Aimé Dorion, des industriels Laurio Racine et Joseph-Hermas Leclerc, également député fédéral, du gérant de banque Armand Thibodeau et des médecins Émile Quenneville et Jean-Marie Dubé.

© Le char allégorique des Chevaliers de Carillon commémorant l’arrivée de Jacques Cartier, tel que présenté lors du défilé de la Saint-Jean-Baptiste de 1934. (Fonds Pauline Lasnier, SHHY)

Le champ d’action des chevaliers de Carillon des paroisses Notre-Dame et Sainte-Famille s’étend aux domaines religieux, civique, national et scolaire; il est aussi vaste que le programme de l’Action catholique. Dans le domaine religieux, l’Ordre organise des retraites fermées, mène la guerre aux affiches immorales et à l’athéisme communiste, accorde son aide aux organisations religieuses les plus diverses et fait des dons en argent aux églises Notre-Dame et Sainte-Famille. L’Ordre donne aussi des conférences sur le salaire familial, le civisme, le séparatisme et les syndicats nationaux et participe activement aux fêtes nationales de Dollard et de la Saint-Jean-Baptiste.

Les chevaliers de Carillon se font aussi un devoir de combattre les lois et les règlements qui attaquent la langue et les droits des Canadiens français. Parmi d’autres mesures, ils réclament le bilinguisme dans les ministères des postes et des finances et la présence du français dans tous les services publics qui relèvent du gouvernement fédéral. Les Carillons de Granby sont particulièrement sensibles à la langue d’affichage, ce qui se comprend aisément dans une ville où sur 106 enseignes commerciales recensées en 1937, 76 sont uniquement en anglais, 20 sont bilingues et 13 seulement sont en français. Dans la seconde moitié des années 1930, ils se font aussi les ardents promoteurs de la campagne d’ « achat chez nous », qui se veut une réponse à la dépossession commerciale des Canadiens français subie « aux mains des étrangers ».

Le drapeau Carillon Sacré-Cœur fut adopté par la Société Saint-Jean-Baptiste en 1903 comme drapeau officiel des Canadiens français, avant d’être remplacé par le drapeau actuel, en 1948.

L’Ordre accorde une attention particulière à l’éducation. Ainsi, on organise des concours de littérature et d’histoire du Canada dans les différentes écoles de Granby et on offre des livres d’histoire comme prix. En octobre 1936, afin d’attiser la ferveur nationaliste des élèves, les chevaliers de Sainte-Famille donnent une douzaine de grands drapeaux Carillons Sacré-Cœur à l’école Christ-Roi, qui les accepte et les installe dans chacune des classes. Tous les matins, les élèves devront se mettre au garde-à-vous et saluer le drapeau.

Pour signifier l’importance de Granby dans son développement, l’Ordre y organise, en octobre 1936, son premier congrès général à l’extérieur de Montréal. Ce « véritable déploiement des forces vitales racistes des Canadiens français » attire plus de 150 délégués et donne lieu à une grande initiation des nouveaux membres. Plusieurs résolutions sont adoptées lors de cette rencontre, mais la principale préoccupation concerne la guerre civile qui déchire l’Espagne depuis juillet 1936. Dans ce conflit, l’Ordre prend fait et cause pour les nationalistes de Franco contre les républicains, démocratiquement élus, mais à qui on reproche d’être inféodés aux mouvements anarchiste et communiste et de supporter la Russie soviétique.

À partir de 1937, c’est la possibilité que le Canada s’engage dans un conflit européen, de plus en plus imminent, qui mobilise les chevaliers de Carillon et plusieurs autres associations de Granby. Mais la Deuxième Guerre mondiale, qui s’enclenche en septembre 1939, trahit non seulement les aspirations non interventionnistes de l’Ordre, mais elle en signe l’arrêt de mort en mettant au ban de la société toutes les associations au nationalisme exacerbé, maintenant soupçonnées de partager l’idéologie que les Alliés se sont engagés à combattre.

Si son existence fut relativement brève, l’Ordre des chevaliers de Carillon a néanmoins permis à la fraction conservatrice catholique de l’élite granbyenne d’exercer son leadership sur la scène locale, régionale et nationale à une époque où les Canadiens français luttaient afin d’occuper une place équivalente à leur écrasante majorité démographique.

Mario Gendron

©Société d’histoire de la Haute-Yamaska

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  1. Luc R. BoucharD.C. FICC

    Bravo Mario, pour nous faire connaitre l’Ordre des chevaliers de Carillon.
    J’ai déjà entendu parler de l’Ordre de Jacques Cartier par feu M. Maurice
    Durocher ( représentant en assurance avec les Artisans – Les Coopérants et autres ).
    Est ce que l.OdcC et l’Ordre de JC – étaient deux sociétés qui ont existé en même temps?
    Tant qu’à moi, j’ai été membre de l’Ordre de Louis Archambeault, au 3e degré !!! Vous connaisez ???
    À suivre, c’est réellement interressant de vous lire. – Merci
    P.S. Avez vous l’histoire des cordonneries à Granby ?
    Cet après midi, je suis arrêté chez Le Ptit Cordonnier – Cordonnerie
    Langlois,
    Une nouvelle employée chez Le Ptit Cordonnier.
    Ils sont rendus à 5 générations de cordonnie(è)s.
    Tout un exploit !!!
    L’histoire de Monsieur Ephrem Racine, boulanger.
    L’histoire de l’industrie laitière dans Granby et région.
    L’histoire de Monsieur Roméo Robert – propriétaire de théatres.
    L’histoire de Avery et Robert ( Georges Avery et Roméo Robert
    promoteurs.
    L’histoire des familles Leroux ( Amédée – j’oublie le nom de son père.
    L’histoire de Monsieur Amédée Zigby, ( le magasin populaire – vète
    L’histoire de Monsieur David Bouchard – beurrier – fromager.
    L’histoire de Monsieur Amédée Zigby ( propriétaire du Magasin
    Populaire – vètments pour la famille ).
    L’histoire de Louis Ailvisatos ( restaurant Louis ).
    L’histoire de la famille Trudeau ( restaurateurs ).
    L’histoire de Monsier Parfait Beauregard ( restaurateur – il en a
    ouvert, un douzaine à Granby.
    etc…etc…etc… Monsieur Charles Belval ( restaurateur ).

  2. Luc Bernier

    M. Gendron,

    Je vous avoue franchement que c’est la première fois que j’entends parler de ce mouvement secret. Il faudrait sans doute faire un regroupement avec l’Ordre de Jacques-Cartier (la Patente), lequel partageait sensiblement les mêmes objectifs.

    Je ne serais pas surpris que mon grand-père, Elzéar Brodeur (Quincaillerie Nouvelle-France) en ait fait partie.

    J’ai déjà identifié le drapeau du Québec, dont l’auteur, l’abbé Filiatrault, curé de St-Jude ( près de Saint-Hyacinthe) est le créateur. En fait, c’est ce curé qui a baptisé le Frère Jean-de-la-Lande f.m.s. (Gérard Pelletier) fondateur des écoles Saint-Benoît (1953) et Notre-Dame de Fatima (1954) à Granby. Le Frère Jean-de-la-Lande militait probablement dans l’Ordre de Jacques-Cartier, avec l’abbé Langlais et d’autres personnalités de Granby.

    Félicitations pour un autre excellent article.

    J’y ajouterai encore mon grain de sel, si je trouve d’autres éléments intéressants de mon côté.

    Luc Bernier

  3. Luc Bernier

    M. Bouchard,

    Nous nous sommes rencontrés plusieurs années, pendant les Fêtes, chez votre grand-père, David Bouchard, puisque j’étais alors marié à Denise Bouchard, votre cousine.

    Dans votre commentaire, vous mentionnez un grand nombre de commerçants et autres personnalités de Granby.

    Je suis fort surpris que vous ne mentionniez pas votre grand-père. Il a été une personnalité marquante du Canton de Granby, et en a d’ailleurs été maire plus de 20 ans je crois.

    Et que de choses vous pourriez raconter sur la fondation et l’évolution de la crèmerie qu’il a fondée.

    Vos études classiques, votre intérêt pour l’histoire et le fait que vous ayez fréquenté votre aïeul un grand nombre d’années, ferait de vous la personne toute désignée pour rédiger une courte biographie.

    Je vous tends la perche, si le coeur vous en dit.

    J’ai toujours été impressionné par la personnalité de cet homme, qui, à 93 ans, lisait encore l’actualité tous les jours et avait une grande expérience de l’homme en général, et de l’homme politique en particulier.

    Au plaisir de refaire contact avec vous.

    Luc Bernier

  4. Jean-Pierre Forget

    Monsieur Gendron, félicitations pour votre article,

    Vu les réponses de Luc R. Bouchard D.C. FICC, (moi simple autodidacte que les titres impressionnent) ceci écrit sans malice, et Luc Berner/Luc Bernier et les questions qu’ils posent, je vais tenter d’apporter mon grain de sel.

    D,abord une annecdote qui remonte à quelques mois prouvera que l’Ordre des Chevaliers de Carillon et l’Ordre de Jacques-Cartier ne sont pas comparables, sans vouloir déprécier l’une ou l’autre.

    Le 24 juin dernier, à l’occasion de la Fête Nationale il y a eu messe de la Saint-Jean à l’église Saint-Bernardin-de-Waterloo, quelle ne fut pas mon étonnement lorsque le célébrant a recommandé aux prières de l’assistance, (au memento des morts):<> rien de moins!
    Je dois faire remarquer que le célébrant n’était pas le curé de la paroisse mais un prêtre assez agé et retraité.

    Je n’ai appris que derniêrement que ce prêtre ou sa famille serait d’origine franco-manitobaine. Ce qui prouve que l’âme de l’Ordre de Jacques-Cartier n’est pas encore tout-à-fait éteinte.

    Pour ceux que l’aura de mystère qui entoure toujours OJC les moteurs de recherche suivants sont intéressants: www://agora.com. , http://www.politiquebec.com/l‘histoire secrete du Quebec, et bien sur Wikipedia, sont de bonnes sources de connaissances.

    L’an dernier, j’ai aussi déposé auprès de M. Richard Racine, (pour être ajouter à mon fonds personnel que je tarde à compléter pcq je me suis engagé depuis 18 mois dans la périlleuse tentative de faire classer par le Ministère du Patrimoine trois autels Quevillon envers et contre presque tous ).un petit livre qui serait une reédition des années 1960 d’une thèse d’un père Jésuite, ayant obtenu tous les  »imprimatur » du temps, et qui serait devenu un documents de base de l’OJC québécoise.

    Ce jésuite serait décédé dans l’accident, survenu sur l’ancienne route #9 qui avait , du même coup, causé la mort du journaliste Louis Francoeur et d’un troisieme passager. Ce terible accident avait fait grand bruit à l’époque.

    Je tiens a noter que la différence de
    pensée entre les sections québécoises et celles d’Ontario a conduit à une rupture et à la dissolution  »officielle » de l’OJC en 1967, elle était née en 1927, trois ans avant l’Ordre des Chevaliers de Carillon,

    Dans les personnes encore vivantes qu’on dit associées de près ou de loin à l’OJC on retrouve Bernard Landry, Pierre Marois, Jacques-Yvan Morin, Jacques Parizeau,

    Pour Luc Bernier en particulier, je doute que plusieurs frères Maristes aient milité au sein de la Patente, pour les avoir assez fréquenté pour mes études au collège Laval,

    Pour le drapeau de l’abbé Filiatrault, alors qu’il était curé à Saint-Jude, je recommanderais la lecture d’un article de Gilles Bachand de la Société d’histoire et de généalogie des Quatre-Lieux. Cet article à été publié dans La Voix de l’Est du 27 octobre 2010. (Peut-être disponible sur http://www.quatrelieux.qc.ca) C’est ce que j’ai trouvé de plus complet à date sur le sujet.

    Excusez moi d’avoir été si long, la tentation a été plus forte que la retenue.

  5. Jean-Pierre Forget

    Après  »memento » des défunts, il faut lire:  »: les membres défunts de l’ordre de Jacques-Cartier »

    Jean-Pierre Forget.

  6. Luc Bernier

    M. Forget,

    Je partage avec vous un intérêt certain pour l’Ordre de Jacques-Cartier. Les sources que j’ai moi-même consultées recoupent les vôtres.

    Pour ce qui est des Frères Maristes ayant été membres de l’OJC, il me semble que du seul fait qu’il s’agisse d’une société secrète, ils n’affichaient pas leur carte de membre. En ce sens, j’assume que même si vous fréquentiez le Collège Laval, il vous était presque impossible de savoir lesquels des Frères étaient susceptibles d’appartenir à cet ordre.

    M. Martin Blais (ex-Frère Mariste et ex-directeur du Frère Jean-Paul Desbiens, alias Frère Untel) a confirmé cependant que l’un de ses confrères maristes en faisait partie. Je me compte privilégié de pouvoir correspondre avec M. Blais régulièrement. Grand spécialiste de saint Thomas d’Aquin, il m’a grandement éclaire sur « L’Autre Thomas ».

    Le nom et les travaux du Jésuite auquel vous faites référence m’intéressent. Pourriez-vous me les fournir ?

    Luc Bernier

    P.S. Je suis toujours en recherche pour la biographie du Frère Jean-de-la-Lande, f.m.s. (Gérard Pelletier).

  7. Mario Gendron

    MM. Forget, Bouchard et Bernier,

    Merci de vos commentaires, messieurs, ils sont toujours appréciés.
    En ce qui concerne la comparaison entre l’Ordre des chevaliers de Carillon (OCC) et l’Ordre de Jacques-Cartier (OJC), quelques clarifications s’imposent.
    D’une part, il n’est pas certain que l’OCC ait vraiment été une organisation secrète. De fait, elle ne semble pas avoir été secrète du tout, puisqu’on trouve les noms de ses dirigeants exposés au grand jour. Comme je l’ai écrit, ce sont uniquement les rites initiatiques de l’association qui semblent enveloppés de mystère.
    D’autre part, l’OCC et l’OJC ne sont pas des associations de même envergure. La première recrute à l’échelle régionale, alors que «La Patente», comme on la nomme, ratisse chez la bourgeoisie francophone de tout le Québec. Or si elles se différencient par leur façon de faire et par l’importance de leur membership, ces deux associations se rejoignent sur un point: elles font toutes deux partie d’une large mouvance nationale et catholique amorcée au cours des années 1920 (l’ACJC de Lionel Groulx, par exemple), mais qui prend son envol véritable pendant la Crise. Enfin, soulignons que l’Ordre des chevaliers de Carillon, dont les considérations politiques sont affirmées au grand jour (guerre d’Espagne), ne passera pas l’épreuve de l’entrée en guerre du Canada, en 1939, alors que l’Ordre de Jacques-Cartier, sans doute parce que ses intentions et son idéologie sont restées secrètes, prolongera son action beaucoup plus tard dans le XXe siècle.

    PS: M. Bouchard, il faudra bien que vous nous expliquiez un jour ce qu’est l’Ordre de Louis Archambeault.

    Mario Gendron

  8. Jean-Pierre Forget

    M. Bernier,

    Un moteur très important que j’ai omis de mentionner est celui de l’Université d’Ottawa oû plusieurs chercheurs se sont penchés sur l’OJC, qui fut quand même fondé à Vanier en banlieue d’Ottawa..

    Pour le petit livre du Jésuite, je croyais en posséder une deuxième copie que je ne retrouve plus, j’irai d’ici peu rencontrer M. Racine et vous ferai parvenir l’information nécessaire vous permettant de le retracer en bibliothèque

    Comme je vous sais un peu chatouilleux lorsqu’on discute des Frères Maristes, jusqu’à me comparer à l’Homme de peu de Foi, je communiquerai avec vous sur votre autre adresse électronique sous peu.

    Soyez patient, j’ai un automne surchargé, cela peut aller jusqu’en début novembre.

    Jean-Pierre Forget.

  9. Luc Bernier

    M. Gendron,

    Je vous remercie de votre mise au point. Je partage votre curiosité quant à l’Ordre de Louis Archambault de M. Bouchard.

    M. Forget, je connaissais déjà la référence concernant l’OJC, à l’Université d’Ottawa et j’allais justement vérifier avec vous si vous la connaissiez. Quelle source extraordinaire d’informations !… Je n’ai pas encore réussi à avoir les noms des gens de Granby ayant pu en faire partie, lorsque j’ai consulté cette même source.
    Raymond Laliberté a également consacré un livre à cet ordre.

    Merci à vous deux d’échanger ainsi. J’espère que ce n’est que le prélude à des échanges encore plus fructueux dans l’avenir.

    Luc Bernier.

    P.S. M. Gendron, j’apprécierais que vous corrigiez l’ortographe de mon nom partout oû il est écrit « Berner » à la place de « Bernier ».

  10. luc bernier

    À la veille de la Fête nationale des Québécois et suite à un article de Gilles Laporte dans le Devoir du 22 juin 2013, il m’apparaît de bon aloi de rappeler que l’Ordre de Jacques Cartier a su garder son caractère secret en encourageant ses membres à militer dans différentes autres sociétés. Voici une citation qui en fait foi:

    Au début du XXe siècle, les francophones de l’Ontario et de l’Outaouais québécois sont victimes de discrimination et d’intimidation. C’est dans ce contexte que des membres de l’élite professionnelle et religieuse créent en 1926 une association patriotique secrète vouée à la défense du français. L’Ordre Jacques-Cartier connait bientôt un succès remarquable, regroupant jusqu’à 40 000 membres, réunis dans divers comités régionaux. La stratégie de l’OJC consistait à rejoindre les leaders francophones, influents dans leur milieu, mais trop isolés pour pouvoir dénoncer la discrimination dont étaient victimes leurs compatriotes. L’OJC coordonnait l’action de ses membres afin qu’ils agissent de façon concertée, mais sans les exposer à perdre leur emploi ou à subir des représailles. Afin d’assurer le secret absolu sur leurs actions, les OJCistes se réunissaient sous différentes appellations pour ne pas éveiller de soupçon, la plus célèbre étant « la Patente », une formule évasive s’il en est.

    Gilles Laporte http://www.vigile.net/Faut-il-recreer-la-Patente-une

    Le Frère Jean-de-la-Lande f.m.s. (Gérard Pelletier) a certainement utiilisé l’Amicale mariste Cabana pour réunir des personnalités de Granby et promouvoir la cause des francophones. La SHHY a un document mentionnant ces personnalités dans le document intitulé:

    « PROGRAMME SOUVENIR à l’occasion du TRIDUUM D’ACTION DE GRÂCES et de la CONVENTION DES ANCIENS ÉLÈVES, École Notre-Dame de Fatima, École St-Benoît, 29 avril et 1er mai 1956. »

    Des anciens du Premier Collège St-Joseph des Frères Maristes, à Granby, y apparaissent comme responsables du comité exécutif de cet événement:
    Abbé, Aimé Langlais ( aumônier de l’Amicale Cabana et de l’hôpital St-Josephh), Aimé Dorion, Arthur Germain, Elzéar Hamel, Solyme Cabana (président de la Commission scolaire de Granby et frère de Mgr Cabana, archevêque de Sherbrooke), Dr Jacques Jolin.

    La devise de l’Amicale Cabana « S’UNIR ET REVIVRE » révèle assez il me semble, les objectifs qu’on partageait avec l’Ordre de Jacques-Cartier et l’Ordre des Chevaliers de Carillon.

    Salutations, donc aux descendants de ces hommes qui se sont tenus debout et qui ont défendu les intérêts des Canadiens français, à Granby et dans la région. Ils peuvent être fiers de leurs aïeuls.

    Le Frère Jean-de-la-Lande avait adopté Granby et a oeuvré dans ce sens. J’accueiilerai avec plaisr les témoignages des anciens des écoles St-Benoît et Notre-Dame de Fatima qui l’ont connu étant donné que je suis toujours à rédiger sa biographie.

    Bonne Fête nationale des Québécois à tous les lecteurs du blogue de la SHHY.

    Luc Bernier

  11. Jacques Deslandes

    Je suis né à Magog et la croix aux  »4 Fourches » (la croisée de la rue Principlae ouest et de la route 112 et les chemin Roy et Southières) a toujours été dans ma vie. Je n’avais remarqué, jusqu’à aujourd’hui, qu’elle avait été érigée par les Chevaliers de Carillon en 1934. Elle devrait être rafraîchie car la peinture s’écaille. Il ne faudrait pas perdre cette partie de l’histoire de la ville et de l’ensemble des Cantons de l’Est (Estrie). Je vais voir qui s’occupera de la rafraîchir.

Bienvenue à la Société d’histoire de la Haute-Yamaska.

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